Daniel Radcliffe

Daniel Radcliffe : « Miser sur le succès est vain »

Texte : Richard Jordan
Photo : Getty Images

L’acteur de 26 ans à l’affiche de Docteur Frankenstein, adaptation du roman de Mary Shelley, évoque l’excitation du défi et du renouvellement.  

En 2011, après dix ans et huit volets dans la peau du jeune héros de la très rentable saga Harry Potter, Daniel Radcliffe met fin à la magie. Comme tant d’enfants stars avant lui, le risque d’un coup de blues ou d’être cantonné à jouer le jeune héros courageux le guette. Mais Radcliffe se démène pour prouver qu’il est un acteur polyvalent en choisissant des rôles là où on ne l’attend pas : La Dame en noir, un film d’horreur, Kill Your Darlings, un drame chez les poètes de la beat generation, ou affublé de cornes dans Horns, un film fantastique. Son dernier rôle dans Docteur Frankenstein, Igor, l’assistant du savant fou qu’interprète James McAvoy, marque son retour aux grands studios dans une adaptation fidèle au genre mais loin d’être banale.

THE RED BULLETIN : Le personnage d’Igor n’apparaît pas dans le roman de Shelley. Cela a-t-il été un gage de liberté supplémentaire avec l’histoire ?

DANIEL RADCLIFFE 

Oui, ce personnage ouvre de nouvelles perspectives. La page de garde du scénario est des plus amusantes. On y lit : « Frankenstein par Max Landis, basé sur (l’interprétation de la culture populaire américaine du) Frankenstein de Mary Shelley ». Max s’est amusé à compiler diverses incarnations dans un même univers, tout en préservant le thème du livre à savoir notre rapport ambigu à la science et la technologie. On m’a reproché d’avoir affirmé lors d’une interview que les fans du livre détesteraient le film. J’ai simplement voulu dire par là qu’il ne fallait pas s’attendre à une adaptation fidèle au livre.

C’est votre premier film avec les grands studios depuis Potter. Cela a-t-il conditionné votre choix ?

Pas vraiment. Je ne me suis jamais dit « je vais choisir ce film parce que je veux tourner à nouveau avec les studios ». Je l’ai choisi parce qu’il me semblait sympa à faire et à voir. Je n’ai pas de prise sur l’avenir, alors j’apprends à savourer l’expérience présente.

Le film regorge d’actions. Les cascades d’envergures ont du vous faire plaisir ? 

Énormément. J’ai travaillé avec James Embree, le responsable cascades, dans Harry Potter, il sait que je suis bon client. Tout dépend de la relation avec le responsable cascades. Si vous lui montrer que a) vous respectez les consignes et b) vous faites rien de stupide comme vous cassez une jambe, une fois rassuré sur vos capacités physiques, il vous laisse escalader et faire les chutes. J’adore les cascades, j’en ai fait beaucoup en grandissant. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai un don pour les chutes.

« Je n’ai pas de prise sur l’avenir, alors j’apprends à savourer l’expérience présente. »

Ces dernières années le cinéma indépendant vous a donné des rôles intéressants. Est-ce une stratégie pour éviter la catégorisation ?

Je choisis des projets qui m’enthousiasment. Le succès d’un film est aléatoire – chaque année, de grands films sont ignorés du public par manque de bol. Cela dépend de tant de facteurs étrangers au film que mise sur le succès est vain. La seule alternative est de choisir des projets qui vous donnent de la joie et du plaisir à les faire. Un succès comme celui d’Harry Potter est rare, d’une certaine façon ça réduit la pression. Essayer de le reproduire est absurde. La Dame en Noir fut un succès que personne n’attendait. Le mieux est encore de suivre son propre instinct.  

Relever de nouveaux défis c’est important aussi ?

Absolument. Il me reste tant de rôles à explorer. Le mérite lié à la diversité de mes personnages est exagéré. Tout acteur aspire à une large palette de jeu. C’est parce que j’ai longtemps incarné le même personnage que les gens sont plus surpris de me voir dans autre chose. Parfois, je me dis que choisir des rôles où je ne dois pas apprendre la guitare ou parler arabe me faciliterait la tâche. Mais honnêtement, c’est très bien ainsi.

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12 2015 The Red Bulletin  

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