Krystle Wright

Photographe ou aventurière ?

Entretien : Andreas Rottenschlager
Photos : Krystle Wright

Entretien inédit avec Krystle Wright, photographe de l’extrême, dans lequel elle relate ses exploits et ses incidents de parcours. L’Australienne explique aussi comment elle a réussi à se dégager de situations risquées, et de l’enseignement qu’elle a tiré de ces expériences.

THE RED BULLETIN : Vous êtes photographe de l’extrême. Quand avez-vous eu peur pour la dernière fois ?

KRYSTLE WRIGHT : En mai. On voulait faire le University Peak, un sommet de 4 100 mètres au sud-est de l’Alaska. Là-bas, il y a une piste de ski qu’on ne peut emprunter que très rarement. Quand on est arrivés sur la montagne, une avalanche a traversé cette piste. Suivie de  six autres. J’ai réalisé que dans certaines situations, on n’a aucune chance de survie.

Vous êtes constamment exposée au danger. Comment limitez-vous les risques ?

J’applique trois règles : tout planifier, s’entourer de gens expérimentés et annuler un projet s’il est trop risqué. Ce fut le cas ce jour-là, en Alaska. 

Krystle Wright

Sa passion pour la photo lui a fait fouler les sols de tous les continents. 

 Malgré ces précautions, au Pakistan, en 2013, vous avez dû être secourue après vous être écrasée en parapente contre un rocher…

On était dans les montagnes du Rakaposhi, je volais en tant que copilote avec un parapente biplace. Une rafale de vent nous a fait décoller de la piste d’envol. Je voyais le rocher se rapprocher de plus en plus. Et puis, boum ! Plus rien. Je me suis réveillée quelques minutes plus tard, le visage en sang. 

Comment s’est passé votre transfert jusqu’à l’hôpital ?

Le parapentiste Tom de Dorlodot s’est posé dans un village pour organiser une chaîne de sauvetage, et une équipe est venue me récupérer en montagne. On a continué en jeep avant qu’une rivière nous barre la route. Les sauveteurs ont dû me porter sur un pont suspendu. De là, nous avons attendu une autre jeep. Huit heures plus tard, nous étions à l’hôpital. Je peux dire merci à la règle n° 2 : avoir des pros dans son équipe.

Comment parvient-on à se rétablir après un coup dur de ce genre ?

Il faut se remettre au boulot sans attendre. Quand je suis rentrée à Sydney, je suis allée photographier un match de football australien. C’était mon copain de l’époque qui portait mon matériel. Les joueurs couraient sur le terrain, et ils l’ont pris pour un criminel. J’avais le visage tuméfié, et un pied dans le plâtre. On aurait dit que j’avais été victime de violences conjugales.

« Le plein d’adrénaline ? Mettez-vous au camping ! »
Krystle Wright
Krystle Wright - Kitesurfen

Qu’apprend-on sur soi-même quand on est sans arrêt confronté aux dangers ?

Immanquablement, on dévoile ses faiblesses. J’ai par exemple beaucoup de patience quand il s’agit de faire des photos. Par contre, dès qu’il s’agit de ma santé, c’est une autre histoire, même si je fais des efforts maintenant. 

Que conseilleriez-vous à quelqu’un qui voudrait faire le plein d’adrénaline sans risquer sa vie ?

De faire du camping.

Pas très extrême… n’importe qui peut le faire.

Vous embarquez une tente et fuyez le train-train quotidien. Vous seriez surpris de tout ce que l’on peut apprendre en vivant en autarcie.

TOUS LES SUJETS ACTUELS EN UN CLIN D’ŒIL 

> RECEVEZ LA NEWSLETTER ! <
Cliquer pour lire la suite
10 2015 The Red Bulletin

Article suivant