Red Bull Elements, Cedric Fleureton

Les 4 courses les plus extrêmes de l’automne

Texte : Florian Etcheverry
Photo d’ouverture : Cédric Fleureton

Chaque année, à la fin de l’été, des milliers d’athlètes s’apprêtent à repousser leurs limites en affrontant des parcours dignes des 12 Travaux d’Hercule. Voici l’Atlas des courses extrêmes les plus gargantuesques de la saison. 

Vous le savez, il y a des événements d’endurance… et ceux qui demandent de l’endurance avec un grand E ! Les disciplines les plus extrêmes que compte le sport ont déjà des courses difficiles à finir : l’ultratrail, le triathlon, la course de relais… Mais celles qu’on a sélectionnées, se déroulant toutes à l’automne, sont encore pires. Petit guide mondial de ces pièces de résistance qui demandent un mental de fer…. et un investissement surhumain ! 

On vous détaille les dates, les lieux, le principe, le contexte, les obstacles et ce qui en vaut la peine dans les quatre courses automnales suivantes :

  • L’Ultratrail du Mont Fuji (Japon)
  • Le Crocodile Trophy (Australie)
  • L’Ironman de Weymouth (Pays de Galles)
  • Le Red Bull élements (France)
L’Ultratrail du Mont Fuji

OÙ ?
Le mont Fuji, au Japon

QUAND ?
Du 23 au 25 septembre 2016

LE PRINCIPE
Courir les 169 kilomètres du parcours autour du point culminant du Japon, le mont Fuji (3 776 mètres d’altitude). Oh, et le tout en moins de 46 heures, sinon cela n’est pas drôle. L’ultratrail se joue en même temps qu’un parcours alternatif plus sympa, le SZU, soit 20 kilomètres en 20 heures. Les Français ont été chanceux sur cette épreuve : François d’Haene a gagné l’édition 2014, et Arnaud Lejeune a terminé deuxième en 2015. 

LE CONTEXTE
C’est la cinquième épreuve de l’Ultra-Trail World Tour sur 10 épreuves. Et le « toit du Japon » accueille les conquérants en herbe depuis 2012, comme un cousin éloigné de la course du Mont Blanc, également dans le circuit. C’est une course unique. L’organisation explique que le but de l’aventure, c’est d’« explorer ses propres limites physiques et mentales » dans le trail de toute une vie. À noter que le mont Fuji est très prisé des sports extrêmes, notamment des parapentistes. Sur plus de 1 400 participants en 2014, ils n’étaient même pas la moitié à franchir la ligne d’arrivée. Une hécatombe répétée en 2015, avec 59% d’abandon.

LES OBSTACLES
D’abord, la météo. Même si les éditions précédentes se sont déroulées sous un temps clément, en cas d’intempéries en milieu montagneux, la difficulté est accrue par 10 : chemins boueux, terrains glissants, et la fatigue. Ensuite, si vous voulez crash-tester vos fidèles chaussures de trail, vous ne pouvez pas mieux vous y prendre : le parcours alterne chemins de montagne, sentiers locaux et routes forestières.

Mont Fuji, Japon

© Wikipedia

Et la partie la plus technique sur les 7 500 mètres de dénivelé, ce sont les montagnes Tenshi. Des pentes raides à n’en plus finir… Mais le pire ennemi de ces 160 kilomètres, c’est votre corps : problèmes digestifs, d’organes internes, course de nuit, et on en passe. L’organisation tient à vous avertir des risques d’une course de cette magnitude. Les casse-cous du dimanche ne sont pas les bienvenus : il faut avoir engrangé des points lors de précédentes courses.

CE QUI EN VAUT LA PEINE
Avec la course, vous pouvez converser avec vos concurrents dans un cadre unique. D’ailleurs, ils viennent du monde entier. Sans parler évidemment du paysage incroyable qui est respecté : l’organisation fait des efforts pour limiter l’impact sur l’environnement. 

Le crocodile trophy
Crocodile Trophy, peloton

Les coureurs pendant la huitième étape, au départ de la plantation de café de Skybury. 

© Regina Stanger

OÙ ?
De Cairns à Cooktown, en Australie

QUAND ?
Du 22 au 29 octobre 2016

LE PRINCIPE
50 kilomètres en plein outback sur 8 étapes, avec 13 000 mètres de dénivelé au total, le tout en VTT. C’est un peu le Dakar de la discipline : pour s’y attaquer il faut autant avoir les crocs que les dents longues.

Urs Huber, Crocodile Trophy

Urs Huber, fier champion helvète.

© Regina Stanger

 D’ailleurs, il y a 20 ans, la première édition voyait grand, avec plus de 2 500 kilomètres sur 17 étapes, avant de rogner sur ses ambitions d’édition en édition. Une chose reste constante : élite ou amateurs mixtes, tout le monde est bienvenu, mais un peu moins d’une centaine de candidats issus d’une quinzaine de pays tentent l’aventure en moyenne. Pour la petite histoire, Crocodile Trophy a failli avoir un cadre aussi rude, mais radicalement différent : à sa conception dans les années 1970, il était question de parcourir le Viêtnam…

LE CONTEXTE
Cette partie-là de l’Australie est tout sauf une partie de plaisir. Un participant décrit le quotidien de la course comme « rouler sur Mars à 40 degrés à l’ombre pendant 10 jours d’affilée ». Avis aux fans du dépaysement ! 

