Skydiving am Mount Everest

En parachute au-dessus de l’Himalaya

Photos : Paul-Henry De Baere 

Accédez au camp de base de l’Everest, par dessus. Un saut en parachute s’effectue généralement à 4 000 m d’altitude mais avec un aéroport situé à 3 800 m au-dessus du niveau de la mer que l’on atteint au bout de trois jours d’ascension et d’acclimatation, cela oblige à aller encore plus haut pour sauter, à 7 000 m, avec une vue imprenable sur la plus haute montagne de la planète. Une aventure ouverte à tous, même aux débutants. Si, si.

«L’Everest, Sagarmatha en népalais ou Chomolungma en tibétain, désigne en réalité le nom d’une déesse protectrice des hommes et de la terre. Lorsque nous la foulons, nous lui rendons hommage pour la bienveillance qu’elle accorde à nos actions », explique Tom Noonan, instructeur en chef chez ­Everest Skydive. L’homme sait de quoi il parle. Depuis neuf ans, il consacre sa vie à cette montagne, période au cours de ­laquelle il effectue plus de 120 sauts de parachute sans le moindre incident au-dessus du relief colossal. 

Visiblement Sagarmatha lui porte chance. Cela n’a pourtant pas toujours été le cas, notamment à son arrivée en 2008. « Nos blousons portaient l’inscription ­Everest Skydrive et non Skydive parce qu’avant notre arrivée, les Népalais n’avaient jamais entendu parler de saut en parachute. »

© Youtube // Explore Himalaya

Cliquer pour lire la suite

Moins d’un an après son lancement, la compagnie basée en ­Angleterre met la clé sous la porte. Mais au lieu de retourner chez lui, Noonan ­s’associe avec les meilleurs éléments de son équipe et monte une nouvelle société, népalaise cette fois.

« C’est une manière pour nous d’œuvrer pour un tourisme d’aventure socialement responsable. »


« Les propriétaires des avions utilisés sont népalais tout comme les pilotes. Nous formons trois guides locaux à sauter en solo, et cent pour cent des ­profits restent dans le pays, explique-t-il. Une manière pour nous d’œuvrer pour un tourisme d’aventure socialement ­responsable. » 

Les Népalais y voient un bon karma. 

Et ce type d’aventure en a bien besoin, à commencer par l’aéroport de ­Syangboche niché à 3 780 mètres. « Nous décollons à une altitude où normalement les ­parachutistes sautent de l’avion, précise Noonan. L’accès par les airs n’est pas une option car l’acclimatation à la haute montagne doit être progressive, une ascension à partir de 2 600 m s’impose. Par ailleurs, la météo varie d’une heure à l’autre. Il peut neiger puis faire 26 °C. Et quand la montagne s’entête, ­impossible de sortir. » Pas de saut sans conditions optimales. « Sur l’Himalaya, les variations d’altitude et de topographie ne permettent pas de sauter à pic et il est essentiel d’atteindre un point de largage sûr en tenant compte des ­courants aériens. » 

Skydive Mount Everest
Parole de pro
« Les parachutistes connaissent l’hypoxie légère, une carence en oxygène sans conséquence pour la santé. Mais à altitude ­extrême, un masque à oxygène est nécessaire. Sans quoi on risquerait de perdre ses facultés cérébrales. »
Tom Noonan, instructeur en chef chez ­Everest Skydive

Pour un saut en solo, une expérience d’au moins 200 sauts est requise, mais pour un baptême en tandem il suffit d’une bonne forme générale, de peser moins de 95 kg et ne pas avoir de métal dans le corps (un atterrissage brutal peut endommager des vertèbres en cas de fusion de la colonne).

« Chaque année, des milliers de randonneurs gagnent le camp de base, mais aucun n’admirera l’Himalaya comme avec nous, à savoir depuis le sommet sans avoir à l’escalader, assure Noonan. Vous débutez par une chute libre face à de ­gigantesques monolithes, puis le parachute s’ouvre, le grondement de la vitesse cède alors au calme plat et vous volez en admirant la face sud de l’Everest… Un plaisir renouvelé à chaque saut. »

Skydiving Abenteuer Mount Everest

Il faut aussi en avoir les moyens.

Deux sauts en solo coûtent 20 000 euros. De quoi s’offrir bien d’autres aventures uniques.

L’ART DE LA CHUTE
 
De quoi tomber à la renverse.
Cliquer pour lire la suite
11 2016 The Red Bulletin

Article suivant