Seth Gueko

Seth Gueko est multifaSeth

Texte  : Pierre-Henri Camy
Photos  : Philipp Mueller

Trop rockeur pour les rappeurs. Trop rappeur pour les rockeurs. Du genre inclassable ce Seth gueko. Une chose est sûre, ses punchlines démentielles ne laissent personne de marbre. On a gratté sous les tattoos, pour voir comment s’est construit le perso Seth Gueko.

Les rappeurs se déplacent en meute. Seth Gueko se pointe en solo. Il est une bande à lui tout seul. Gitan, « bad cowboy », « barlou » (verlan de loubar), pornophile, filmgoraphile, blagueur, provocateur, titi parisien comme patron de bar à Patong (en Thaïlande où il habite), enfant du punk, enfant terrible du rap, rockeur, anarchiste. Rappeur, pour résumer. Unique, pour sûr. Trouvez-en un autre dans son genre, et l’addition est pour nous : entrée-plat-dessert !

À 48 heures de son concert parisien à La Cigale, Seth débarque dans notre studio photo portant chemise de bûcheron et Timberland montantes (noires, s’il vous plaît). Pressé. Un autre rappeur, Kaaris, l’attend dans un entrepôt de la banlieue parisienne pour une transaction. Artistique : mettre en images leur titre C’est pas pareil. Une œuvre débordant de paroles explicites comme le clip le sera de figurantes pulpeuses. On ne se prive pas de vidéos dans le « rap game ». 

Une playlist punchy concoctée spécialement pour The Red Bulletin !

Seth Gueko, Nicolas Salvadori dans le civil, y est arrivé en 2009 avec son album La Chevalière, et sortait alors déjà du lot. 2017, quatre albums plus tard, il fait rayonner son album Barlou, sur lequel il apparaît looké comme Bronson, célèbre taulard-castagneur anglais. Du punch aux punchlines. Ses saillies verbales, sans aucun filtre, ni la moindre once d’auto-censure, ses personnages décalés, à contre-courant, sur chaque album, c’est pour cela qu’on aime Seth Guecko (nom du perso de George Clooney dans le film sanglant Une nuit en enfer). Son art se prend en pleine face, comme une bonne série B, et on en redemande. Seth est apprécié et décrié pour les mêmes raisons, c’est un fait, mais nous voulions revenir à la source. Savoir ce qui avait construit ce personnage rare de 36 ans et ses rimes cinglées. On en retiendra l’importance d’avoir des frères qui ont voulu être différents du reste. Et de faire pareil. 

© YouTube // Seth Gueko

THE RED BULLETIN : Il est rare d’être face à un personnage multiple, comme vous. On ne sait par où vous aborder.

SETH GUEKO :
 J’ai plusieurs casquettes, qui sont l’entité d’un seul et même personnage. Rappeur, c’est juste une facette d’un personnage complet. Multifaseth. Antifaseth. C’est l’anti-facette, tu vois ? À la base je suis un plaisantin, un vanneur un peu hors pair. 

Ça vous vient d’où ?

C’est un art qui se développe en cité. D’autant plus quand tu es blanc, entouré de rebeus et de renois. Dans chaque cité, t’as une famille de blanc, plus ou moins, et c’est tombé sur moi. Comme un rebeu ou un renoi doit faire ses preuves deux fois plus pour être pris dans un boulot, quand tu es en « téc’ » (cité, ndlr), c’est la même pour le blanc. Du coup j’ai appris à affûter la lame de la « gaze », de la vanne, de la punchline, attirer l’attention sur moi… Déjà tout petit… Je pense que tu nais « star », que tu as ce truc en toi, tu as envie que tout le monde t’écoute, te regarde. Mais j’étais super timide, en fait…

Vraiment ? Timidité et Seth Gueko, ça semble incompatible !

Si, si, alors pour combattre la timidité, avant que les gens s’intéressent à moi… (il marque un temps d’arrêt) avant qu’on me convoque au tableau, j’avais fait tellement de boucan que le professeur ne voulait même plus m’appeler au tableau. J’avais trouvé cette carapace. Pour que personne ne me gaze, j’avais déjà vanné tout le monde. Je me suis entraîné pour être le meilleur des vanneurs.

