Le blog de Seb Loeb #4

Dakar 2016 - 
Le blog de Seb Loeb #4

Photo d’ouverture : Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

Sébastien Loeb livre chaque jour le journal de bord de son premier Dakar en exclusivité à redbulletin.com. 4e journée : Loeb toujours en tête après sa seconde victoire consécutive. Mais les choses se corsent ce mercredi.


Mardi 5 janvier 2016,
22 heures, parc d’assistance de San Salvador de Jujuy

« À l’heure où je vous parle, c’est le déluge ici. L’orage est violent, des trombes d’eau s’abattent sur le parc d’assistance de Jujuy, un camp militaire de chasseurs alpins, ou quelque chose d’équivalent dans la Cordillère des Andes.

Là, je reviens du briefing quotidien avec tous les concurrents. J’y suis allé en tongs, parce que de toute façon, l’eau ruisselle de partout et mes pompes auraient été trempées. J’aurais pu enfiler le maillot de bain, si on m’avait prévenu !

Du coup, le seul refuge se situe dans notre camping-car. Je n’ai même pas eu envie de ressortir pour aller à la cantine du bivouac. Avec Daniel, on s’est fait notre petit plateau repas en tête-à-tête, lui plongé dans les feuilles du road-book de demain (mercredi), moi en train de… ne rien faire de particulier !

On va pouvoir dormir sur nos deux oreilles. Jusqu’à maintenant, tout est impeccable. La voiture est parfaite, alors que l’on redoutait les Mini sur ce terrain qui aurait pu être favorable aux quatre roues motrices.

En fait, notre propulsion est super efficace. C’est une bonne nouvelle pour la suite de l’épreuve. À l’intérieur de notre Peugeot, l’entente fonctionne aussi très bien.

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« J’étais persuadé d’avoir fait un bon chrono dès l’arrivée, même sans connaître le temps des autres. »

© Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

 Daniel n’a pas encore eu beaucoup de boulot à faire, mais il ne se trompe pas et ne doute pas. C’est rassurant. On avait besoin de cette entame pour trouver nos marques et bien se roder.

Moi, je suis en confiance. Lors de la première étape, je ne savais pas trop où je me situais. J’avais l’impression d’être dans un faux-rythme et notre succès m’avait surpris.

Là, j’étais persuadé d’avoir fait un bon chrono dès l’arrivée, même sans connaître le temps des autres. J’ai attaqué de bout en bout, sur les deux cents kilomètres de course, parce que je savais exactement comment la voiture allait réagir et où je pouvais la placer.

« J’avais les mêmes sensations qu’à l’époque, dans une spéciale de rallye WRC. »
Sébastien Loeb

La différence, je l’ai faite sur la fin, dans la descente boueuse du col. Il y avait une cinquantaine de kilomètres lors desquelles j’ai attaqué à bloc. J’avais les mêmes sensations qu’à l’époque, dans une spéciale de rallye WRC. Sauf que Daniel n’avait pas de notes précises à m’annoncer. Mais j’avais un meilleur «visuel» de la route que la veille. Peut-être ai-je aussi bénéficié d’une position favorable sur la route. En partant en premier, j’ai dû faire un petit «chantier» pour les suivants, en remuant la boue sous mes roues. 

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Le Team Peugeot à l’issue de la troisième étape reliant Termas de Rio Hondo à Jujuy (Argentine).

© Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

 Seul mon équipier Carlos Sainz était dans le même rythme que moi. Mais il y a quand perdu un peu de temps (1’23’’). Je ne peux être que satisfait de ces deux premières journées. Avoir cinq minutes d’avance au général sur les premiers poursuivants (Giniel De Villiers et Stéphane Peterhansel), cela ne représente pas grand-chose sur un Dakar. Mais c’est toujours mieux que de devoir courir contre le chrono pour les rattraper ! 

Demain matin (mercredi), on va débuter une nouvelle course. Sur les hauteurs de Jujuy, ça s’annonce plus compliqué. Il y aura plus de navigation, donc plus de risques de se perdre. Et on devra s’adapter à l’altitude,  puisque la spéciale se court à une moyenne de 3 500 mètres. Je ne sais pas comment va réagir la voiture. Encore moins si je vais tenir le coup, même si je m’y suis un peu préparé en dormant l’une ou l’autre fois sous une tente à oxygène avant le départ et en travaillant mon endurance.

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« Jusqu’à maintenant, tout est impeccable. »

© Marcelo Maragni/Red Bull Content Pool

Surtout, il ne faudra pas se planter. Si on casse quelque chose, il n’y aura personne pour réparer. C’est le principe de l’étape-marathon, où il faut reprendre la voiture en l’état le lendemain pour aller en Bolivie, sans aucune assistance des mécaniciens. Encore un truc que je vais découvrir.

Quoi qu’il en soit, Je ne vais pas me poser trop de questions. Ça ne sert à rien de s’en faire. Je vais rester sur ma philosophie depuis le début du rallye : rouler à mon rythme, et voir le résultat à l’arrivée. Jusque-là, ça m’a plutôt souri ! C’est l’heure d’aller se coucher. Un petit bisou à Daniel qui a le nez plongé dans ses notes, et au lit…

À demain, tout là-haut, en Bolivie. »

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01 2016 redbulletin.com

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