Le blog de Seb Loeb #3

Dakar 2016 - 
Le blog de Seb Loeb #3

Photo d’ouverture : Marcelo Maragni/Red Bull Content Pool

Sébastien Loeb livre chaque jour le journal de bord de son premier DAKAR en exclusivité à redbulletin.com. Troisième chapitre : première étape et première victoire pour Loeb, en tête du Dakar, après s’être enlisé dans un bourbier. Il en est le premier surpris.


Lundi 4 janvier 2016,
20 heures,
parc d’assistance de Termas Rio Hondo

« Une première étape sur le Dakar ponctuée d’un meilleur temps : que demander de plus ? Bien sûr, je suis content, pour moi et pour l’équipe. Ça fait plaisir de commencer comme ça. Pour Peugeot, il s’agit de la première victoire en spéciale depuis le retour en Dakar, l’an dernier, et j’espère que ça ne sera pas la dernière.

Mon premier sentiment, à l’arrivée, a été la surprise. Honnêtement, je pensais avoir pris une branlée. Du genre un retard de dix ou quinze minutes sur le vainqueur.

Certes, la voiture de Stéphane Peterhansel était encore sur la ligne. Et comme il était parti trois minutes avant moi, c’est que je devais lui avoir repris du temps. Mais combien ? Aucune idée. Sur la fin, j’ai bien vu des nuages de poussière qui pouvaient provenir d’une voiture. Mais je ne l’ai jamais aperçu et je n’ai dépassé que des motos. De toute façon, cela ne veut rien dire. Peut-être avait-il, lui  aussi, connu des soucis…

Le blog de Seb Loeb #3

© Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

Si ça se trouve, les Mini nous ont «explosés». Avec leurs quatre roues motrices, elles doivent a priori être plus à l’aise que notre propulsion, sur ce type de terrain typé rallye. En fait, c’est bizarre de rouler pendant près de quatre cents bornes sans avoir le moindre chrono. Au bout d’un moment, tu te mets à cogiter : «Est-ce que je suis assez rapide ? Ne suis-je pas trop prudent ?» En fait, tu n’en sais strictement rien. Tu es dans ton truc, seul face à toi-même, en te disant que tu fais juste ce que tu peux…

En plus, à mi-parcours, je me suis fait une bonne frayeur. On s’est enlisé dans un bourbier. La voiture était en perpendiculaire de la route, le devant dans le champ et l’arrière «tanké» dans la boue. On a insisté pour essayer de s’en sortir. Finalement, c’est en marche arrière que l’on s’est extirpé de ce piège en remontant dans le champ. J’ai alors décidé d’y rester, plutôt que de retourner sur la piste. Mais il fallait faire vachement gaffe. Au-dessus des épis de maïs, on apercevait les têtes des spectateurs !

Dans l’affaire, je pensais avoir perdu plus d’une minute. En analysant les datas, tout à l’heure avec les ingénieurs, j’ai constaté que la perte de temps s’est limitée à quarante secondes. Un moindre mal, par rapport aux galères de ceux qui y sont restés une éternité, comme Nani Roma.

Enfin, j’ai vu la feuille de temps accrochée devant le poste d’arrivée. Par rapport au nombre de voitures qui avaient déjà coupé la ligne, j’étais premier ! Je me suis dit : «Cool, c’est un bon début.» Mais ça n’est qu’un début…

« Il faut croire que mes potes sont plus touchés par ce succès que par un titre de champion du monde. »
Sébastien Loeb

On a encore eu trois cents kilomètres de liaison pour apprécier la performance. Et comme on n’avait pas de réseau, on n’avait personne avec qui discuter. Alors on a apprécié le paysage. Ma femme et mon beau-frère ont fini par réussir à nous joindre.

Puis les SMS ont fini par tomber. Il faut croire que mes potes et mes connaissances sont plus touchés par ce succès que par un titre de champion du monde. J’en ai eu presqu’autant !

Maintenant, il ne faut pas s’emballer. J’ai trois copains qui sont arrivés d’Europe pour suivre la suite de l’épreuve. On va dîner vite fait au bivouac. Et je ne vais pas traîner avant d’aller me coucher. Je passerai encore entre les mains de mon ostéopathe, et j’espère ensuite m’endormir comme un bébé.

Demain (le 5 janvier, nldr), l’étape sera plus courte, mais ça va un peu se compliquer parce que je vais ouvrir la route et faire la trace pour les suivants. Le profil de l’étape ne devrait pas nous être trop défavorable. Et Daniel (Elena) n’aura guère plus de boulot : une note à annoncer tous les cinq ou six kilomètres !

À demain, à San Salvador de Jujuy. »

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01 2016 redbulletin.com

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