May 4th Day

Ces étoiles qui sont passées du côté obscur

Texte : Étienne Caillebotte
Photo : Instagram/starwarsnow

« La peur est le chemin du côté obscur. La peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance. » Une citation de Yoda qu’on aurait dû encadrer dans la baraque de nombreuses célébrités, tant leur descente aux enfers leur a été fatale. À l’occasion du May the 4th, retour sur le parcours des étoiles qui sont passées du côté obscur de la Force.

Jake Lloyd : padawan déchu

Jouer dans Star Wars, opportunité ou malédiction ? Vous avez 4 heures. De Carrie Fisher à Mark Hamill, en passant par Hayden Christensen – qui a fui Hollywood Boulevard pour élever du bétail au Canada – de nombreux acteurs ont enterré leur carrière en campant un rôle dans la saga de Georges Lucas. En 2014, Natalie Portman révélait qu’il était difficile pour elle de retrouver un rôle après avoir incarné Padmé. Oui, Star Wars peut détruire l’avenir d’une future actrice oscarisée. Ne sous-estimez jamais le pouvoir du côté obscur.

Mais le destin est bien plus tragique pour Jake Lloyd, le gamin qui incarne Anakin dans La Menace Fantôme (1999). Dans un entretien accordé au Daily Mail en 2012, Jake Lloyd revenait sur cette période sombre de sa vie : « Les autres enfants étaient vraiment méchants avec moi. Ils faisaient le bruit du sabre laser à chaque fois qu’ils me voyaient. C’était totalement dingue, ma vie à l’école était un enfer. Et je devais faire jusqu’à 60 interviews par jour. » 

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Depuis cette époque, Jake fuit les caméras comme la peste. Il a même reconnu être incapable de visionner l’opus dont il est la star. En juin 2015, il est arrêté par la police de Charleston au terme d’une course-poursuite qui aura duré 40 kilomètres. Après une année de détention pour refus d’obtempérer, conduite dangereuse et défaut de permis de conduire, il est placé en hôpital psychiatrique. L’interprète d’Anakin est diagnostiqué schizophrène. À se demander si Georges Lucas – dont Jake Lloyd ne garde pas un bon souvenir – n’est pas le véritable Sith dans l’histoire.

Macaulay Culkin : idole des gosses devenu junkie

Depuis qu’il s’est éloigné d’Hollywood, la petite tête blonde de Maman, j’ai raté l’avion n’a qu’un seul objectif : qu’on lui foute (enfin) la paix. Peu importe qu’il évite les interviews pendant dix ans, son destin fascine. Déjà, parce que n’importe quel gamin de notre génération a vu la VHS de son film. Parce qu’à son apogée, sa fortune est estimée à 50 millions de dollars, ce qui en fait l’un des acteurs les mieux payés d’Hollywood. Enfin, parce qu’il s’est efforcé de tirer un trait sur son passé – très lucratif – de gamin lancé trop tôt dans la jungle d’Hollywood. Avec plus ou moins de réussite. Voguant entre Paris et New York depuis plusieurs années, Macaulay Culkin vit presque incognito dans les rues de la capitale française. « Au début, je pensais que personne ne savait qui j’étais » raconte-t-il lors d’une interview au New York Magazine. « Mais il s’est avéré que les gens me reconnaissaient, c’est juste qu’ils s’en foutaient. Je me suis dit : Vous étiez où, pendant toute ma vie ? ». Un rêve devenu enfin réalité pour le symbole de la génération nineties ?

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Pendant l’adolescence, Macaulay Culkin enchaîne les frasques. Tags sur les murs du domicile familial, bières enfilées avec ses potes, cheveux teints en bleu… Il est bien loin le temps où Kevin McCallister demandait son chemin à Donald Trump dans les couloirs du Plaza. En 1996, Macaulay Culkin entame une procédure d’émancipation pour se défaire (enfin) de l’influence néfaste de ses parents, embarqués dans une immense procédure judiciaire pour récupérer sa fortune. C’est le début de l’âge adulte, et de la descente aux enfers. En 2004, il est arrêté à Oklahoma City avec marijuana, xanax et clonazepam. Emprisonné quelques semaines, puis libéré sous caution, l’acteur est condamné à un an de prison avec sursis. Les rumeurs d’addiction augmentent encore quand, en 2013, The Sun révèle qu’il est en colocation avec Pete Doherty à Paris. Pourtant, l’acteur a toujours nié être un junkie : « Non, je ne m’enfilais pas 6 g d’héroïne tous les mois », a-t-il encore déclaré récemment au Guardian. Lors d’une interview accordée aux Inrocks en juin 2016, l’ex-enfant star va encore plus loin : « Sur Internet, tout le monde reprend la formule choc qui vous fait passer pour un fou furieux. De toute façon, j’ai décidé il y a longtemps que je n’aurais jamais à m’expliquer sur ma vie. Les gens peuvent penser et écrire ce qu’ils veulent à mon propos, même les pires trucs, je n’ai pas besoin de me justifier auprès d’étrangers. Rien à foutre. » Comme le dit si bien Yoda : « Personne par la guerre, ne devient grand. »

Kanye West : kickeur surmené

Mais quelle mouche a bien pu piquer Kanye West l’hiver dernier ? Comment le génial interprète de Jesus Walks a-t-il pu se retrouver à taper la discute avec Donald Trump devant les caméras ? À force, on pourrait penser que croiser le 45e Président des États-Unis d’Amérique dans un hôtel s’apparente à une terrible malédiction.

