tommie Sunshine

Tommie Sunshine : gourou de l’EDM 

Texte : Andreas Tzortzis
Photos : SHEVIN DISSANAYAKE

Producteur et remixer génial, Tommie Sunshine surfe sur la vague EDM depuis des décennies. Rencontre avec un homme guidé par l’intuition.

Lorsque Tommie Sunshine entre dans une pièce, on se rend compte que ce géant à la chevelure de sirène ne marche pas : il évolue. Avec ses lunettes de soleil vissées à jamais sur son nez, ses chemises à fleur, ses pantalons pattes d’eph’ et ses tee-shirts moulants, on se dit que Mister Sunshine n’a pas dû changer beaucoup depuis cette époque où il écumait les clubs house de Chicago dans les années 80.

Consommateur insatiable de musique électro et de toutes les substances qui vont avec, il s’est fait un nom d’abord comme DJ, puis comme producteur et remixer, jusqu’à devenir indissociable du monde de l’EDM (Electronic Dance Music).

Entre-temps débarrassé de toutes ses addictions, il est aujourd’hui le présentateur extatique et peroxydé d’After the Raves un programme à suivre sur Red Bull TV.  

THE RED BULLETIN : Vous racontez qu’un matin, vous vous êtes réveillé quelque part au Pérou et n’avez pas reconnu votre visage dans le miroir. Vous avez alors décidé de tout arrêter d’un seul coup, les drogues et l’alcool. Ça n’a pas dû être simple…

TOMMIE SUNSHINE : Pas tant que ça, parce que j’étais décidé à le faire. Si je ne voulais pas rester un simple DJ camé derrière ses platines, mais parvenir au succès que j’ai aujourd’hui, je devais absolument devenir clean. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, je suis encore là et que j’ai tous ces projets incroyables, notamment ces émissions de télé. 

Tommie Sunshine

Dans l’émission After the Raves, suivez Tommie Sunshine dans son périple sur la planète EDM.

Quel a été le moteur de votre détermination ?

J’ai vu arriver la vague de l’EDM et j’avais deux possibilités : soit je la prenais comme un surfeur et à moi les succès, soit je me noyais dedans et la fête aurait été terminée pour moi, avant même d’avoir commencé.  

Aviez-vous un véritable plan d’action en tête ?

Je n’ai jamais eu de plan défini, jamais. Quand je me lève le matin, je ne sais jamais de quoi ma journée sera faite, mais je reste libre. C’est comme si je surfais les vagues de l’univers : les bonnes choses finissent par arriver. Finalement, peu de gens arrivent à comprendre que la vie est pleine de surprises : des bonnes, comme des mauvaises. 

Tommie Sunshine

On peut dire que vous avez eu le nez creux avec l’EDM. C’est aujourd’hui un véritable business de plusieurs milliards de dollars, avec des DJ’s comme Calvin Harris qui gagnent dans les 75 millions de dollars par an. On pourrait également citer Skrillex, l’un de ses plus notoires représentants.  

Calvin Harris est un gars qui a du talent, c’est clair. Il a fait des tubes, il a rendu les gens heureux, je préfère encore voir toute cette thune dans ses mains plutôt que dans celles d’un promoteur immobilier. Bien sûr, les chiffres qu’engendre l’EDM donnent parfois le tournis, mais pour moi, c’est avant tout une musique qui rend heureux. Tout ce qui compte quand je suis aux platines, c’est de voir les gens s’éclater, les yeux fermés, heureux d’être là. Parce que je sais qu’ils sont en train de vivre ce que j’ai vécu la première fois que j’ai écouté de l’EDM.

Il y a tout de même un certain cynisme dans cette industrie. Comment garder son intégrité d’artiste ? La bonne vibration qui semble vous motiver, malgré l’oseille générée par tout ça ? 

Si j’arrive dans un endroit et que je ne sens pas une bonne énergie, je me casse. C’est ma façon de dire : « Je reviendrai quand vous serez calmés, les gars. » Ça m’est d’ailleurs arrivé de devoir virer des managers, des agents, annuler des contrats de production, et ce n’est pas quelque chose de facile.

tommie sunshine

« Finalement, peu de gens arrivent à comprendre que la vie est pleine de surprises. Des bonnes et des mauvaises. »

Aviez-vous des doutes en prenant ces décisions ?

Il faut avoir une certaine confiance en soi, sinon, c’est tout bonnement de l’irresponsabilité. À chaque fois, je savais que je faisais fausse route et que quelque chose de mieux m’attendait ailleurs. Je crois que c’est d’ailleurs ce qui empêche la plupart des gens de changer quelque chose dans leur vie : ils sont persuadés qu’ils ne peuvent pas faire mieux, ou qu’ils ne méritent pas mieux. J’ai réussi à dépasser tout ça.  

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08 2016 The Red Bulletin

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