mike horn south pole

À la rencontre de Mike Horn, le plus grand explorateur vivant

Texte : Chris Brinlee Jr.
Photo : Inkwell Media & @mikehornexplorer 

L’explorateur de nationalité suisse et sud-africaine s’attaque à la traversée de l’Antarctique en solitaire. Son équipe effectuera un trek de 6 400 km jusqu’à Perth (Australie) pour le rejoindre à l’autre bout du pôle. 

À l’heure où vous lisez ces lignes, l’explorateur Mike Horn a entamé son voyage épique  à travers l’Antarctique en solitaire et sans assistance. Nous publions ci-dessous nos derniers échanges avec lui et cinq vidéos.

DÉBRIEFING 1 : LE CAP

Comme globe-trotter Mike Horn n’a pas son pareil. Il est le premier à avoir réalisé le tour du globe le long de l’équateur, en totale autonomie et sans engin motorisé. Il récidive ensuite avec le tour du cercle polaire arctique toujours sans véhicule motorisé. En 2006, il innove à nouveau en compagnie du Norvégien Børge Ousland en se rendant au pôle Nord en plein hiver, durant la nuit polaire, encore et toujours sans aide motorisée. 

Horn gravira à cette occasion deux sommets de 7 925 m d’altitude sans apport d’oxygène dans ce qui était censé être une petite virée en attendant sa prochaine expédition. Une vie à rendre envieux le plus exaltant des hommes. À ce jour, Horn est dans les temps pour parcourir le globe du Nord au Sud en moins de deux ans, objectif de l’expédition Pole2Pole (trad. de pôle à pôle). Après le coup d’envoi à Monaco le 6 mai 2016, Horn a passé ces derniers mois à gagner le grand Sud par l’Afrique, à bord du Pangaea, son deux-mâts custom de 35 mètres.

DÉBRIEFING 2 : AU CŒUR DE L’OCÉAN AUSTRAL


Deux semaines après avoir quitté le Cap, Mike Horn et son équipage ont pris leurs habitudes à bord du Pangaea, une routine qui cependant évolue régulièrement sous l’effet des conditions dynamiques rencontrées en leur itinéraire vers l’Antarctique à l’extrême sud du globe à bord d’un voilier à la taille relativement modeste.

Le premier jour de mer fut typiquement agité pour la région. Ballottés par les vagues, les membres de l’équipage tout comme notre photographe, ont longtemps souffert du mal de mer avant la mer ne retrouve son calme et permette à chacun de reprendre pied. Poussé par des vents favorables, à deux degrés le long du méridien origine, le voilier accumule inlassablement les miles nautiques, jusqu’à 240 par jour. 

Une équipe de trois skippers, trois matelots, et Horn se relaient à la barre. Parallèlement, ce dernier poursuit ses préparatifs de la traversée de l’Arctique en solo via le pôle Sud d’inaccessibilité – mettre au point le système de voiles qui le propulsera sur ses skis, tester l’équipement vidéo et le système de communication par satellite indispensables pour partager son aventure avec les internautes. 

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Au passage des quarantièmes rugissants et cinquantièmes hurlants, l’expédition est gratifiée d’une météo inhabituellement clémente. Puis, au 57e degré sud les premiers blocs de glace font leur apparition obligeant l’équipage à changer de mode de navigation en délaissant la voile pour une propulsion via les deux moteurs Mercedes BlueTec 6 cylindres de 550 chevaux.

De quoi assurer un contrôle plus réactif du bateau et le transformer en brise-glace lorsqu’à certains endroits il faut forcer son chemin à travers une banquise hostile et souvent imprévisible.

Cette même banquise contraint l’équipage à se réorganiser, en premier lieu les matelots. Désormais c’est perchés sur le mât à 38 m au-dessus du pont qu’ils doivent assurer leur quart. 

Exposés à un vent glacé avoisinant les -20°, ils guident le barreur par radio à travers les blocs de glace et les obligeant à s’équiper de bottes, de gants et de masques de ski pour éviter l’hypothermie.

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Sans surprise, l’apparition de la banquise coïncide aussi avec l’allongement des jours, signalant l’approche rapide de l’été dans l’hémisphère sud.

Le soleil se lève à 4 heures du matin et se couche vers minuit allongeant chaque jour un peu plus la fenêtre de navigation du Pangaea.

Mais pour que l’allongement du jour soit un avantage encore faut-il que la banquise reste navigable. De fait, à au moins une occasion, le Pangaea a dû s’immobiliser totalement en début de soirée lorsque la glace est devenue trop épaisse pour être brisée.

