Censura

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YouTube est le 2e plus important moteur de recherche Internet. Mais gouvernements et droits d’auteur nationaux limitent parfois son accès.

Chine

Depuis 2009, YouTube y est aussi peu accessible que Google. Le gouvernement veut « protéger » ses internautes des contenus « vulgaires » en ligne sur le site d’hébergement de vidéos américain. Youku, la vénérable version chinoise de YouTube, apparaît en 2006. En 2012, elle se renomme Youku Tudou et s’affiche comme étant la plus grosse plateforme Internet de partage de vidéos en Chine. Parmi elles, on trouve  toutes les séries… américaines : de Breaking Bad à Homeland

Iran

2009 marque une année noire pour YouTube : la Chine et l’Iran, plus ou moins officiellement, interdisent l’accès au portail de vidéos en ligne sur leurs territoires. L’alternative iranienne, créée en 2012 par le gouvernement du pays, s’intitule Mehr et a pour mission de promouvoir l’art et la culture de la République islamique. Si le carton Happy est malgré tout parvenu dans le pays, les danseurs iraniens ont écopé d’amendes sévères.

Yes, we ban!

TURQUIE

Je t’aime moi non plus version turque, ça donne ça : entre  2007 et 2010, YouTube n’a cessé d’être bloqué par le gouvernement. La raison ? La mise en ligne de vidéos offensant les valeurs nationales de la République de Turquie. Le cas le plus récent a eu lieu en 2014, à l’initiative de Tayyip Recep Erdoğan, Premier ministre à l’époque et aujourd’hui Président. Il semblerait que les politiciens au pouvoir ne tolèrent pas ou peu la critique. La censure fut de courte durée : une décision de la Cour constitutionnelle ordonne sa remise en ligne au bout de 67 jours, faisant valoir que l’interdiction violait le droit fondamental à la liberté d’expression.
 

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Allemagne

Le cas de l’Allemagne est un peu différent des autres. Les vidéos bloquées ne le sont pas par intérêt ou susceptibilité politique, mais pour des raisons financières. En effet, depuis 2009, tous les clips (officiels ou non) de chansons publiées sans respect du droit d’auteur sont désormais bloquées. Cela équivaut à environ la moitié du contenu disponible sur YouTube ! Ceux qui souffrent le plus de ce bras de fer entre Google et la GEMA, l’organisme en charge de collecter les droits des auteurs et des compositeurs, sont les internautes allemands.​

Corée du Nord

Les problématiques de censure, de bloquage, d’interdiction, de remise en ligne… ne sont pas à l’ordre du jour en Corée du Nord. Le gouvernement a simplement décidé de se couper du World Wide Web pour n’utiliser que son propre intranet brillamment baptisé Kwangmyong. Le réseau, inauguré en 2000, n’est qu’une version censurée de notre Internet. Seul Uriminzokkiri, le site officiel du régime, est accessible. On y parle de Kim Jong-un, de propagande de guerre, et on adooore les émissions de cuisine.

 

Brésil

Il y a de quoi s’étonner à voir le Brésil figurer sur cette liste. En 2007, YouTube s’est trouvé « hors d’accès » pendant quelques jours en raison du scandale provoqué par la mise en ligne d’une vidéo érotique où apparaissait Daniella Cicarelli, top-modèle et présentatrice. L’ex de Ronaldo a poursuivi le site américain pour atteinte à la vie privée, en exigeant le retrait de la vidéo. Cette action étant impossible, la plainte aboutit finalement à la fermeture de YouTube. Il fut rouvert sous la pression populaire (5,5 millions d’utilisateurs mécontents repostant sans cesse la vidéo), et grâce à l’intervention de Reporters sans frontières.

Inaccessible
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02 2015 THE RED BULLETIN

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