Emma Stone

« je m’angoisse pour un rien »    

Texte : Rüdiger Sturm
Photos : Carolyn Cole/Contour de Getty Images

L’Américaine de 26 ans, Emma Stone ,bientôt à l’affiche de Aloha aux côtés de Bradley Cooper, a le vent (et le nez) en poupe, qu’on se le dise…  

Avant de devenir la coqueluche de Broadway, Emma Stone a joué le grand amour de l’homme-araignée au cinéma, et le précieux rejeton de l’homme-oiseau dans l’excellent Birdman ou (la surprenante vertu de l’ignorance) du réalisateur mexicain Alejandro González Iñárritu, Oscar du meilleur film 2015. Les surprises qu’elle nous réserve sont loin d’être épuisées…
 

THE RED BULLETIN : L’excellent Birdman vous a valu votre première nomination aux Oscars, vos débuts à Broadway dans Cabaret ont été salués par la critique. Il y a pourtant, il y a un détail chez vous qui fascine encore plus…

EMMA STONE : Ah bon ?

Ce minuscule tatouage sur votre poignet. Peu de gens le savent, mais il a été dessiné spécialement pour vous par Paul Mc Cartney. Que représente-t-il ?

Ce sont deux pattes d’oiseau, une allusion à la chanson préférée de ma mère, Blackbirds des Beatles, où il y a cette phrase géniale : « Take these broken wings and learn to fly. »

Avez-vous déjà eu les ailes brisées ?

Au début de ma carrière, alors que j’attendais mon tour lors d’une audition pour la série télé Heroes, j’ai entendu les gens du casting dire à celle qui me précédait : « Tu es parfaite, c’est toi qui as le rôle. » C’était Hayden Panettiere. À ce moment-là, je me suis effondrée intérieurement, je me suis dit : « Merde, toute ma vie, je ne vais recevoir que des refus, je n’entendrai jamais que des non, non, non… »

Et comment avez-vous réappris à voler ?

Deux semaines après cet épisode, je décrochais le rôle dans Superbad, et cela a changé ma vie. J’ai appris à toujours tirer le meilleur parti de toute situation difficile. 

Un exemple concret ?

Je suis sujette aux crises d’angoisse depuis mes 8 ans. J’ai vu un psy pendant deux ans, ce qui m’a beaucoup aidé à me recentrer, mais j’ai gardé cette fâcheuse aptitude à m’angoisser pour un rien. Heureusement, même si je suis quelqu’un de très nerveux, j’ai pu développer des mécanismes de défense.

Un conseil à donner à tous les angoissés de nature ?

Le plus efficace reste l’auto-persuasion. Je me répète souvent tout haut : « La plupart du temps, tout va bien, il n’y a aucune raison de paniquer, je suis assise sur ce canapé avec ma tasse de café, je peux manger si j’ai faim, donc tout va bien, n’est-ce pas ? Oui. N’aie pas peur. Personne ne va mourir. » 

La comédie romantique américaine Aloha réalisée par Cameron Crowe sortira sur les écrans français le 19 aôut 2015.

Effectivement, il y a peu de risque de mourir, assis sur un canapé avec une tasse de café à la main… Ça vous angoisse à ce point, la mort ?

Quand j’étais plus jeune, j’étais fascinée par tout ce qui était morbide, j’allais même me promener dans les cimetières. Aujourd’hui, l’aspect mortel des choses m’intéresse toujours, mais dans un sens positif, cela m’aide à profiter à fond de la vie, ici et maintenant. 

Ce n’est pas un peu contre-indiqué, le métier d’actrice, quand on est quelqu’un d’hyper-sensible ?

Au contraire : jouer m’aide à surmonter mes angoisses. J’ai un trop-plein d’émotions en moi, et une carapace quasi inexistante, une combinaison a priori perdante, mais j’ai appris à m’en servir dans ma vie d’actrice. C’est quand je joue dans un état de crainte et de fragilité que je suis la meilleure. C’est le dilemme de tous les acteurs : on doit se protéger de son extrême sensibilité tout en sachant l’exploiter au maximum.

« quand j’étais plus jeune, j’étais fascinée par tout ce qui était morbide, j’allais me promener dans les cimetières » 
Emma Stone

 
Comment une jeune femme émotive et craintive parvient-elle à rester normale,
à Hollywood ?

J’ai la chance d’avoir des gens autour de moi qui m’aiment et que j’aime. Ma vie sociale a toujours primé sur ma vie professionnelle. Et de toute façon, je ne veux pas perdre ma fragilité : je ressemblerais à ces actrices qui ont la finesse de jeu d’un hippopotame. 

Vous avez joué la petite amie d’un super-héros. Dans la vie quotidienne, avez-vous besoin d’un super-homme qui vous aide à affronter l’existence ?

J’apprécie les hommes capables de rire lorsqu’ils te voient te prendre une gamelle. Qui prennent les aléas de la vie à la légère. Ce sont eux, mes véritables héros de tous les jours. 

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06 2015 The Red Bulletin

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