En réalité, le rappeur de Chicago était plutôt victime d’un gros coup de fatigue. En novembre dernier, il commence par annoncer sa candidature à l’élection présidentielle de 2020, juste après avoir déclaré à ses fans qu’il aurait voté Donald Trump. Quelques jours plus tard, il stoppe son concert à Sacramento au bout de deux chansons pour se lancer dans un discours sans queue ni tête, tout en taclant au passage ses potes Jay-Z et Beyonce.

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Surmené et à bout de nerf, Kanye West est contraint d’annuler le Saint Pablo Tour, avant d’être hospitalisé d’urgence à l’hôpital de UCLA pour une évaluation psychiatrique. Il y restera 10 jours, avant d’être renvoyé à son domicile, dans les bras de Kim K. 

Lauryn Hill : arnaques, crimes et psychotique

Quand Lauryn Hill est au sommet, elle n’a que 23 ans. On est en 1998 et la native du New Jersey vient de sortir son premier album solo : The Miseducation of Lauryn Hill. Un disque référence, bourré de titres qui ont marqué toute une génération. De Doo Woop (That Thing) à Lost Ones en passant par To Zion, une chanson en featuring avec Carlos Santana, où elle parle de son choix d’avoir son premier enfant. Deux ans après le succès commercial et critique de The Score des Fugees, on pense que la carrière de la chanteuse est toute tracée. Puis, silence radio. Si ce n’est un album live en 2002 : MTV Unplugged No. 2.0. Un concert où Ms. Hill déblatère à peu près autant qu’elle chante. Elle se dévoile en live à la télévision américaine. L’annonce prématurée de son virage vers côté obscur ?

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Car depuis 15 ans, Mrs. Lauryn Hill n’est plus que l’ombre d’elle-même. La chanteuse se contente du minimum syndical pour renflouer les caisses : faire du fan service en assurant quelques concerts, par-ci par-là. Quand celui-ci n’est pas annulé à la dernière minute, où quand elle daigne se pointer à l’heure. Mais la chanteuse américaine touche vraiment le fond en 2013. Le 6 mai 2013, l’interprète de Killing Me Softly est condamnée à trois mois de prison ferme pour avoir caché 1,8 millions de dollars au fisc américain entre 2005 et 2007. Malgré la sortie du single Neurotic Society pour rembourser les dettes, Lauryn Hill est sommée de passer quelques semaines derrière les barreaux, avant de rester trois mois en résidence surveillée. Lors de son procès, la chanteuse se considère plus comme une victime du système qu’une criminelle : « J’ai été perçue comme une vache à lait et non comme une personne. Quand les gens misent sur une personnalité, ils oublient qu’il y a une personne derrière. ». Une ligne de défense qu’approuverait Palpatine. « Le bien n’est qu’une question de point de vue. »  

Shia LaBeouf : maître des Internets

« DO IT, JUST DO IT. MAKE YOUR DREAMS COME TRUE. » On ignore quand Shia LaBeouf a officiellement perdu les pédales. Mais l’ex pur-produit de Disney Channel enchaîne les sorties publiques (un poil) bizarres depuis quelques années. L’acteur est carrément devenu un meme, à force d’enchaîner les happenings complètement barrés. Comme ce fameux motivational speech dans #INTRODUCTIONS, ou cette vidéo où il se filme en train de sauter à la corde pendant une heure…

© Youtube // MotivaShian

Mais son dernier projet est sans doute l’un des plus marquants. Suite à l’élection de Donald Trump (décidemment…), Shia LaBeouf a lancé un happening diffusé 24h/24 sur le web. Le principe ? Gueuler « He will not divide us » face caméra. Un délire censé durer… 4 ans. Soit la durée du mandat du 45e président des Etats-Unis. Finalement, le projet sera stoppé au bout d’un mois par le Musée de l’image animée de New York, partenaire du projet, pour des raisons de sécurité. Un échec qui ne décourage pas Shia, qui, aux dernières nouvelles, voulait s’enfermer pendant un mois dans une cabane en Laponie Pour paraphraser Dark Vador : « C’est à croire qu’il est protégé par la Force. »

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05 2017 The Red Bulletin

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