Le blog de Seb Loeb #11

12 janvier

Photo d’ouverture : Marcelo Maragni

Une journée galère pour Sébastien Loeb et Daniel Elena à chercher les waypoints, à se perdre pendant des kilomètres dans la brousse… Résultat : 6 minutes de retard au compteur. « Mais sur le Dakar, rien n’est impossible ! », nous rappelle Seb Loeb.

Jeudi 12 janvier 2017,
San Juan (Argentine)

Quelle journée ! Michel Perrin (copilote de rallye, ndlr) m’avait prévenu : la spéciale de jeudi serait « copieuse » en termes de navigation. Ça s’est confirmé ! Dommage : c’est moi qui ouvrais la route ! Stéphane partant deux rangs derrière moi, il fallait absolument éviter qu’il nous ramarre. Ça, c’était le plan mais très vite, la quête des waypoints de contrôle a pris le dessus sur tout le reste. Ça a vraiment été une journée galère. Nous nous sommes perdus trois ou quatre fois. Nous sommes allés dans une vallée puis, au bout de deux kilomètres, on s’est rendu compte que ce n’était pas la bonne. 

Le blog de Seb Loeb #11

« Ça a vraiment été une journée galère. Nous nous sommes perdus trois ou quatre fois. Nous sommes allés dans une vallée puis, au bout de deux kilomètres, on s’est rendu compte que ce n’était pas la bonne. »

© Marcelo Maragni

Il nous a fallu revenir en arrière et trouver une autre voie qui n’était pas la bonne non plus. Nous avons dû faire quatre ou cinq kilomètres dans la brousse sans trouver ce fameux point. C’était vraiment très piégeur et pas très fun pour être honnête. C’était trop difficile de trouver ces waypoints. Il a fallu passer par des pistes pas du tout prévues pour une voiture de ce gabarit. Parfois, c’était quasi impossible de passer : nous étions en première à coucher des broussailles sur des kilomètres. Je sentais que nous perdions beaucoup de temps.

Le blog de Seb Loeb #11

« Ce qui est sûr, c’est que Bruno Famin nous donne carte blanche pour défendre nos chances. »

© Flavien Duhamel


Je disais à Daniel : « Si Peterhansel fait une spéciale parfaite, il va nous mettre 30 minutes. » Heureusement, nous nous sommes bien rattrapés lors de la deuxième partie de la spéciale. Au final, nous sommes encore là et c’est l’essentiel. Mais compter près de six minutes de retard à une vraie étape de la fin, ça commence à faire beaucoup. Mais sur le Dakar, rien n’est impossible. On verra bien.

Demain s’annonce compliqué. Il paraît qu’il y a plusieurs dizaines de kilomètres de dunes au début de la spéciale. Nous verrons bien ce que ça va donner. Ce qui est sûr, c’est que Bruno Famin (le patron de Peugeot Sports, ndlr) nous donne carte blanche pour défendre nos chances. C’est une attitude que j’apprécie. Il pourrait en effet tout à fait jouer la sécurité et donner des consignes d’équipe. C’est très « sport ». Si demain soir, Stéphane n’est que deux secondes devant, bien sûr : je me battrais jusqu’au bout. En revanche, s’il est toujours six minutes devant, ce sera compliqué.  

« Si demain soir, Stéphane n’est que deux secondes devant, bien sûr : je me battrais jusqu’au bout. »

Comme d’habitude, nous allons attaquer la spéciale de demain en tâchant de faire au mieux, Daniel et moi. C’est sûr, elle sera décisive. L’avantage c’est que nous avons retrouvés nos camping-cars qui ont enfin pu s’extraire du fameux kilomètre 294. Ça permet de ne pas perdre de temps dans des transferts jusqu’à un hôtel. J’apprécie. Heureusement, la clim fonctionne bien dans notre « maison » car San Juan est une fournaise.

Cela dit, cette année, il y a un petit vent qui rend cette chaleur plus supportable que l’année dernière. Ce site de San Juan est assez dingue. Nous sommes sur un circuit qui est situé au cœur d’un cirque entouré de montagne. C’est assez surréaliste. Sur ce, je vais me coucher. Demain risque d’être une journée décisive et il me faut mes huit heures de sommeil si je veux être pleinement opérationnel !

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01 2017 The Red Bulletin

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