STAR WARS HOLOGRAMAS

Star Wars et la force des hologrammes

Ilustration : HERI IRAWAN

Tristan Duke a créé les hologrammes gravés sur les vinyles de la BO Star Wars. Quand le disque tourne, la lumière fait apparaître une image 3D du Faucon Millenium et d’un TIE.
Tristan Duke
Tristan Duke, 35 ans

En 1977, les cinéphiles du monde entier découvrent les hologrammes dans Star Wars, dans la scène où Skywalker apprend que la princesse Leia a dissimulé un message dans R2-D2.

« Star Wars popularise l’holographie », dit Duke, artiste d’effets visuels qui remet les hologrammes dans la célèbre franchise en 2016 en les gravant sur le vinyle de la BO de l’épisode Le Réveil de la Force. Une performance qui vaut à Duke et Walt Disney Records le Clio Award. La Force était avec eux.

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D’où vous est venue l’idée des gravures ?

Du travail de William J. Beaty. En 1990, cet Américain passionné de science voit dans un parking une lumière de la forme d’une main flottant au-­dessus d’un capot de voiture. Il venait d’assister à un hologramme accidentel. Le polissage de la voiture a occasionné des rayures qui réagissaient à la lumière en créant la main. Je me suis dit que la photographie était au dessin ce que l’holographie était… à quoi au juste ? J’en ai conclu que le dessin holographique consistait à graver des miniréflecteurs, des sillons sur une plaque holographique.

Vous faites de la gravure sur vinyle ?

Jack White (The White Stripes) m’appelle un jour et me dit qu’il veut un hologramme sur son prochain ­album, dans les 3 semaines… et me demande si c’est faisable. Je lui réponds que non, mais que je peux toujours essayer. Je lis tout ce que je peux sur la fabrication de disques, fabrique ma propre presse à partir d’une presse à livre et de plaques chauffantes et commence à graver sur de vieux disques en les faisant fondre.

À l’origine, un hologramme est un objet éclairé au laser reproduit ensuite sur un film holographique à haute résolution.

C’est là que les gens de Star Wars vous contactent ?​

J’étais aux anges. Je sens tout de suite que ça va le faire. L’univers Star Wars fourmille d’objets se prêtant à l’hologramme et sur un vinyle, ils donnent l’impression de flotter dans le vide de l’espace. L’hologramme de Star Wars est mon premier sur un vinyle avec ce qu’on appelle une ­occlusion, où certaines parties ­solides disparaissent lorsqu’elles sont cachées par d’autres.

Comment transférez-vous un objet 3D de votre esprit sur une surface 2D ?

Dans un premier temps, je dessine l’objet sous différents angles afin de maîtriser sa structure tridimensionnelle. Je dois trouver un angle ­inexistant dans l’espace en considérant l’objet d’un point de vue abstrait quadridimensionnel. Il m’a fallu imaginer différentes règles de géométrie me permettant de créer une figure holographique 3D.

Pourquoi ne dispose-t-on pas d’hologrammes aussi réussis que ceux du film ?​

Les attentes de l’équipe du film dépassaient de loin les possibilités de l’holographie où il faut capturer des schémas d’interférences microscopiques plus petits qu’une onde de lumière. Une photo est floue si l’objet ou l’appareil bouge. En holographie laser, il suffit d’un mouvement aussi infime qu’un tiers d’onde de lumière pour vous priver d’image. Quant au moulage, il doit se faire grandeur nature. Pour un hologramme de la Tour Eiffel, il faudrait une plaque de la même taille. Le dessin holographique élimine cette contrainte. Ainsi, je dessine les objets qui me passent par la tête au lieu d’aller à leur recherche.

infinitylightscience.com

  
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11 2016 The Red Bulletin

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