Fabrice Amedeo by Jean-Marie Liot

Fabrice Amedeo : le raconteur du Vendée Globe

Texte : PH Camy
Photo : Jean-Marie Liot

Journaliste et skipper, Fabrice Amedeo racontera son premier Vendée Globe sous la voilure du projet Reporters du Large.

Journaliste au Figaro depuis 12 ans, Fabrice Amedeo (38 ans) s’est mis en congé sans solde pour deux ans et monter son projet. À bord, il embarquera quelques ouvrages. « Du Nietzsche, pour la logique du surhomme, du dépassement de soi », nous explique-t-il en riant. 

THE RED BULLETIN : Quelles sont les raisons du succès du Vendée Globe auprès d’un public non spécialiste du monde de la voile ? 

FABRICE AMEDEO : Ces bateaux, sur 2,5 millions de personnes qui viennent les voir aux Sables d’Olonne avant le départ, combien savent comment ils fonctionnent ? S’il y en a 5 000, c’est le bout du monde. Les autres, qu’est-ce qui les fait tripper ? C’est cette dimension aventure : le marin seul, qui part au large, et qui va vivre des choses hallucinantes dans des contrées lointaines. 

C’est le journaliste qui parle ou le marin ?

Je pense qu’il y a un vrai potentiel éditorial autour de ce sport, pour raconter la course, partager les angoisses et les émotions du marin, ce quotidien : avancer, avancer toujours. 

« Un Guns’N’Roses dans la tourmente, quand ça envoie du lourd, c’est du bon ! »
Fabrice Amedeo

Vendée Globe : le tour du monde en 78 jours

L'Everest des mers, le Vendée Globe est la seule course à la voile autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance. avec pour seule arbitre impitoyable : la mer. The Red Bulletin, le magazine des hommes d'action !

Ce quotidien autorise-t-il des loisirs ?

Oui, comme regarder des séries…

On a le temps pour des séries sur une course en solitaire autour du monde !?

Oui, sur un bateau exigeant, qui fait beaucoup de bruit, on a tendance à être toujours les sens en éveil, écouter les bruits du bateau, ses craquements, ses réactions. Même quand on dort, on a tendance à être toujours les sens en éveil, c’est épuisant. Regarder une série, c’est un ­moment de déconnexion, un repos pour l’esprit. Je pense partir avec des House of Cards.

Et côté musique, des préférences ?

Quand il fait beau et chaud, dans les alizées, j’aime bien me mettre du reggae, du Alpha Blondy. Et quand ça envoie du très lourd, soit j’ai besoin de me calmer, de m’apaiser, et alors j’écoute du Tracy Chapman, soit j’ai envie d’être en mode euphorique, du coup, un bon Guns’N’Roses c’est sympa. Sweet Child O’Mine, dans la tourmente, c’est du bon (rires) !  

Aussi longtemps seul sur son bateau, est-ce qu’il arrive qu’on lui parle, comme à un ami ?

Tout bateau, en fonction de son concept architectural, a son langage : ses bruits, ses craquements. Mon Newrest Matmut a le sien, et j’ai appris à le connaître. On ne fait qu’un.

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10 2016 The Red Bulletin

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