volvo Ocean Race

Le périple d’une équipe gagnante

Photos : Matt Knighton
Photo d’ouverture : Ainhoa Sanchez

Le skipper britannique d’Azzam, le bateau d’Abu Dhabi Ocean Racing, accoste dans le port de Göteborg ce lundi 22 juin. Dernière manœuvre pour boucler son tour du monde en tête. 8 mois et 18 jours de compétition, 43 804 miles parcourues, 2 victoires d’étapes sur les 9 du parcours et… retour à quai.

Après l’échec en 2011, Abu Dhabi tient son succès final avec 5 points d’avance sur MAPFRE, le bateau espagnol. Ian Walker, 45 ans, double médaillé d’argent olympique à la voile (1996 et 2000), devient le premier skipper britannique à s’imposer dans la Volvo Ocean Race, la célèbre course autour du monde créée par les Britanniques.

« Il y a 100 façons de perdre la course, une seule pour la gagner, » souffle Walker. La sienne était la bonne. Son équipage est un puzzle de marins : Australie, Émirats Arabes Unis, Antigua, Nouvelle-Zélande, Irlande, Espagne, États-Unis, Grande-Bretagne. Taillés pour le défi. 

Volvo Ocean Race

En route vers Itajai (Brésil) lors de la 5e étape.

Nerfs solides, tactique précise. Il en faut dès la 1re étape, Alicante-Le Cap, la plus longue. 8 772 miles de chute libre pour arriver à la pointe de l’Afrique, foncer vers les quarantièmes rugissants avec la meute de concurrents autour. « Des vagues de 4 mètres noient le pont, » témoigne Matt Knighton, l’homme média à bord, « ça te donne une idée de ce qui t’attend dans le Grand Sud ». Première victoire d’étape pour Abu Dhabi.

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L’équipe Abu Dhabi lors de la 7e étape.

« Quand Ian est sous pression, il enlève sa casquette, s’assoit et se gratte le crâne avec les mains », raconte Matt Knighton. « À la fin il ne remet plus sa casquette. » Avec de telles conditions, Walker a de quoi s’arracher quelques rares cheveux. Sous vent de 50 nœuds, le bateau « part au tas » et se couche. Les vagues balayent l’intérieur, comme on passerait le karcher dans… une chambre à coucher. Plus au sud, Simon Fischer, le navigateur, suit des points bleus sur la carte : les icebergs ! La flotte flirte avec eux. « Si on va trop loin, on finit dans les gravillons », résume Jean-Luc Nélias, le navigateur de MAPFRE

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Des dauphins encerclent le navire au cours de l’étape 3.

Avant le Horn, Azzam vole : 550 miles en 24 heures. Record battu! Autour du  « Monstre » comme l’appelle Walker, l’eau est à 5 °C. Émotions fortes. À Newport, terme de l’étape 6 beaucoup moins agitée, le bateau émirati termine 2e à… 300 mètres du vainqueur, DongFeng. Les nerfs sont mis à rude épreuve. Voilà pourquoi la Volvo Ocean Race est mythique.

À terre, c’est une autre tempête médiatique qui attend les vainqueurs. À Göteborg ou Abu Dhabi. Walker s’offre une dernière parenthèse : accompagner Azzam pour la traversée du Golfe de Gascogne en rentrant à son port d’attache à Cascaïs au Portugal. Pour le plaisir.

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07 2015 The red bulletin

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