rooney mara

« Vous n’avez peur de rien, miss Mara ? »

Entretien : Rüdiger Sturm 
Photo d’ouverture : THOMAS WHITESIDE/TRUNK ARCHIVE 

À 30 ans, l’actrice new-yorkaise Rooney Mara est une femme secrète et réservée. Mais en privé seulement. Pour notre plus grand plaisir.  

Rooney Mara était encore étudiante en psycho quand sa carrière d’actrice a démarré. Une fois son diplôme en poche, le succès est venu très vite, avec Les hommes qui n’aimaient pas les femmes de David Fincher, en 2011. Il s’agit du remake américain de Millénium, film de 2009 produit en Suède et au Danemark et adaptation cinématographique de la trilogie éponynme écrite par Stieg Larsson.

C’est son interprétation de Lisbeth Salander, gothic girl écorchée vive, qui vaut à Rooney Mara une nomination aux Oscars et son entrée dans la cour des grandes actrices d’Hollywood. Ont suivi plusieurs films comme Effets secondaires de Steven Soderbergh, Her de Spike Jonze, Carol (avec Cate Blanchett) et Trash (avec Martin Sheen). Son prochain rôle sera dans Pan aux côtés de Hugh Jackman, dont la sortie sur grand écran est prévue cet été.

THE RED BULLETIN : On ne peut pas dire que votre prestation dans Les hommes qui n’aimaient pas les femmes soit passée inaperçue : on vous y voit nue comme un ver, arborant moult tatouages et piercings bien placés…
ROONEY MARA :
N’exagérez pas, seuls six piercings sont bien réels, les autres sont des faux !

Peu d’actrices auraient accepté une telle transformation physique.
Bah, je me suis demandé quand j’aurais de nouveau l’occasion d’avoir des piercings aux seins. D’ailleurs, avec tous ces tatouages et ces piercings sur le corps, je me sentais moins nue : c’était comme un costume que je portais.

Pardonnez-moi cette question indiscrète, mais l’avez-vous gardé, ce fameux piercing ?
Celui aux seins ? Votre indiscrétion est tout excusée, bien sûr. Mais je ne vous répondrai pas (sourire).

Peut-être pourrons-nous bientôt vérifier par nous-mêmes : on annonce deux autres films avec le personnage de Lisbeth Salander.
Ne vous réjouissez pas trop vite ! Il y a certes un scénario, excellent d’ailleurs, mais pas de projet de film en perspective, d’après ce que je sais. Dommage.

On vous décrit comme discrète et réservée. À l’opposé de ce que vous montrez dans vos films. Je pense notamment aux scènes d’amour avec Catherine Zeta-Jones dans Effets secondaires ou avec Cate Blanchett dans Carol.
C’est ce que j’aime dans ce métier : je peux me livrer, me défouler psychiquement et physiquement, sans avoir l’impression que je me suis mise à nu, car tout cela reste cadré dans un rôle de cinéma.

« Dans le film Pan, vous aurez affaire à une guerrière. Alors tenez-vous à carreau ! »

Ça ne vous a pas posé problème, ces scènes d’amour ?
En quoi cela peut-il être un problème ? On embrasse une femme exactement comme un homme, cela ne fait aucune différence devant la caméra. Qu’y a-t-il de si embarrassant ? Pendant le tournage, il y a bien eu quelques personnes que cela troublait visiblement, mais tout le monde n’a pas la maturité nécessaire.

En bref

Identité
Patricia Rooney Mara

Naissance
Le 17 avril 1985, à Bedford, New York

Carnet personnel
Rejeton de deux illustres familles du football américain : les Rooney fondèrent les Steelers de Pittsburgh, et les Mara les Giants de New York.

Elle fut frustrée de son rôle dans le remake de Freddy – Les griffes de la Nuit (2010), au point de penser mettre fin à sa carrière.

Elle est arrivée au casting du film Les hommes qui n’aimaient pas les femmes avec la gueule de bois.

A une sœur, Kate, également actrice (journaliste et maîtresse de Kevin Spacey dans House of Cards).

Vous dégagez une telle sérénité. Rien ne vous énerve, dans votre job ?
Si. Qu’on n’ait jamais assez de temps pour soi. L’année dernière, avec les tournages de Carol puis de Pan, j’ai travaillé six mois d’affilée sans pause. Après, il m’a fallu me réhabituer à la vie normale, reprendre le contact avec la famille, les amis, payer mes factures, gérer un problème de fuite dans mon plafond. Ce genre de choses.

Vous n’avez donc pas réglé vos factures pendant six mois…
Elles ont été payées, mais mon courrier s’est accumulé jusqu’à former une -véritable montagne de paperasse. 

Vous ne faites pas que des choses ennuyantes pendant votre temps libre : l’hiver dernier, vous étiez au Sud Soudan, un pays ravagé par une guerre civile qui a déjà fait plus de 10 000 morts. 

C’était moins dangereux qu’il n’y paraît. J’y étais non pas à titre personnel mais en tant qu’ambassadrice pour Oxfam, tout était donc très sécurisé. Sinon, je ne l’aurais pas fait. 

Les scènes de combat de Lisbeth Salander sont impressionnantes. Vous n’êtes pas du genre à vous laisser faire ?
Lisbeth est une bagarreuse qui fonctionne à l’instinct, sans aucune technique. Pas très efficace pour moi ! Mais je me suis entraînée depuis : dans le film Pan, qui sort cet été, vous aurez affaire à une vraie guerrière, alors vous avez intérêt à vous tenir à carreau (rires) !

Vous n’avez peur de rien ?
Si. J’ai peur de vous décevoir, tenez : mes craintes sont tellement banales. J’ai un système immunitaire en berne, le résultat d’années de prise d’antibiotiques quand j’étais enfant. Une petite grippe suffirait à me terrasser… que Dieu m’en préserve !

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04 2015 The Red Bulletin

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