Robert Kirkman

Robert Kirkman : The Walking Dead, c’est lui !

Texte : John Gaudiosi

Le créateur de l’un des plus gros cartons BD de l’histoire, The Walking Dead, plonge dans notre obsession pour les morts-vivants. C’est de saison !

C’est par lui que tout a commencé. L’auteur Robert Kirkman, 37 ans, a crée la série de comics The Walking Dead, lancée en 2003, et qui continue encore aujourd’hui alors qu’il bosse sur son 27e volume.

Pour beaucoup, il est surtout celui qui a permis le passage de la BD à la série télé au succès planétaire que l’on connaît. À l’occasion du lancement de la saison 7, nous avons pécho Kirkman pour savoir ce qui faisait le succès des morts-vivants.

THE RED BULLETIN : Quelle fut, au départ, votre inspiration pour créer le monde de The Walking Dead ?

ROBERT KIRKMAN : J’étais un fan absolu de films de zombies, avec les films de George A. Romero (réalisateur de la Nuit des morts-vivants, du Jour des morts-vivants, etc., ndlr) au top de ma liste, car ils sont les meilleurs. C’était un genre qui m’intéressait vraiment, à force de m’envoyer des films sur le sujet, mais je détestais leurs fins, toujours abruptes. Pour moi, dans un film de zombies ou de loups-garous, ce sont les personnages qui sont intéressants. 

The Walking Dead est donc plus une série sur les gens, les protagonistes, que sur les marcheurs ?

Oui ! Je trouvais qu’il était intéressant de montrer le quotidien de gens dans une civilisation qui n’est pas prête de revenir à la normale. Comment ils se construisent des barricades, comment ils trouvent de la nourriture, comment ils développent de l’agriculture, s’ils sont encore à même de construire quelque chose approchant la civilisation, combien de temps cela prendrait, et où ça les mènerait au final ? Comment vivre au quotidien dans un contexte de survie vous change-t-il avec le temps ? Tous ces questionnements m’ont conduit à The Walking Dead, un film de zombies qui n’a pas de fin. Je trouvais que c’était une idée cool que personne n’avait jamais eue. L’histoire peut être narrée ad vitam æternam.

Robert Kirkman

© Wikipedia // Creative Commons

Vous avez cité les zombies à plusieurs reprises, mais vous avez décidé d’appeler vos créatures des Marcheurs plutôt que des Zombies ?

Le terme zombie nous ramène aux films de zombies et à la culture zombie, qui est déjà très présente dans notre monde. Dans le contexte de The Walking Dead, nous ne voulions pas que le public puisse se dire : « Mais pourquoi Rick ne parle-t-il pas du film Zombie, qu’il a maté petit, et qu’on y shootait les zombies dans la tête pour les buter ! » Dans des films de vampires, il est rare d’entendre des gens parler de ce qu’ils ont appris sur les vampires en matant un Dracula ! Donc il vous faut imaginer que tout cela arrive dans un monde où ces phénomènes surnaturels n’ont jamais été évoqués, ne sont jamais arrivés. Il nous paraissait cool de montrer un monde où la fiction même sur les zombies n’existe pas, tout comme le terme « zombie » lui-même.

À quoi peut-on attribuer cette fascination sans fin aux morts-vivants dans la culture pop ?

Quand vous voyez comme le sujet des vampires ou d’autres thématiques d’horreur sont abordées, c’est toujours à travers le prisme d’un monstre irréel auquel on ne peut pas s’identifier. Je ne deviendrai jamais un vampire, je ne serai jamais mordu par un loup-garou. Ces choses ne sont pas réelles. Mais concernant les zombies, je pense à la sécurité de ma famille. Je ne parle pas de zombies, mais il y a d’autres choses dans le monde qui pourraient rendre mon quotidien, et celui de ma famille, dangereux. Je me préoccupe que ma famille soit heureuse, comment on peut se réconcilier avec les gens, collaborer avec eux. Il y a donc beaucoup de choses dans une histoire de zombie que l’on peut connecter au quotidien des gens. Cela fait des histoires de zombies des œuvres qui vous concernent un peu plus.

En quoi votre travail sur The Walking Dead a-t-il bénéficié à votre second show, Outcast, dont la saison 2 débutera en 2017 ?

Je pense que je suis un bien meilleur auteur. J’ai, en quelque sorte, déjà bossé pour la télé grâce à The Walking Dead, et les premières saisons du show ont été un formidable apprentissage. J’ai pu découvrir les forces et les lacunes à la fois du média BD et du média TV, du fait de la manière différente dont ils racontent des histoires.

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10 2016 the red bulletin

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