La science du metal

Satanistes, incultes, oisifs les hardos ? Que dalle ! Avec ses études sur les festivaliers du Hellfest, le sociologue Christophe Guibert explose vos - nos - idées reçues sur les headbangers. The Red Bulletin, le magazine des hommes d'action !

Il fallait « pulvériser » les potes pour qu’ils n’aient plus rien à dire ?

Exactement !

À quel âge vous êtes-vous lancé dans cette course à la vanne, avez-vous commencé à envoyer la punchline qui tue ?

Vers mes 12-14 ans, j’ai commencé à m’entraîner, et à partir de mes 15-17 ans, c’est là que mes rimes assassinent.

Vous vous êtes entraîné à vanner ?

« Il y a tellement de références, de films, de livres, de philosophes, tellement de trucs… Ma culture ne tourne pas autour d’une chose unique. »


Oui, je me suis entraîné longtemps (rires). Avec un dictaphone… Même pour parler aux nanas, tu vois ? « Il faut que je lui dise ça, que je la drague de telle manière… » Je répétais mes speeches tout seul devant ma glace, je faisais mes petits one man show. Ensuite, mon premier auditoire, ça a été les mecs de la cité. Aujourd’hui, il y a un gros mouvement barlou, un truc que j’ai un peu créé. Il y a des gens qui se rallient à la cause de plus en plus, ça butte.

La cause de la punchline labellisée Seth Gueko ?

Faire rire, la déconne. Déconnage immédiat ! Boeing 747 Gueko !

Cette déconne, vous l’avez tout de même transformée en art !

C’est parce que j’ai eu la chance d’avoir des grands frères qui m’ont transmis une culture.

Quelle culture ?

La culture punk. Tu vois mon tatouage Bérurier noir (référence de la scène punk française des années 80, ndlr) sur la main ? Mes frères écoutaient ces groupes punk français, les Béru, les Ludwig von 88, OTH, Parabellum, La Souris déglinguée…

Seth Gueko

«  Ma punchline favorite ? t’en citer une, ce serait en tuer mille. Il y en a trop  !  »

Vous écoutiez ce genre de musique à 12 ans ?

À 12 ans, j’écoute Cop Killer de Body Count et Ice-T (le rappeur californien Ice-T a monté un groupe de metal dans les années 90, connu pour son titre polémique Cop Killer, ou « tueur de flic », ndlr). Quand j’arrive au collège, les petits rebeus et renois me demandent « t’écoutes quoi dans ton walkman ? », et quand je leur fais écouter, « oh, il écoute du rock ! », mais ils ne savaient même pas ce que c’était, « ça s’appelle tueur de flic ! ». J’étais dans le futur de « ouf » déjà. C’était la rentrée en sixième, je m’en rappelle. Avant ça, en CM2, je pars en classe de neige avec Le monde de demain, le premier maxi de NTM. Et mes frères, eux, écoutent les Sex PistolsThe ClashRamonesThe Exploited… Punk’s not dead!

Baigner dans cette culture, faite de hip-hop et de punk, ça vous a apporté quoi, artistiquement, humainement ?

Finalement, c’est le courant alternatif du punk qui passe le relais au rap. L’utilisation des boîtes à rythmes par les punk français comme les Béru, les paroles anti FN, ce sont les prémices du rap français. On parle des classes prolétaires, de marginalité, de rébellion, des réfractaires au système, des rebelles qui chantent un message anti-police, anti-armée, anti-lobotomie, avec tous ces gens sous tranquillisants dans des hôpitaux psychiatriques. Le message est lourd de force ! Ce sont eux les premiers rappeurs.

© YouTube // 3voor12

Chez les punks français comme chez les premiers rappeurs français, il y a un autre point commun : leur approche humoristique. Seth Gueko est un colosse d’humour.

Au début, dans le rap français, l’humour ne se développe pas trop, cette approche je l’ai sentie pour la première fois avec le groupe IAM, l’album Ombre est lumière, quand ils faisaient des déconnes. Le rap reste super sérieux. C’est pour cela que quand j’arrive avec mes trucs tellement hardcore, les gens comprennent que je suis dans la déconne, c’est une surenchère de fou, de la « métagore », des trucs ultra-abusés.

