Brandon

Rad Company, le film ultime

Texte : Ralf Hauser
Photo d’ouverture : Scott Markewitz/ Red Bull Content Pool

Brandon Semenuk, star du VTT freeride, est le réalisateur de Rad Company. Pendant un an, le Canadien de 23 ans a mis entre parenthèses la compétition pour se consacrer à ce film spectaculaire et innovant, un blockbuster dédié aux meilleurs riders internationaux.

Whistler, Canada

Brandon Semenuk vient de Whistler, en Colombie Britannique (Canada). Le site des JO d’hiver 2010, une station de ski à une centaine de kilomètres au nord de Vancouver. À 6 ans, il monte pour la première fois sur un VTT de cross-country et se met très vite à la descente et au freestyle. Son style est révolutionnaire, on dit de lui qu’il est un prodige. En dirt, slopestyle et freeride, il accumule les titres les plus prestigieux. Après le succès de Life Behind Bars, sa web-série, Brandon prend une année sabbatique en 2013. Il met la compétition de côté pour un temps et se consacre au tournage de son long-métrage Rad Company, qui réunit dans des séquences époustouflantes les spécialistes de chaque discipline du VTT freeride. 

« POUR LES PARCOURS ET LA CONSTRUCTION DES PISTES, ON A CONCRÉTISÉ DES IDÉES QUE TOUT LE MONDE TROUVAIT DINGUES »
Brandon Semenuk

Utah, États-Unis

Rad Company réunit les riders les plus talentueux de descente mountain-bike, comme Cameron Zink, Stevie Smith et Cameron McCaul. Ils se sont fait un nom en accumulant les trophées et en réalisant des  tricks incroyables. Zink détient entre autres le record du plus gros backflip : un drop de 26 mètres. Brandon Semenuk a choisi les riders les mieux adaptés à chaque spot de tournage. C’est sur ce même terrain aux pentes abruptes qu’est organisée chaque année le Red Bull Rampage, une compétition réservée à l’élite des riders internationaux, que Brandon remporte en 2008, alors qu’il n’est âgé que de  17 ans.

« DES IDÉES, ça NE ­SUFFIT PAS. RESTER ­ASSIS ET DISCUTER DE LA ­DIFFICULTÉ D’UNe chose NE TE FAIT PAS AVANCER. IL FAUT sE lancer »
Brandon Semenuk

Junkyard, Canada

Des lieux de tournage uniques ont émergé de l’esprit visionnaire de Brandon Semenuk. Habituellement, les parcours de slopestyle – mix de dirt, rampes et drops – sont surtout réservés à la compétition. Mais les riders à l’affiche de Rad Company ont mis la main à la pâte et le résultat a tôt fait de ressembler à ce « junkyard », spot sauvage au milieu des bois. Les stunts, ces figures aux limites de la cascade, y furent énormes, grâce à un long travail sur les installations qui permit les plus belles envolées. De vieilles machines pour l’abattage des arbres ont même été intégrées au parcours. Les invités ont eu une semaine pour tester leurs limites. Le tournage, étape éprouvante dans leur carrière, ne fut pas sans dommage.

« avec ce film, J’AI PU ­CONCRÉTISER TOUT CE QUE J’avais IMAGINÉ » 
Brandon Semenuk

Nadi, îles Fidji

L’équipe de production a manié un matériel digne d’Hollywood, tout un arsenal de caméras high-tech pour pouvoir filmer les prouesses techniques des riders sous plusieurs angles. Selon l’effet voulu, des hélicoptères télécommandés, des steadycams ou encore des cablecams (des câbles en acier sur lesquels se déplacent des caméras télécommandées ou des caméramans, grâce à un système de poulies) ont été utilisés. La cerise sur le gâteau ? Cineflex, un système de stabilisation installé sur un hélicoptère. Il amortit les vibrations de l’engin. Semenuk et son équipe y ont eu recours pour des prises de vue en gros plan lors de la descente à grande vitesse sur les îles Fidji.

« MONTRER DES RIDES ­INNOVANTS À NOS FANS, ­voilà L’OBJECTIF DE RAD COMPANY »
Brandon Semenuk

Nelson, Canada

Quelques épisodes de la deuxième saison de Life Behind Bars, la série à succès de Brandon Semenuk sur YouTube, sont consacrés au making-of de Rad Company. On y voit comment chaque scène du film a été pensée et planifiée dans les moindres détails. On suit aussi l’équipe de tournage en train d’installer des systèmes d’arrosage en pleine forêt, de transporter à pied les systèmes d’éclairage et les transformateurs sur des terrains difficilement praticables. Ou de consulter avec frénésie la météo pendant des semaines pour trouver le bon jour de tournage et de consacrer plusieurs mois à la réalisation de stunts à l’aide d’excavatrices et de pelleteuses. Afin de construire des pistes parfaites sur chaque lieu de tournage. 

« UN INVESTISSEMENT ÉNORME A ÉTÉ NÉCESSAIRE POUR FAIRE lE FILM. L’ANNÉE fut INTENSE mAIS LE RÉSULTAT est là »
Brandon Semenuk
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10 2014 The Red Bulletin

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