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Comment Karim Benzema va faire gagner la France à l’Euro

Texte : Ali Farhat
Illustration : Mega

À quelques mois de l’Euro, l’ambiance n’est pas au mieux autour de l’Equipe de France. Au cœur de la fameuse affaire dite de la « sextape », Karim Benzema n’est plus sélectionnable jusqu’à nouvel ordre. Pire encore : ce fait divers pourrait mener jusqu’à la non-sélection du « meilleurs joueur français » pour la compétition. Un coup dur, oui. Mais qui sait, c’est peut-être ça qui va permettre à l’EDF de remporter le tournoi en juillet prochain. 
Ali Farhat
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Correspondant pour So Foot en Allemagne, gratte en allemand pour 11 Freunde et bavarde sport pour la rédaction francophone de la Deutsche Welle.

Mega
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Après une carrière de DA en France et en Australie, MEGA décide de se consacrer à son amour pour l’illustration, comme pour Complex magazine, Nike ou Volkswagen.

Depuis quelques années déjà, Karim Benzema brille au sein du Real Madrid. 146 buts en 295 matchs avec le club espagnol, cela vous place un homme. En aucun cas Benzema n’a usurpé le qualificatif qui lui est attribué. Mais « meilleur joueur français » ne signifie pas forcément « meilleur joueur de l’Equipe de France ». La dernière fois que Karim Benzema a brillé, c’était certes en Coupe du monde, mais uniquement lors de la phase de poules. Lors des matchs couperets, l’attaquant des Bleus n’est pas parvenu à trouver le chemin des filets. Depuis, il le fait occasionnellement, mais sans vraiment briller. Dur.

Le « meilleur joueur français », Karim Benzema l’est, à n’en pas douter. Mais le « meilleur joueur de l’Equipe de France », au vu de ce qu’il a montré en 80 sélections (25 buts), Karim Benzema ne le sera probablement jamais. Quelque part, tant mieux. Quand on aura enfin compris que l’un ne va pas de pair avec l’autre, peut-être qu’on le laissera tranquille. Et si à cause de cette histoire de « sextape », Karim Benzema ne dispute pas l’Euro, ce ne sera pas la fin du monde.

Des fois, il faut savoir faire des sacrifices, qu’on le veuille ou non. Au crépuscule des années 2000, l’Espagne s’est séparée de Raul, l’un des joueurs les plus prolifiques et les plus importants qu’elle ait connu, l’un de ses plus gros emmerdeurs aussi. Et finalement, c’est sans lui, en 2008, que la Roja remporte son premier trophée majeur depuis les années 60, avant de dominer sans partage le football européen et mondial pendant six ans. 

En France, on a connu pareil cas dans les années 90 : à son arrivée à la tête des Bleus, Aimé Jacquet a tranché dans le vif, et a décidé de ne plus convoquer ni Éric Cantona ni Jean-Pierre Papin, pourtant incontournables à l’époque. Après s’être fait incendier tout au long de son mandat, Jacquet a répondu de la plus belle des manières en 1998, en ramenant au pays sa première étoile.

« Meilleur joueur français » ne signifie pas forcément « meilleur joueur de l’Equipe de France »

Deux ans plus tard, les Bleus faisaient le doublé et remportaient l’Euro organisé en Belgique et aux Pays-Bas. Au final, c’est dans l’adversité que la France s’avère être forte. Quand c’est trop facile, ça ne va pas. La preuve en 2002, où l’EDF s’était pointée avec trois des meilleurs buteurs européens (Henry, Trezeguet, Cissé) et s’était faite sortir au premier tour sans inscrire le moindre but.

Non, ce qui nous anime, nous Français, c’est l’esprit de défiance. Plus c’est dur, et plus c’est bon. C’est pour cela qu’aujourd’hui encore, on nous envie notre Révolution de 1789, au même titre que notre champagne ou que notre foie gras. Karim Benzema, le « meilleur joueur français », risque d’être absent ? Tant mieux. Nos joueurs se battront comme jamais pour ramener le titre à la maison. Tout simplement parce qu’ils partent avec un handicap, et qu’ils n’ont rien à perdre. 

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12 2015 redbulletin.com

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