Brodinski par CSS

Le Creative Sweatshop et l’image de Brodinski

Texte : Pierre-Henri Camy
Photos : Le Creative Sweatshop

LE CREATIVE SWEATSHOP A RÉALISÉ L’IMAGERIE DE BRAVA, L’ALBUM DE BRODINSKI À PARAÎTRE LE 2 MARS.

Brava sera célébré ce vendredi 27 février au Yoyo, à Paris, et samedi 28, à Lille, à l’Aéronef, lors de deux Red Bull Music Academy Nights. Brodinski s’y produira en compagnie de DJ Slow, Canblaster, Benji B. et Addison Groove. En préambule de ces dates exceptionnelles, focus sur le Creative Sweatshop. Cette agence parisienne de création visuelle, composée de MathieuJulienStéphane et Tiffany, est associable à un laboratoire expérimental, en activité perpétuelle, toujours « déjà demain »… Rencontre avec Mathieu, qui nous dit tout sur les travaux du CSS avec Brodinski, le DJ et producteur français invité de notre numéro de février. 

Creative Sweatshop

Le Creative Sweatshop

Mathieu, Julien et Stéphane ont créé l’univers visuel associé au première album du DJ français Brodinski, l’invité d’honneur de notre numéro de février.

© Romain Bernardie James


THE RED BULLETIN : Bonjour Mathieu, comment s’est faite la connexion avec Brodinski ?

MATHIEU MISSIAEN/LE CREATIVE SWEATSHOP :
Nous avons longtemps partagé nos bureaux avec Romain Bernardie James (ndlr : auteur des portraits de Brodinski pour The Red Bulletin) qui est très proche de son manager, Guillaume. Ce dernier cherchait des gars pour s’occuper de la direction artistique visuelle de l’album de Brodinski. Romain lui a suggéré de travailler avec le Creative Sweatshop. Nous avons répondu présents.


Comment s’est amorcé le processus créatif ?

Après une longue discussion avec Brodinski et son management, la première phase a consisté en une écoute intense et répétée de l’album… Nous avons « fumé » l’album ! Et nous avons suivi les étapes de mixage, d’affinement des tracks, de « l’intérieur », avec Brodinski. C’était hyper intéressant, car c’était la première fois que nous travaillions sur un projet musical. Un album de rap sur fond de musique électronique qui réunit mes deux passions sonores. Et c’est un projet futuriste, donc ça nous parle.

Creative Sweatshop

« Nous sommes partis d’Internet pour créer l’imagerie print de la pochette et du livret. »

Pourquoi Brodinski et son équipe ont-ils fait appel à vous ?

Ils sont venus nous chercher pour de la stratégie d’image et du visuel. Nous avons pensé à un contenu qui pourrait être avant tout utile sur le web. Le premier truc à cibler, aujourd’hui, c’est Internet, Instagram, qu’il faut alimenter avec beaucoup de contenu.

Cover

Brava

La pochette du premier album hip hop et techno de Brodinski, signée CSS.

Du coup, nous avons pondu une sorte de projet éditorial, avec dans l’idée que le plus important était le site Internet de Brodinski. Nous sommes assez friands de la profusion d’images, tous ces trucs qui se mélangent, éclectiques, qui n’ont rien à voir, avec un côté expérimental. Il nous est donc apparu logique de créer un pseudo Tumblr pour Brodinski, qui raconterait une histoire, en intégrant plein d’influences différentes : de la mode, des objets, des matières, de la musique. Nous avons donc écouté tous les titres de son album, pour essayer d’isoler l’essence de chaque track.


Comment se concrétisera tout ça sur le site ?

Ce sera un site en parallaxe, où tu pourras rentrer dans différents univers liés à un titre, et en sortir, avec un effet de fade in et fade out. Cela t’offrira un genre d’écoute de l’album, agrémentée d’un roman photo un peu perché.


Comment ont été réalisés les visuels ?

Ça s’est fait sur deux jours, dans une maison de la banlieue parisienne, que l’on a baptisée « la maison des secrets ». C’est une baraque Airbnb réputée pour avoir accueilli des tournages porno. Une ambiance kitsch à souhait, avec jacuzzi et sauna. Nous en sommes revenus avec des tonnes d’images pour alimenter ce site « expérience ».

CSS

« Une sorte de clip, en photo. »

Cet univers visuel sera-t-il décliné dans l’artwork du disque ?

Oui, mais nous avons fait le chemin inverse de ce qui se fait habituellement. En partant d’Internet pour créer l’imagerie print de la pochette et du livret. Nous voulions que ce site soit hyper frappant, pas juste un site qui relaie de l’info. L’idée était d’installer un univers, raconter quelque chose en fonction de la chanson. Aussi, nous avons voulu monter une sorte de marque autour de Brodinski, ça nous amusait vachement, et ça fait partie d’Internet : ce côté surbrandé avec lequel on a joué parfois, comme en installant des B un peu partout dans nos images.

Masque

On a même moulé le visage de Brodinski pour créer des masques en céramique. Du coup, dans plein d’images, tu retrouves le côté un peu fanatique lié aux artistes, surtout aux DJs. Nous sommes partis sur 20 000 thématiques différentes. Le monde est comme ça, Internet est comme ça, notre manière de consommer l’information est comme ça : un truc hyper prolifique, un peu brouillon, mais assumé à 1 000 %. Une sorte de clip, en photo.


Que peux-tu nous dire à propos de ces fameux masques ?

Pour le titre Need for speed, nous voulions introduire la notion de sport auto, de bécanes, mais sans shooter de motos ou d’enjoliveurs de voiture. Le lien est un masque en carbone, un peu designé comme un casque Ruby, moulé sur le visage de Brodinski, comme ceux en céramiques que nous avons aussi réalisés. C’est un ouvrage redevable à mon partenaire Julien. Je tiens aussi à honorer le travail d’Adulte Adulte, des graphistes qui gagnent à être très connus, et qui sont à la base du projet avec nous. Ils ont une patte hyper spéciale, et se sont chargés de tout le travail typographique de ce projet, avec cet aspect un peu sportswear. Ils sont très pertinents, à fond dans leur époque. Concernant le design de tous les vêtements que tu vois dans les photos, ce sont nos créations, et nous avons collaboré avec Atelier Drone, qui les a réalisés.

CSS

« C’est un projet futuriste, donc ça nous parle. »

Pourquoi était-il intéressant de collaborer avec Brodinski ?

Car il a une vision assez simple des choses qu’il développe, il ne se prend pas vraiment la tête. Il amène ses collaborateurs dans d’autres univers, comme ces rappeurs avec lesquels il a bossé. Aujourd’hui, les gens sont hyper territorialistes : des mecs du ghetto devraient rester entre eux. Ce n’est pas le cas avec Brodinski. Avec lui, c’est hybride. Hyper couillu. Il y va. Ce qui est intéressant c’est la tentative, prendre des risques.

Brodinski par le CSS

« AVEC BRODINSKI, C’EST HYBRIDE. HYPER COUILLU. »

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02 2015 The Red Bulletin

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