Mugsy Bogues

Ils n’avaient pas le physique de leur sport…

Texte : Nicolas Guiloineau
Photo : Nathaniel S. Butler

Mais ils sont devenus pros et ont quand même brillé. Après tout ce n’est pas la taille qui compte, c’est le talent !

Pour réussir dans le sport, il faut rassembler quelques qualités obligatoires : du talent, un mental d’acier… et le physique qui va avec. Alors certes, il y a des aspects physiques qu’on peut (et qu’on doit) travailler. Mais impossible de changer de taille à l’âge adulte ou de modifier totalement son morphotype.

Or, la plupart des sports ne sont accessibles qu’à un type de physique bien précis. Difficile d’imaginer un joueur de football américain avec la peau sur les os par exemple. Des centaines de talents sont ainsi recalés à la porte du succès à cause d’un physique pas en adéquation avec leur sport. Certains parviennent à percer…

  • Jean-Claude Darcheville
  • Frédéric Sammaritano
  • Muggsy Bogues
  • Romain Teulet
  • Svetlana Khorkina
  • Takanoyama Shuntarō
Jean-Claude Darcheville

Quand on pense à Jean-Claude Darcheville, on se souvient avant tout de son physique totalement hors-norme pour un footballeur : 1,74 m… pour 78 kilos. Mais c’est un peu vite oublier ses 49 buts avec Lorient et ses 53 réalisations avec Bordeaux. Impossible à battre au duel physique, cet avant-centre guyennais était tout de même doté d’une pointe de vitesse étonnante pour son gabarit. Résultat ? Une très belle carrière et un superbe palmarès (coupe de France, coupe de la Ligue, coupe d’Écosse, coupe de la Ligue écossaise, finale de la coupe UEFA) !

Frédéric Sammaritano

© YouTube // Coupe de la Ligue

Difficile de percer dans le foot quand on culmine à 1,62 m. Surtout dans le foot français, où le physique est primordial. Sa taille, c’est d’ailleurs ce qui a valu, selon lui, à Frédéric Sammaritano d’être laissé sur le bas-côté par le centre de formation du FC Nantes. Sacré champion d’Europe U19 avec l’équipe de France en 2005 (aux côtés d’Hugo Lloris et de Yoann Gourcuff), il doit alors s’engager pour un club de National. Mais sa détermination et sa technique finissent par payer et il signe en 2010 en Ligue 1, à l’AJ Auxerre. Depuis, il est l’un des joueurs les plus réguliers des deux premières divisions françaises.

Muggsy Bogues

© YouTube // TheNBAHistory

Muggsy Bogues est un peu plus petit que Frédéric Sammaritano. Il mesure 1,59 m. Sauf que lui jouait au basket. Et plutôt bien d’ailleurs. Suffisamment pour jouer 14 ans dans la compétition la plus exigeante de la discipline : la NBA bien sûr. Muggsy était certes un meneur de poche, mais il avait une énergie folle et il osait tout. Comme contrer Patrick Ewing et ses 2,13 m lors d’un match en 1996 ! Oh et accessoirement, il a été sacré champion du monde avec les USA en 1986 !

Romain Teulet

© YouTube // BFMTV

Dans une interview, Thomas Castaignède confiait qu’il ne pourrait probablement pas percer dans le rugby moderne avec son 1,75 m. Pourtant, Romain Teulet, 1,63 m, a bien réussi à voir une riche carrière en France. Ce que cet arrière n’avait pas en centimètres, il le compensait en muscle. Excellent au pied, il est le meilleur marqueur de l’histoire de son club phare, le Castres Olympique, et le recordman de France du nombre de points marqués en championnat avec un même club. À la fin de sa carrière en 2014, il a même rejoint le staff du XV de France pour entrainer les buteurs.

Svetlana Khorkina

© YouTube // Olympic

1,64 m pour une gymnaste, c’est quasiment rédhibitoire. D’ailleurs, la fédération russe a tout fait pour l’orienter vers la GRS. Mais son truc, c’était les barres asymétriques. Elle a alors persévéré et a mis au point, avec son entraîneur, des mouvements et un programme adaptés à sa morphologie. Grand bien lui en a pris puisqu’elle a été sacrée championne du monde de la spécialité à 5 reprises et a décroché l’or olympique dans la discipline en 1996 et en 2000 !

Takanoyama Shuntarō

© YouTube // 444Untouchable

1,85 m pour 96 kilos : Pavel Bojar est un beau bébé. Sauf que cet athlète tchèque pratiquait la lutte sumo ! S’il éprouvait les pires difficultés à prendre du poids, il a développé une technique irréprochable et un sumô extrêmement varié. Des atouts qui lui ont permis de maîtriser quelques 40 prises et de progresser de division en division durant toute sa carrière. En 2011, il a même atteint le rang de juryo, l’équivalent de la première division mondiale. Retraité depuis 2014, il était l’un des lutteurs préférés des fans.

Cliquer pour lire la suite
02 2017 The Red Bulletin

Article suivant