Léa Seydoux

Sweet Seydouxion

Texte : Rüdiger Sturm
Photo : Marcel Hartmann/Contour par Getty Images  

Léa Seydoux était nerveuse et a bu une bière. Résultat : elle a raté son audition, oublié son texte. Et obtenu le rôle de la James Bond girl dans Spectre de Sam Mendes, aux côtés de Daniel Craig et Christoph Waltz.

THE RED BULLETIN : Certains de vos parents sont de gros bonnets de l’industrie française du cinéma. Et vous êtes devenue star de cinéma. Avez-vous profité de votre position avantageuse ? 
LÉA SEYDOUX :
Non. J’ai toujours suivi mon propre chemin. J’ai choisi moi-même de devenir actrice. Et je n’ai profité d’aucun privilège. 

D’où vous est venue l’envie de devenir actrice ? 
J’étais une marginale, toujours solitaire. Enfant, les autres me taquinaient parce que j’étais mal habillée. Plus tard, à 18 ans, j’ai commencé à me chercher. Un de mes amis était acteur et je trouvais cette vie fantastique. J’ai donc décidé de tenter ma chance. Bien que j’étais terrorisée. 

Pourquoi ? 
Parce que tout me fait peur. Je déteste prendre l’avion. J’ai peur du vide. Nous avons tourné une partie du film Bond dans le désert marocain et j’étais totalement paniquée parce qu’il n’y avait autour de nous rien d’autre que le vide et la canicule. Et que pensez-vous que le vide et la canicule me font ? 

Je vois… 
Bingo ! 

Mais, une actrice est constamment exposée à ce genre de situations. On dirait que vous vous êtes trompée de métier. 
Au contraire. Quand je travaille, j’oublie mes phobies. Je vis l’instant présent.

L’actrice française fait tourner la tête à 007 dans Spectre

© YouTube // FilmsActu

« J’ai choisi moi-même de devenir actrice. Et je n’ai profité d’aucun privilège »  
Léa Seydoux

Être actrice ne se résume pas à jouer, il faut aussi passer des auditions, entretenir des contacts… 
Et c’est d’ailleurs la partie difficile. Avant d’obtenir le rôle dans Spectre, j’ai passé une audition avec le réalisateur, et j’étais tellement nerveuse que j’ai bu une bière juste avant. J’ai alors perdu le contrôle. J’ai oublié mon texte, je suis devenue toute rouge, et j’avais tellement honte que j’ai tout fichu par terre. 

Mais vous avez tout de même obtenu le rôle. Vous vous êtes enivrée pour devenir une James Bond girl ? 
Ce serait une bonne histoire, mais non, désolée, je n’avais même pas fini le verre. 

Le tournage s’est-il bien passé, en dehors du désert, bien entendu ? 
Loin de là. L’ascension des Alpes tyroliennes a été horrible, car j’ai peur du vide. Plus tard, j’ai dû faire des cascades, comme sauter de huit mètres de haut. De plus, j’étais nerveuse à l’idée de jouer en anglais et de tourner avec Daniel Craig avec qui je n’avais encore jamais travaillé. Mais c’est toujours pareil : dès que la caméra tourne, je vais toujours au bout des choses.

« C’est toujours pariel : dès que la caméra tourne, je vais toujours au bout des choses »
Léa Seydoux

N’avez-vous jamais pensé à exercer un métier moins stressant ? 
Jamais ! Certes, tout m’effraye, mais j’aime ça. Je suis en quelque sorte accro à cette peur. Car c’est un sentiment exceptionnel que celui d’outrepasser sa peur. 

Léa Seydoux

Léa Seydoux dans La Belle et la Bête. En privé, elle lutte contre ses phobies – et en tire la force qui est le moteur de sa carrière.

© A.P.L. Allstar Picture Library/Pathé


Votre conseil à toutes les personnes rongées par des phobies ? Car tout le monde ne peut pas devenir acteur pour surmonter ses peurs. 
Mais chacun peut trouver une activité qui lui convient. L’important, c’est de croire en soi. N’ayez pas peur de la peur. À défaut, cherchez sa proximité. Voilà mon conseil. C’est extrêmement palpitant de se dépasser. Rien ne rend plus fort que de surmonter ses peurs. 

Vos peurs vous ont donc rendue forte ? 
Oui. On peut le dire ainsi. Mes peurs m’ont appris que je suis la seule à qui je peux me fier pleinement. 

Pouvez-vous nous dévoiler une peur que vous n’arrivez pas à surmonter ? 
La phobie de l’avion. Il n’y a rien à faire. Avant d’embarquer, je prends toujours un Xanax. 

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11 2015 the red bulletin

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