Le blog de Seb Loeb #7

Dakar 2016 - 
Le blog de Seb Loeb #7

Photo d’ouverture : DPPI/Red Bull Content Pool

Sébastien Loeb livre chaque jour le journal de bord de son premier DAKAR en exclusivité à redbulletin.com. Septième volet : « une journée compliquée » : 2 roues à changer sans assistance, et l’accélérateur en rade. Mais Loeb et Elena restent « motivés ». 


Vendredi 8 janvier,
21 heures,
parc d’assistance d’Uyuni, Bolivie

« J’ai vécu une journée un peu compliquée, la première sur mon Dakar…  C’est sûr, je ne suis pas d’une humeur super joyeuse. J’ai mis quatre étapes pour me constituer un petit pécule de huit minutes d’avance sur Stéphane (Peterhansel, son équipier de Peugeot), et j’ai tout perdu en 500 bornes. Donc oui, c’est rageant. 

Ça a commencé par une crevaison. Je suis sorti un peu large de ma trajectoire, j’ai vu quelques cailloux et c’est en donnant un coup de volant pour les éviter que l’on a crevé à l’arrière. Dans ce cas, tu le remarques tout de suite. Déjà parce que les indicateurs de pression, sur le tableau de bord, te le signalent. Le comportement de la voiture te le confirme.

Avec Daniel, on avait un peu répété à blanc pour changer une roue. Chacun a son rôle, et ça fonctionne assez bien. Dans l’affaire, ça nous a pris grosso modo deux minutes, même si je suis sorti de l’habitacle pour m’attaquer à la roue avant ! Daniel m’a vite repris.
 

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Retour sur la septième journée sans assitance mécanique. 

© Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

Mais bon, on repart sur un bon rythme. Et comme on avait pris un peu d’avance, la situation n’était pas dramatique. Carlos Sainz, parti trois minutes derrière moi, ne m’avait pas dépassé. Donc ce n’était pas si grave. 

« … c’est Daniel qui changeait les vitesses quand je le lui demandais. »
Sébastien Loeb

 
Mais à quatre-vingts bornes de l’arrivée, l’accélérateur est resté bloqué. Pour contrôler la vitesse, il a fallu que je joue avec l’interrupteur du coupe-circuit. Pas facile, parce que la voiture avance par à-coups. En « on », elle est à fond. En « off », elle est à zéro.  

On a trouvé un truc pour que je n’aie que l’interrupteur à gérer et la vitesse à doser  : c’est Daniel qui changeait les vitesses quand je le lui demandais. Cela ne nous a pas empêchés de taper une pierre. Et cette fois, c’était un peu plus galère pour changer la roue. Daniel n’avait pas ses gants, la roue était brûlante.

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Révision complète de la 2008 DKR dans le parc d’assistance d’Uyuni.

© Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

Là, on a compris que l’on perdait gros. Carlos Sainz puis Stéphane Peterhansel nous ont doublés. Et il restait encore vingt bornes à faire. Je savais que ma première place allait se jouer à peu de chose. Au final, on la cède pour moins de trente secondes. C’est pas grand-chose, mais ça fait ch… quand même.

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Daniel Elena, en pleine séance de travail, vendredi soir à Uyuni. Et le pilote ? Au dodo !

© Sébastien Keller

D’autant que les spéciales difficiles vont arriver. On ne pourra plus gérer comme on le souhaitait.  

« Voilà, on repart à zéro. Je me dis que j’ai vécu aujourd’hui (vendredi) mon lot d’emmerdes. Maintenant c’est bon. »
Sébastien Loeb

 Il y aura plus de navigation, plus de risques de se planter. Même si j’ai confiance en Daniel, le terrain qui nous était le plus favorable est désormais derrière nous. Voilà, on repart à zéro. Je me dis que j’ai vécu aujourd’hui (vendredi) mon lot d’emmerdes. Maintenant c’est bon. C’est comme ça, mais ça n’est pas fini. Je reste motivé. L’étape de demain (samedi, entre Uyuni et Salta) sera encore longue.

Là, Daniel est en train de bosser sur le parcours. Je vais le laisser faire. Moi, je file au lit. De toute façon, je n’ai pas le choix. Il va falloir repartir à l’attaque.

À demain, en Argentine.»

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01 2016 redbulletin.com

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