Natalie Dormer

Natalie Dormer

Texte : Rüdiger Sturm
Photo : David Roemer / trunkarchive  

L’Anglaise de 34 ans, star de la série Game of Thrones, est le rôle principal du film d’horreur The Forest et peut se surpasser avec ses peurs.

THE RED BULLETIN : Dans The Forest, vous partez à la recherche de votre sœur jumelle dans une mystérieuse forêt japonaise. Et vous voilà poursuivie par des esprits et des démons. Dans la vraie vie, quelle est l’expérience la plus terrifiante que vous ayez vécue ?

NATALIE DORMER : Eh bien, justement, ce film. Car c’est mon premier rôle au cinéma après onze ans de carrière. Mais la situation où je n’ai encore jamais eu aussi peur est lorsque j’ai sauté d’un avion en parachute, il y a quelques années.

Qu’est-ce qui vous a poussé à le faire ? 

Un chagrin d’amour. À ce moment là, je faisais le deuil d’un amour perdu et me sentais indifférente à tout. Afin de faire face à mes démons intérieurs, j’ai essayé le parachutisme. Je voulais ainsi m’effrayer pour m’en sortir et me sentir à nouveau vivante. C’est aussi la manière dont agit une des sœurs jumelles que j’interprète dans le film The Forest.

© YouTube // Zero Media

Qu’avez-vous ressenti lors de ce saut en parachute ? 

Tu voles à plus de 3 000 mètres d’altitude, regardes vers le bas et tout devient minuscule – les habitations, les arbres et les champs. La tension monte et le doute s’installe. Tu te demandes : « Mais qu’est-ce que je fais ici ? Pourquoi je fais ça ? » Et puis une panique instinctive te saisit au moment de sauter. Le vent te fouette et tu n’en finis pas de tourner. Ce n’est que lorsque le parachute s’ouvre que tout redevient calme. C’est ce qu’on appelle la catharsis et l’exaltation. J’ai en outre beaucoup appris sur moi-même. 

Vous seriez alors prête à le refaire ?

Ça, je ne crois pas. Néanmoins, j’aime les défis. C’est d’ailleurs un élément important de ma personnalité. Si j’ai peur de faire quelque chose, c’est une raison de plus pour passer à l’acte – que je fasse du parachutisme, coure un marathon ou tourne un film d’horreur pendant cinq semaines où je suis présente dans quasiment toutes les scènes. Je recherche dans tous les cas ce qui m’effraie, car c’est la seule façon pour moi de grandir intérieurement. Quitter sa zone de confort de temps en temps ne fait pas de mal. 

The Forest sortira sur les écrans français courant 2016.

Quel conseil donneriez-vous aux futurs marathoniens ?

Vous pouvez courir un marathon de manière efficace si vous vous levez à 5 heures du matin et partez courir deux heures avant d’aller travailler. Tout est une question de préparation, de discipline et de dévouement. La motivation est également très importante. Je l’ai fait pour une cause qui me tenait à cœur, c’est à dire pour une organisation caritative destinée aux enfants. Des gens ont placé leur espoir en moi et je ne voulais pas les décevoir.

Combien de temps avez-vous couru ?

3 heures 50, ce qui est plutôt bien pour un premier marathon. J’espère que cela pourra se reproduire en avril, si mon emploi du temps le permet. Je courrai cette fois-ci pour l’organisation « Childline » qui vient en aide aux jeunes en situation difficile, en leur proposant une assistance gratuite. 

« JE RECHERCHE DANS TOUS LES CAS CE QUI M’EFFRAIE, CAR C’EST LA SEULE FAÇON POUR MOI DE GRANDIR INTÉRIEUREMENT. »

Vous ne pouvez cependant pas courir un marathon ou sauter en parachute chaque fois que vous êtes à la recherche d’un nouveau défi.

Mon plus grand défi reste le travail. Si tu décroches le bon rôle, il ne te reste plus qu’à continuer et progresser. Il faut constamment placer la barre un peu plus haut. Cela vaut aussi pour Game of Thrones, bien que j’y joue depuis cinq ans déjà. À chaque nouvelle saison, les créateurs de la série repoussent toujours plus loin les limites des personnages. D’autre part, la vie nous réserve également ses surprises que nous ne pouvons prévoir. Par exemple, j’ai été victime de harcèlement moral à l’école. S’il t’arrive de vivre des moments durs comme celui-là, tu ne peux être que reconnaissant lorsque les choses tournent bien. C’est peut-être un cliché d’affirmer « ce qui ne te tue pas, te rend plus fort », mais c’est ce qui s’est passé pour moi. Et quand bien même ce vécu te tuerait presque, tu en ressors plus fort si tu te ressaisis.

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02 2016 The Red Bulletin

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