C’est important d’aller plus loin que les autres, de pousser ce concept de la rime qui choque ? L’auditoire doit comprendre que c’est du décalé ?

C’est du cinéma. Pour faire un bon film d’horreur marquant, tu dois trouver les nouvelles morts pas encore montrées, pour que les gens se disent « ouah » ! C’est pour cela que la série des films Saw, ou les Destination finale ont si bien marché : parce qu’ils montraient des concepts de nouvelles morts, de nouvelles façons de mourir à l’écran que personne n’avait vues.

«  Pour que personne ne me gaze, je me suis entraîné à devenir le meilleur vanneur.  »

Une surenchère ?

Une surenchère de la mort ! Mes punchlines, c’était pareil.

Pourtant, au départ, elles vous servaient aussi à draguer des filles…

C’est un travail de séduction ! Séduire les gens pour qu’ils t’apprécient, pour être le gendre idéal. Si j’arrive chez ma copine avec ma petite dégaine de mec de cité, il faut bien que j’arrive à séduire les parents. Il faut être accepté, car c’est dur d’intégrer des groupes. Tu as envie que les gens t’aiment bien, donc la première image que tu donnes de toi, c’est important. On est dans la séduction permanente. Je veux séduire mon public, je veux séduire les médias… ou ne pas séduire, car je peux aussi me mettre dans une carapace, « fuck, je m’en fous de les séduire, accepte-moi comme je suis ». Dans ce cas, tu agis d’abord en caméléon qui se fond dans la masse, et tu peux détruire le système de l’intérieur.

Mais vous avez monté votre concept à un tel niveau que vos fans ne se contenteront pas d’un Gueko « tiède »…

Ça me challenge !

Comment fait-on pour ne jamais être à court de bonnes punchlines, toujours plus lourdes, de bonnes rimes ? La source Gueko ne se tarit donc jamais ?

Il y a tellement de références, de films, de livres, de philosophes, tellement de trucs… Ma culture ne tourne pas autour d’une chose unique. J’ai la chance de pouvoir aller puiser dans le punk, dans le Professeur Choron. Plus jeune, je lisais Fluide Glacial, Psikopat, les enfants ne lisaient pas ça, ils lisaient Tintin. Je lisais Mad Movies, L’Écran Fantastique, c’était très riche. Et comme beaucoup de gens ne connaissent pas tout ça, je pouvais même reprendre une punchline de quelqu’un, la remettre dans un texte et faire ça pendant des millénaires, puisque personne ne connaissait la source. Je la donne la source, car je suis là pour transmettre de la culture, faire partager aux gens les choses que, par chance, mes grands frères m’ont transmises. Les jeunes d’aujourd’hui n’ont peut-être pas de grands frères…

Seth Gueko

SOA au ventre : pour sa ville, Saint-Ouen-l’Aumône.

Ils sont tous branchés par les mêmes trucs, ont les mêmes références ?

C’est une culture à la mode de l’anti-culture. C’est la mode finalement. J’aime bien quand les choses ont un historique, un début et tout. Aujourd’hui, les gens se lancent dans le rap et ne connaissent pas l’histoire du rap. Quand je me suis lancé, je ne pouvais pas ne pas connaître la discipline de A à Z. Aujourd’hui, les gens qui rappent peuvent ne pas connaître Seth Gueko.

Ils devraient ?

Oui, c’est sûr. Tu peux ne pas aimer, mais tu ne peux pas dénigrer le travail, et la recherche.

C’est important, dans toute activité ou projet d’avoir scanné ses fondations, de connaître ses bases ?

C’est obligé. Pour être le meilleur, tu dois au moins connaître l’ennemi. C’est une arme en plus.

«  Crêtes, rats sur l’épaule, Dr. Martens, perfectos… mes frangins étaient des punks  !  »


Votre arme en plus, ça a aussi été cette culture à 360 °, alternative, trash…

C’est un atout ou pas, parce que finalement, ça ne m’ouvre pas les portes d’une musique qui se développe aujourd’hui, qui part dans la Lambada, la Soca Dance. Mon courant, c’est plus du rock, du rap’n’roll, du rap alternatif, du hard metal rap… J’ai plein de définitions, c’est du rap acrobatique (rires) ! Ça me ferme des portes, ma musique reste donc underground.

