Jean-Pierre Dick by Arnaud Pilpre

Jean-Pierre Dick : le tenace du Vendée Globe

Texte : PH Camy
Photo : Arnaud Pilpre

Pour sa quatrième édition, Jean-Pierre Dick s’engage en pilier de l’Everest des mers. Comme tous, il devra exceller en équilibriste.

Quatrième de l’édition 2012 du Vendée Globe, Jean-Pierre Dick (50 ans) y parvient après avoir terminé sa course sans quille, soit 5 000 km de navigation privé d’un appendice essentiel au bon équilibre d’une embarcation. Sur son St-Michel Virbac, Dick tente l’aventure du foil. 

THE RED BULLETIN : Un Vendée Globe, ça représente quoi ?

JEAN-PIERRE DICK : C’est un tout, une course exceptionnelle de par ses caractéristiques : en solitaire, sans escale et sans assistance. Et ce qui y mène est  un chemin tout aussi difficile.

Le secret pour y arriver ?

Si tout est bien préparé, si on ne casse pas grand-chose, on y est du début à la fin. On ne se met pas dans le rouge, dans le danger extrême.

« Une fois la ligne d’arrivée franchie, tes épaules sont un peu plus larges. »
Jean-Pierre Dick

Vendée Globe : le tour du monde en 78 jours

L'Everest des mers, le Vendée Globe est la seule course à la voile autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance. avec pour seule arbitre impitoyable : la mer. The Red Bulletin, le magazine des hommes d'action !

Extrême à quel point ?

Si on passe de l’autre côté du ring, de cette barrière qui fait le tour du bateau, c’est la mort. Mais on vit bien avec, à quelques centimètres du danger. Comme un alpiniste passe à côté de fossés vertigineux. L’eau, c’est notre univers à nous, comme la montagne pour les alpinistes.

S’engager sur une solitaire, c’est s’engager à tout gérer seul, mais cela implique quoi ?

Je nous compare un peu au gars dans un cirque qui met ses assiettes sur des baguettes. J’essaie d’en avoir le maximum en l’air. Il faut être bon dans énormément de domaines : monter dans son mât, réparer son moteur, gérer l’électronique à bord, être un excellent régleur en voiles, maîtriser la navigation au large, réparer une coque, se gérer soi-même, dormir en sommeil fractionné… vous en voulez encore (rires) ?

Respect ! Mais le challenge est costaud !

Vous devez tout maîtriser. Personne d’autre ne va gérer. Si vous ne connaissez pas parfaitement quelque chose, vous devez au moins l’appréhender. Prouver que j’étais capable d’être un homme complet et le démontrer par le travail sur un Vendée Globe était quelque chose d’important pour moi. Avec de l’abnégation et de la ténacité, on peut régler des problèmes.

Après l’épreuve, sans fin, que ressent-on en arrivant, enfin, à boucler le Vendée Globe ?

Quand on a remonté ce chenal des Sables d’Olonne, une fois la ligne d’arrivée franchie, les épaules sont un peu plus larges, on a réalisé quelque chose de beau, on s’est défoncé. C’est ce qui me fait vibrer dans cette course.

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10 2016 The Red Bulletin

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