LES OBSTACLES
La chaleur aura raison de l’endurance des téméraires vététistes de tout poil.  Et le tout-terrain est inhospitalier : on ne compte plus les rivières traversées vélo sur l’épaule, les forêts tropicales, les sections offroad, l’aridité du bush (désert) local et les routes accidentées de l’outback ou le chemin bosselé qui mène à la destination finale : la plage de Port Douglass. En plus de refaire votre bronzage, vous pourrez vous fondre dans le décor, couvert de poussière orange ! 

CE QUI EN VAUT LA PEINE
Le Crocodile Trophy est imposant et une merveille parmi les trophées sportifs. Admirez le travail ci-dessous avec le vainqueur 2015, Urs Huber ! Et les victoires d’étapes sont récompensées d’un boomerang.

L’Ironman de Weymouth
Ironman, Weymouth

Pour devenir l’ « homme de fer », à Weymouth, il faut se mouiller dès le petit matin, et on est loin d’être seuls.

© Finbarr Webster

OÙ ?
Weymouth
, au Pays de Galles

QUAND ?
Le 17 septembre 2017

LE PRINCIPE
Un ultratriathlon de 130 miles (210 kilomètres) dans le Dorset, sur l’ancien site utilisé pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2012. C’est un des multiples événements en Ironman, mais pour savoir qui est l’ « homme de fer » celle-ci est particulièrement corsée ! On commence à la nage dans la côte Sud de Londres, on poursuit avec plus qu’une centaine de kilomètres en VTT et on termine en marathon sur plus de 40 kilomètres. L’an passé, l’Américain vainqueur, Jesse Thomas, a avalé la distance en 8h57 minutes (chez les dames, l’Allemande Anja Beranek a mis un peu moins de 10 heures). Depuis l’an dernier, ceux qui ont moins l’appétit de l’extrême courent le même jour sur un parcours de 70,3 miles (113 km).

LE CONTEXTE
La population de Weymouth est très accueillante et en général, se masse pendant le dimanche pour acclamer les triathlètes les plus déterminés. Une ambiance chaleureuse qui rend cet enfer un peu plus hospitalier, surtout lorsque les membres deviennent totalement engourdis.

LES OBSTACLES
La marée du petit matin pour nager 4 kilomètres en compagnie de concurrents gonflés à bloc, une mise en jambes dure pour tous…jusqu’aux larmes pour certains concurrents. La désorientation pour attaquer le marathon. La difficulté de garder le rythme alors qu’on a la tentation d’accélérer. Mobiliser des muscles différents pour les trois épreuves, d’où un régime physique bien complet dans la préparation. Les calories brûlées sur la journée, soit trois fois l’apport journalier d’un homme normal.

CE QUI EN VAUT LA PEINE
30 triathlètes peuvent se qualifier pour les Championnats du Monde. Et pour les pros qui s’attaquent au parcours Ironman 70.3, un prix de 15 000 dollars est à la clé. 

© Youtube // IMEurope

Le Red Bull Éléments
Red Bull Éléments, Tim Lloyd

© Tim Lloyd

OÙ ?
À Talloires, en Haute-Savoie

QUAND ?
Le 23 septembre 2017

LE PRINCIPE
Dominer l’eau, l’air et la terre avec une team de 4 relayeurs en aviron, trail, parapente et VTT sur une journée autour du lac savoyard.

LE CONTEXTE
Cela fait quatre ans que quatre disciplines sont associées alors qu’elles se croisent rarement. En 2015, plus de 250 sportifs de 63 équipes ont répondu à l’appel (et en cette même année, 5 équipes étaient féminines, un record). Le défi : allier des médaillés internationaux et de jeunes espoirs plein d’ambition dans des disciplines se rencontrant peu. Concernant les médaillés, on en comptait cinq en 2015 : le numéro 1 mondial de l’ultratrail, François d’Haene ; le parapentiste quadruple vainqueur des X-Alps Chrigel Maurer, dit « L’Aigle » ; et des pointures du VTT, avec Jordan Sarrou et Victor Koretzky.

LES OBSTACLES
Les 3 précédentes courses de cette liste se focalisent toutes sur l’endurance individuelle. Dans le cadre de Red Bull Éléments, les distances sont moins gigantesques suivant les épreuves. Mais ce qui change tout, c’est l’esprit d’équipe et une tactique spéciale à développer rien que pour ce relais très spécial, avec des coéquipiers avec lesquels on ne pratique pas trop. Un bon exemple du caractère hors format du challenge, c’est l’épreuve d’aviron : ramer dans le lac deux fois plus qu’en compétition normale, sortir de l’eau, parcourir une partie de Valloires, passer le relais. Dès le tout début, le retard dans le relais est une vraie possibilité, et le stress monte ! Solution : une coordination et une intensité soutenue dans la performance. Cela ne s’arrange pas avec la section trail : une dizaine de kilomètres, la pente est forte et se raidit avec 1900 mètres de dénivelé positif à travers la Tournette. L’outdoor au niveau supérieur. Côté parapente, la technicité ne se trouve pas uniquement dans les airs – où la mauvaise météo peut être l’ennemie – mais dans la partie course à pied réalisée voile repliée par les participants.

CE QUI EN VAUT LA PEINE
La persévérance paie. Mag Aviron, les Français qui ont remporté l’édition 2015, participent depuis le début de l’événement.  Et vu le terrain inédit, se targuer d’une belle performance au Red Bull Éléments reste le gage d’un corps et d’un esprit en béton armé. 

Red Bull Éléments, Tim Lloyd

© Tim Lloyd

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09 2016 The Red Bulletin

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