À présent, seuls quelques miles séparent le navire de l’Antarctique et l’aventure n’en est qu’à ses prémices au moment où l’équipage s’apprête à accoster un continent encore mal connu.

DÉBRIEFING 3 : L’ANTARCTIQUE EN VUE

Mike Horn aime comparer le Pangaea, son voilier de 35 mètres, à un 4x4 des mers. À son bord, l’explorateur a accompli 12 voyages autour du monde, atteignant les endroits les plus reculés et les moins accessibles du globe. L’expédition de pôle à pôle en Antarctique est dans le même esprit. Les îlots de glace encerclant le continent s’étendent jusqu’à 1600 km des côtes. Pour se frayer un chemin jusqu’à ces zones réputées hors d’atteinte, Horn se sert des 120 tonnes du Pangaea, de sa coque en aluminium spécial et des deux moteurs Mercedes BlueTec de 550 chevaux pour briser la glace aux forceps, sans assistance extérieure.

Ci-dessous le débriefing vidéo de Mike Horn depuis l’océan austral, cap sur l’Antarctique !

DÉBRIEFING 4 : LA BARRIÈRE DE L’ANTARCTIQUE

Après des centaines de kilomètres à travers la glace, Mike et son équipage accostent enfin en Antarctique. Mais au moment où vous visionnez cette vidéo, Mike a entamé seul sa traversée du pôle Sud, progressant en moyenne de 25 km par jour avec au menu : escalades de glaciers et conditions météo extrêmes au fin fond du globe.

Le débriefing vidéo est ici !

 

DÉBRIEFING 5 : MIKE SEUL FACE À L’ANTARCTIQUE

Mike Horn : « Après avoir couvert 45 km, je mets enfin la tête sous la tente tard dans la soirée. Je suis à mi-chemin de la zone montagneuse, en pleine ascension d’un glacier abrupt truffé de crevasses et où les ponts de neige compacte sont rares. J’ai dû ralentir la cadence après être passé à travers l’une d’elles, du coup je me sens comme un chat à huit vies perché à 2 045 m d’altitude – position GPS : S 71 53 357 E 10 07 742. J’ai pris quelques clichés que je posterai demain par manque de force. Tracter le traîneau sur 500 m de paroi m’a éreinté. Je lutte pour garder les yeux ouverts. »

Suivez l’expédition de Mike Horn par satellite !

2 ANS, 38 625 KM ET 6 CONTINENTS

La protection de l’environnement et l’éducation sont également au cœur de l’expédition Pole2Pole. Le Pangaea sert de plate-forme à plusieurs programmes de recherches incluant le marquage de requins près du Cap, la collecte et l’analyse de déchets dérivants et le prélèvement d’échantillons d’eau et de glace en Antarctique.

Horn est maintenant sur le point d’entamer la deuxième étape de son aventure : relier le Cap à la baie de Erskine en Antarctique où il parcourra seul le continent de glace de bout en bout par le pôle Sud d’inaccessibilité, le point le plus difficile d’accès et le plus isolé. Une étape qu’Horn prévoit d’accomplir en quatre mois. Le Pangaea l’attendra à l’autre extrémité pour le deuxième volet de l’expédition.

Let the wind take you where you're meant to go! #Pole2Pole #MikeHorn 📸 @bishopjosh

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Le Pangaea

Le Pangaea qu’Horn compare à un 4x4 des mers, est un deux-mâts de 35 m de long, conçu sur mesure avec deux impératifs majeurs : pouvoir naviguer aisément sur des rivières tropicales peu profondes et briser la glace de la banquise, deux exigences satisfaites grâce à une coque en aluminium robuste et un gouvernail rétractable.

D’une capacité d’accueil de 30 passagers, le bateau possède une autonomie en mer de six mois assurée par la combinaison de voiles high-tech, de moteurs Mercedes BlueTec et une gestion de pointe des ressources incluant des systèmes de recyclage et de dessalinisation de l’eau.

Sur les traces de Horn

Chaque semaine, des débriefings live sur Facebook font le point sur de la progression de l’expédition avant que Mike ne se lance en solo à travers le continent le plus au sud de la planète.

Intégré à l’équipage du Pangaea, le voyageur et écrivain Chris Brinlee Jr. couvrira pour nous les deux mois de la traversée océanique et la préparation de Horn en vue de son étape en solitaire.

Retrouvez tous les débriefings de l’équipage sur Pangaea Tracking.

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02 2017 The Red Bulletin

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