Seth Gueko n’était donc pas destiné à être apprécié du plus grand nombre, à devenir « mainstream » ?

À quoi bon courir après un disque d’or si ça ne doit être que des gamines de 14 ans qui t’écoutent ? Mon public, ce sont des trentenaires qui m’écoutent depuis 10 ans, et si tu vois des gamins à mon concert, c’est qu’ils sont venus avec leur père. Leur père leur aura transmis la culture. Là, je suis bon. Faire la tournée des zéniths remplis de gamines, je ne kifferais pas faire ça. Je préfère être le roi de l’underground. Rester fidèle à ce que je fais.

Quitte à gagner moins d’argent ?

Moi aussi, j’aimerais bien sauter des nanas après des showcases dans des bars à chichas et prendre 10 000 euros en liquide payés par le mec qui blanchit son argent dans ce bar. Mais je vis mon truc, real till I die (authentique jusqu’à la mort, ndlr). Comme je suis entre la Thaïlande et la France, je fais mon Van Damme, mais laisse-moi te dire un truc : mo money, mo problem, frère. Tu vois ce que je veux dire ? Je ne fais pas le mec qui roule en Ferrari, ce n’est pas ce que je prône.

Que prônez-vous, alors ?

Je préfère parler des Harley, des mecs en caravanes, des trucs différents, atypiques, mais riches.

Toujours cette approche alternative qui vous colle à la peau. Elle s’est exprimée ailleurs dans votre carrière ?

Quand je fais une tournée, je passe par les réseaux alternatifs, je vais aussi dans des salons de tatouage, des magasins skate…

Vous faites vraiment ça ?

Oui ! Je reviens de Bordeaux, où j’étais dans le magasin d’une marque de streetwear française historique, Wrung. La veille, j’étais dans un salon de tatouage à Bruxelles. Et juste avant, dans une boutique de bodybuilding. J’y rencontre les gens, mon public, j’y fais des dédicaces.

C’est important d’être au contact de votre public ?

La fan base est là, ça tue. Le public a un contact direct avec l’artiste, il y a une proximité. Le mec me dit que c’est son rêve de faire une photo avec moi, mais encore mieux, il aura un câlin, une tape dans le dos, je vais le charrier, je luis sors deux ou trois vannes. Il rentre chez lui content, avec des étoiles plein les yeux et du sperme plein les cheveux (rires)

Les gens qui vous écoutent sont divers ?

Ils me ressemblent. Ils ont les mêmes références, ou bien ils se sont dit « si Seth parle de ça, je vais me renseigner pour voir d’où ça vient ». Aujourd’hui, il y a Google ! À l’époque, moi j’avais Tout l’Univers, les encyclopédies, des dictionnaires. Là, je te balance un mot, le nom d’un acteur, d’un personnage de série, tu peux taper sur Google en te disant « si Seth Gueko en parle, c’est que c’est bien ».

Votre auditeur s’intéresse, s’informe, s’ouvre culturellement grâce à vous ?

C’est ça que j’adore. J’ai envie de redonner aux gens la culture que l’on m’a transmise.

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Comme vos frères l’ont fait avant vous. Combien en avez-vous, et que pensent-ils de ce que vous faites ?

J’en ai quatre, ils sont choqués. Pourtant, ils étaient punks. Ils marchaient avec des Perfectos, des rats sur les épaules, ils avaient des crêtes, ils portaient des pantalons à carreaux, des Dr. Martens, c’était des OVNI dans la ville. D’autres étaient chasseurs de skinheads. C’était une famille atypique. Moi j’étais le petit qui mettait des survêtements Lacoste, le mec de cité. Mais comme on dit, « chassez le naturel, et il revient au galop », tout ressort maintenant, en fait.

Vous êtes leur Frankenstein, en quelque sorte ?

C’est ça ! On s’éclate plus à regarder un film de Bernard Blier ensemble que des trucs qui passent à la télé. C’est de famille. Quand mon fils est avec ses oncles, il écoute leurs trucs. Mon fils connaît les Beastie Boys (célèbre groupe américain de rap « blanc » issu du punk, ndlr). Qui connaît les Beastie Boys à 15 ans ? Si tu ne l’apprends pas, tu ne connais pas.

