New Beat Fund

Un pur jus de Californie

Entretien : Florian Obkircher
Photo : Dustin Downing

Arrêté par les flics et parfois victime de pluie d’objets sur scène, le groupe US inventeur du G-punk a une vie chaotique en tournée. Pour son grand plaisir. 

Ils viennent d’enchaîner 20 concerts en 26 jours et se préparent à remonter 11 fois sur scène au cours des deux prochaines semaines. Mais ça va. En première partie du duo rap-rock Aer, le New Beat Fund retrouve Los Angeles et ses racines, au cœur de sa première tournée US de l’année. Ces garçons ne sont pas trop marqués. La vingtaine insolente, ils rient de leurs blagues et sont synchrones quand il s’agit de suivre du regard les filles qui passent dans la rue.

« C’est rare d’être en tournée, assure Jeff Laliberte, mais c’est bon de retrouver la maison. Je pense qu’on est mieux compris ici que dans beaucoup d’endroits des USA. » C’est l’expérience qui fait parler le Californien. Depuis plusieurs mois, son groupe arpente les routes américaines pour assurer la promotion de son EP, CoiNz ($), un cocktail survolté de guitares jingle-jangle, d’électro joueuse et de mélodies acidulées. Bien que vagabonds depuis quelques mois, les NBF ont réussi à enregistrer leur nouvel album, à paraître le 16 octobre. 

THE RED BULLETIN : L’an dernier, vous avez tourné avec Blink-182. Comment c’était ?  

JEFF LALIBERTE : Notre premier show, c’était dans le New Jersey. La salle était pleine et on se pissait un peu dessus de trouille. On a débarqué sur scène, tout le monde nous huait. Ils ne voulaient pas de première partie. 

MICHAEL JOHNSON : Ils n’avaient jamais écouté notre musique et ils n’en avaient rien à foutre. Mais, à la fin de notre set, le public s’était réchauffé. Jouer avant Blink 182, c’était difficile parce que c’est un super groupe, et il faut se battre pour avoir un peu d’attention. 

JL : On a lu que les Red Hot Chili Peppers se faisaient huer quand ils jouaient en première partie des Rolling Stones. Quand on sait ça, on se dit : « Cool, ça nous est arrivé aussi ! »  

MJ : Une tournée, ça endurcit le cuir. On prend l’habitude de se produire devant des gens qu’il faudra bien convaincre. 



Vous passez votre temps sur la route. Comment gérez-vous la promiscuité ? 

MJ : On se réjouit de jouer chaque soir dans une ville différente, avec l’envie de produire un show qui déchire. C’est une bonne compensation. Après, il faut apprendre à gérer les pets des autres. En fait, on se défonce au pet de l’autre. 

JL : On est dans la routine du voyageur. Mais chaque jour est totalement différent, donc c’est cool. On voit de nouvelles têtes, on vit de nouvelles expériences. 

MJ : Des expériences brutales, même. Comme quand notre van est tombé en panne au milieu de l’Iowa en plein hiver, et qu’on se demandait comment on allait pouvoir rejoindre la salle de concert. Ce sont tous ces trucs tordus qui font qu’une tournée est un plaisir. 

« Notre musique est à mi-chemin de tout ce qui nous a influencés.
On appelle ça le G-punk ghost rock » 
Michael Johnson

Cela fait partie des meilleurs souvenirs du groupe ?

SHELBY ARCHER : Exactement ! C’est comme lorsqu’on s’est fait arrêter dans le Nebraska il y a cinq ans ! 

New Beat Fund

© Foto : Getty Images

Pourquoi avez-vous été arrêtés ?  

SA : Possession de choses, et ça a mal tourné. Les hippies de Californie ont mal tourné. Mais il faut dire qu’on est des cibles faciles. 

JL : On a été traités comme un cartel de la drogue. 

SA : On a passé la nuit dans une cellule. En même temps, on était vraiment défoncés et paranos. C’était le pire moment d’entre tous. Mais, avec du recul, c’était à mourir de rire. 


Vous décrivez votre style comme du G-punk. Qu’est-ce que c’est exactement ? 

JL : Il y a beaucoup de choses à exploiter du fait d’avoir grandi en Californie. D’un côté, on a été nourris par le G-funk de Dr Dre et le gangsta rap de la côte ouest, et de l’autre par le punk-rock de Blink 182, de Green Day, AFI et Rancid.  

MJ : Notre musique est à mi-chemin de tout ce qui nous a influencés. On appelle ça le G-punk ghost rock.


Si votre album était une pizza, quels en seraient les ingrédients ? 

JL : Ce serait sans doute une pizza avec des suppléments, avec tout ce que vous pouvez imaginer comme garniture. Mais parfaitement cuite. C’est ça qui crée le sens de ce qu’on fait, avec un mix qui va du reggae au punk, en passant par le hip-hop. 


Une simple margherita, ce n’est pas mieux parfois ? 

JL : Si vous voulez juste kiffer sur la pâte, écoutez The xx. Mais si vous voulez plein de bonnes choses dessus, écoutez ce que nous faisons. 

NEW BEAT FUND

Formation
Michael Johnson – precus
Jeff Laliberte – voix, guitare
Shelby Archer – guitare
Paul Laliberte – basse

Discographie
Premier LP – 2014
CoiNz ($) – EP, 2013

Dix ans à LA
Les membres du groupe sont des amis d’enfance. Ils ont joué dans différents groupes 10 ans durant à Los Angeles. En 2012, ils ont lancé New Beat Fund pour se retrouver tous les quatre. Histoire d’essayer « quelque chose de différent ». 

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09 2014 THE RED BULLETIN france

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