America's Cup OTUSA

America’s Cup : décollage immédiat !

Texte : JOSH DEAN 
Photos : Sam Greenfield / ORACLE TEAM USA

Après avoir remporté la dernière Coupe de l’America au terme d’une remontée spectaculaire, Oracle Team USA a pu choisir le lieu de l’édition 2017. En juin, six équipes se retrouveront aux Bermudes pour y disputer le plus ancien trophée du monde à bord de bateaux futuristes.

Difficile de louper l’affiche géante annonçant la tenue prochaine de la Coupe de l’America lorsque vous débarquez dans l’unique aéroport des Bermudes. La petite île hébergera au mois de juin la 35e édition de l’un des événements sportifs les plus anciens au monde. À San Francisco, en 2013, la course était presque passée inaperçue au milieu des nombreuses attractions de la ville. À part peut-être pour ceux qui, en se rendant au boulot, voyaient soudainement un catamaran digne d’un film de science-fiction débouler devant leurs yeux à une vitesse insensée. Mais cette année, l’épreuve va envahir la petite nation insulaire balayée par les vents.

Oracle Team USA

« Imaginez que vous êtes en situation d’urgence absolue, sur le toit de votre voiture alors que vous roulez sur l’autoroute à 90 km/h. C’est la situation que doivent affronter ces gars. Ils doivent prendre une décision en une fraction de seconde qui peut faire basculer la course : faut-il louvoyer, empanner, ou aller tout droit ? » 

​Ian « Fresh » Burns, responsable des performances, Team Oracle USA

Deux ères principales ont marqué l’histoire de la Coupe de l’America. Une première période regroupant tout ce qui s’est passé avant 2010, puis la transformation radicale apportée par l’arrivée des voiliers multicoques.

BATEAUX PLUS RAPIDES, TRAJETS PLUS COURTS 

En 1851, la goélette America a concouru contre 15 autres bateaux sur 53 miles nautiques autour de l’île de Wight (Angleterre). America gagne avec 8 minutes d’avance, soit environ un tiers du temps que mettront les bateaux pour parcourir le tracé des Bermudes, localisé entre deux îles. Il fera 10 à 12 miles de long et prendra 20 à 22 minutes.


C’est donc en 2010 que le fondateur d’Oracle, Larry Ellison, et le syndicat BMW Oracle Racing détrônaient le « defender » suisse Alinghi à bord d’un trimaran qui, pour la première fois, était doté non pas d’une voile souple, mais d’une aile rigide – la plus grande jamais conçue.

Oracle fusait alors sur les eaux à plus de 20 nœuds de moyenne, vitesse deux fois plus élevée que celle des éditions précédentes. Trois ans plus tard, le monde de la voile devient encore plus fou lorsque deux teams, Oracle Team USA et Team New Zealand, se présentent à l’épreuve avec des catamarans équipés de foils et capables de voler au-dessus de la surface de l’eau, doublant à nouveau la vitesse maximale, portée à plus de 40 nœuds.

OTUSA and boat

AUGMENTATION SPECTACULAIRE DE LA VITESSE

Depuis 1851, la vitesse des bateaux de l’America’s Cup n’a que peu augmenté avec les années, mais depuis 2007, ce fut fulgurant.

Cette innovation a propulsé la voile dans une dimension où la technologie et la condition physique comptent autant que l’expérience du navigateur. Transformer un voilier de course en F1 des mers : c’était l’ambition d’Ellison.

UN SPORT RÉVOLUTIONNÉ

Le voilier America, premier vainqueur de la Coupe de l’America, était une goélette en bois de 30 mètres de long avec près de 500 m² de voilure en navigation vent debout. L’AC50 ne mesure quant à lui que 15 mètres de long avec une coque en fibre de carbone et une aile rigide de 102 m².


En remettant son titre en jeu cette année, il a demandé aux organisateurs et aux ingénieurs de continuer à repousser sans cesse les limites tout en réduisant au maximum les coûts afin d’attirer davantage de teams. Les derniers catamarans munis de foils – les AC50 –, sont les voiliers les plus rapides jamais construits et capables de dépasser les 50 nœuds – bien qu’ils ne mesurent qu’un tiers de la taille des AC72 utilisés quatre ans plus tôt, tout en étant deux fois moins chers. Ainsi, six teams s’affronteront pour arracher la Coupe à Ellison et son bouillant skipper australien, Jimmy Spithill.

Spithill aura sous ses ordres l’équipage le plus jeune qu’il ait jamais eu à bord d’un voilier, des coéquipiers aux carrures de triathlètes d’Ironman. Sans parler de l’équipe d’ingénieurs et de constructeurs de bateaux qui ont travaillé avec Airbus et BMW pour peaufiner les réglages de ces multicoques au look révolutionnaire.

Les plus petits bateaux, et les plus rapides, de l’histoire de l’America’s Cup

En 1903, le voilier Reliance de 61 m est le plus long bateau à remporter la Coupe. En 2017, les AC50 ne mesurent plus que le quart de cette taille.  

1851–2007 : MONOCOQUES : ​Entre 20 et 29 mètres au niveau de la ligne de flottaison, vitesse maximale de 7 à 11 nœuds

2013 : AC72 CATAMARAN : 26 mètres de long, 5 900 kg, vitesse maximale de 44 nœuds

2010 : USA-17 TRIMARAN : 27,5 mètres de long, 3 500 kg, vitesse maximale de 32 nœuds

2017 : AC50 CATAMARAN : 15 mètres de long, 2 400 kg, vitesse maximale de 46 à 50 nœuds (estimation)

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05 2017 The Red Bulletin

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