Vous vous êtes surnommé « Professeur Punchline » sur votre précédent album. Alors, Professeur, une punchline, ça se bosse comment ?

Elle arrive spontanément. Je n’essaie pas d’en faire. Mes potes explosent de rire, « note-le ça, c’est trop drôle ce que tu viens de dire » ! Alors je le note dans mon téléphone. Mais le téléphone, ça m’a perdu, je ne connais plus mes textes par cœur. Tu pianotes, ce n’est pas pareil que le contact du papier, de la feuille : rayer, réécrire, parce que la phrase n’a pas la bonne tournure, la voir, la repasser dix fois, prendre une autre feuille, quelque chose de mnémotechnique.

Seth Gueko

Gore, anarchie, punk, rock, hip-hop et icônes religieuses héritées de sa mère : c’est tout Seth Gueko qui se lit sur sa peau encrée. 

Vous filtrez vos paroles ? « Celle-là est sortable, celle-là ne sert à rien »…

Elles sont toutes sortables, mais il faut les retravailler, trouver le moment où elles fonctionnent. Ça démarre d’une idée. J’ai l’idée, mais je n’ai pas encore trouvé la façon dont elle rebondit. Je dois l’affiner, la triturer. Parfois, elle sort impeccable, on a le bon nombre de syllabes, les bonnes respirations.

«  Mon courant, c’est du rap’n’roll, du rap alternatif, du hard metal rap  !  »


Vos textes sont vraiment explosifs, no limit. Vous devez parfois vous dire « mais où est-ce que j’ai trouvé ça »?

(rires) Ouais, des fois, en réécoutant de vieux titres, je me dis « ouah, quand même ! ». Je me surprends. Il y en a trop ! J’ai sorti 10 disques, il y a 20 morceaux par disque, sur chaque morceau tu dois avoir 16 mesures, ça fait 50 phrases écrites dans cet esprit-là, par morceau. Quand on me demande ma punchline préférée, si j’en désigne une, j’en enterre mille.

Il y aussi celles écrites sur votre corps, ces dizaines de dessins sur votre peau. Ce « punk’s not dead » dans votre cou, par exemple, il est particulièrement important ?

Ouais, ça c’était écrit dans la chambre de mes grands frères. C’était la Mecque du rebelle ! Mon père était peintre-décorateur, alors il leur avait fait une déco de fou, le drapeau anglais, un Sid Vicious avec un couteau dans la bouche, des palissades, le ciel… Comme on était au deuxième étage, tout le monde dans la cité pouvait la voir en passant. C’était un musée le truc ! En fait, avec mes tatouages, je me suis dit que j’allais reproduire des choses qu’il y avait dans cette chambre qui m’ont marqué. 

© YouTube // neochromeprod

Comme ce « bad cowboy » dans votre dos ?

Non, en fait, c’est mon virage en Thaïlande. Ça illustre la manière que j’avais de barouder dans la ville, un peu bourré. J’étais un cowboy des temps modernes, un cowboy avec un look d’indien, un truc improbable (rires). Ça me permet de visualiser quand je me baladais, là-bas, en jeans et en santiags, avec une bière à la main. Les motos chopper que j’ai conduites. Ces chevaux de fer.

Chacun de vos concepts, de vos personnages, tout comme vos attitudes, sont totalement assumés ?

Oui, parce que tout ça, c’est moi. Tous ces persos que j’ai déclinés. Le Fils de Jacques Mes’ (pour Mesrine, ndlr), c’est un barlou. Les gitans, c’est des barlous. Le Bad Cowboy c’est un barlou des temps modernes. Un punk des temps modernes, si tu préfères.

On en revient toujours à vos punks de frères, finalement…

Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes, c’était un film avec la troupe du Splendid ! Et bien tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des grands frères punks ! J’en ai créé un truc artistique, un rap hybride, qui me permet de vivre depuis 15 ans en mode Highlander.

Toujours près de vos barlous ?

Toujours près du matelas, au cas où je tombe. Un matelas de chair. Mais pas Thatcher. 

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04 2017 The Red Bulletin

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