Séan Garnier

Conquérir une foule en 3 min,
par Séan Garnier

Photo d’ouverture : Yasir Nisar/Red Bull Content Pool

Invité de notre numéro de mars, Séan Garnier est un globe-trotteur du ballon rond. Avec 60 pays visités à son actif, pour des shows de football freestyle et des compétitions, le Français a développé un sens du spectacle unique. Voici ses conseils pour séduire une foule ou une audience en quelques minutes.

« Pour tout projet où vous aurez besoin de vous exprimer devant une audience ou une foule, que ce soit pour une conférence, un exposé ou lors d’une réunion, voici quelques astuces pour mettre les gens dans votre poche en 3 minutes, ou presque.

La première chose, très importante, est de parler le même langage.

Si tu arrives à l’étranger, et que tu dois t’adresser à des gens, ne dis pas bonjour dans ta langue, mais dans la leur. Si tu arrives à dire un maximum de mots aux gens dans leur langue, tu vas les toucher. Dans tous les shows que je fais à l’étranger, j’applique cette règle.

« Si tu arrives à l’étranger, et que tu dois t’adresser à des gens, ne dis pas bonjour dans ta langue, mais dans la leur. »
Séan Garnier

Séan fait participer les fans et les invite à le défier. Ici lors de Red Bull Fantasy à Milan (Italie), en juin 2015.

© Alessandro Dealberto/Red Bull Content Pool

Si ce n’est pas par les mots que ça passe, il faut comprendre qui ils sont. Ce n’est pas ce que tu fais ou ce que tu dis qui comptera, c’est comment tu le fais ou le dis. Si tu dois faire une conférence devant des jeunes assis depuis 8 heures du matin, et que tu es la quatrième personne qui s’exprime devant eux, il faut installer une interaction avec ce public.

« Le freestyle, c’est ça : tu peux freestyler avec ton corps, ta casquette… mais aujourd’hui je vais freestyler avec ma balle ! »


Je vais prendre l’exemple de mes shows de football freestyle, que je donne partout sur la planète. Je viens avec un discours travaillé, qui touchera tout le monde. Pour commencer : “Bonjour comment allez-vous ? Mon nom est Séan Garnier, champion du monde de freestyle.” Et directement je leur demande : “Est-ce que vous connaissez le freestyle ? Vous êtes sûrs ? Le freestyle, c’est ça : tu peux freestyler avec ton corps, ta casquette… mais aujourd’hui je vais freestyler avec ma balle !” L’idée est de toucher monsieur tout le monde, un cuistot, un touriste, une mère de famille qui s’en fout du foot, mais qui est là avec ses enfants.

Vidéo : un public très concentré à Chypre. 

© Instragram // @seanfreestyle

En règle général, tous mes publics sont à peu près les mêmes, partout dans le monde. Et ça marche donc tout le temps. Mais si j’arrive un jour devant un public de gens en costards, avec ma casquette… il y aura une opposition de styles, et de langages probablement. Du coup, j’embraie de la sorte : “Bonjour à tous, désolé, je n’ai pas mis mon costume aujourd’hui, mais je suis beaucoup plus cool avec ma casquette.” Et là je fais une phase avec ma casquette, et c’est parti. “Si vous voulez, je me change ? Non ?” Là, j’ai brisé la glace.

Séan Garnier

Séan ici à Karachi, lors de sa tournée au Pakistan en novembre dernier. 

© Yasir Nisar/Red Bull Content Pool

Dans un premier temps je t’ai expliqué l’importance de connecter grâce au langage. Ensuite, il est important de se présenter et d’expliquer ce que l’on fait sans être trop technique. En trois mots, il faut que la foule comprenne ce que tu fais : “Bonjour à tous, je suis champion du monde de football freestyle…” Pas sûr que tout le monde comprenne. Ils ont compris “champion du monde”, ça c’est sûr. Si j’explique que je vais faire un show, et que le freestyle, ça représente tout ce que tu veux y associer, mais qu’aujourd’hui, je vais le faire avec mon ballon, là ils vont tout comprendre !

Ensuite, j’instaure mes règles. Règle numéro 1 : «Si vous voyez quelque chose que vous aimez, qu’est-ce que vous faites ? Du bruit bien sûr !» Et là, personne ne crie, sauf un membre du public. «Ah tiens au moins tu ne dors pas, vous voulez du Red Bull les autres ?» 

Séan Garnier

Séan à Baku (Azerbaïdjan) lors du Red Bull Winning 5 National Final 2015.

© Andrey Belchenkov / Red Bull Content Pool  

Et puis je reprends la règle numéro un, et cette-fois tout le monde crie. «La semaine dernière j’étais en Ukraine, ils faisaient plus de bruit que vous, alors ?!» Il faut penser interaction, toujours. «Si vous voyez quelque chose que vous n’aimez pas, vous faites quoi ? Bouhhh ! Ah ok, c’est comme ça au Pakistan, vous préférez huer qu’applaudir ?» Et ainsi de suite. 

Il faut parler à toute la foule, chacun se sent concerné. Je dois interagir avec le public, je peux défier les gens du public, et puis à un moment je propose à une fille de jouer, mais finalement je danse la salsa avec elle. Il est très important de faire participer le public, de lui parler. Mais aussi de le laisser s’exprimer, car il faut être capable d’écouter les personnes en face de soi. »

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02 2016 redbulletin.com

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