Pepe

Les bouchers du football

Texte : Étienne Caillebotte
Photo : Stu Forster / Getty Images

Pas besoin d’avoir du talent pour briller sur un terrain. Boxer suffit. Ou mordre. Ou les deux ? Focus sur les psychopathes du ballon rond qu’il vaut mieux éviter quand on tient à ses membres.  
Pepe 
No simularan

© YouTube // hessam6662006 

Coup de pied au visage d’Aly Cissokho, coup de crampon sur la main de Messi, coup de boule à Thomas Müller… En 16 ans de carrière, Pepe a régulièrement pété les plombs sur le terrain. Mais son geste le plus légendaire a lieu le 21 avril 2009. Ce jour-là, les Merengues affrontent Getafe en championnat. Lancé dans les seize mètres, Javier Casquero s’effondre dans la surface après un contact avec l’international portugais. Mauvaise idée. En l’espace de quelques secondes, Pepe perd complètement le contrôle, exaspéré par cette supposée simulation. Il assène deux violents coups de pied à son adversaire, avant de l’écraser en lui tirant les cheveux en scred. Deux joueurs de Getafe tentent de s’interposer. Même tarif, une claque chacun. Pour son coup de sang, l’international portugais est viré du terrain par l’arbitre, et par Casillas, visiblement énervé par le comportement de son rempart défensif. Il écope de 10 matches de suspension. Et du statut de « joueur le plus détesté d’Espagne ». 

Luis Suarez 
Hannibal Lecter

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Mais quelle mouche a bien pu piquer Luis Suarez pour qu’il montre les crocs aussi souvent ? Tout au long de sa carrière, l’attaquant uruguayen a une technique toute aussi personnelle qu’étrange pour blesser ses adversaires : mordre. Dernière victime en date : Giorgio Chiellini, lors de la Coupe du Monde 2014. Avant ça, Luis Suarez avait commencé son remake d’Entretien avec un Vampire dès 2010, en mordant Otman Bakkal au cou pendant une bagarre lors d’un match de l’Ajax contre le PSV Eindhoven. En 2013, « Le Cannibale » récidive en Premier League, en bouffant le bras de Branislav Ivanovic avec Liverpool. Un joueur qui a les dents longues.

Cyril Rool
Carton plein

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156 cartons jaunes et 16 cartons rouges en 353 matches de Ligue 1. Une belle moisson pour Cyril Rool, un joueur dont on se souvient plus du tempérament que de sa qualité de jeu. Surnommé « l’Antéchrist » ou « le Boucher », Cyril Rool détient toujours le record de cartons rouges en première division, sept ans après avoir pris sa retraite. Débarqué en 1993 au SC Bastia, le natif de Pertuis est expulsé dès son premier match officiel, après avoir foutu un coup de pied à Laurent Croci. Sa réputation de bad boy le suivra pendant toute sa carrière. À tel point que lui faire péter les plombs devient une technique pour gagner le match, selon Bruno Derrien (ex-arbitre de L1) : « Il y avait une stratégie qui était élaborée par l’équipe adverse pour le faire disjoncter et Cyril Rool n’avait pas besoin de grand-chose pour partir en vrille. »

Brandão 
Locked Up

© YouTube // Se divertir en vidéo

Décidemment, foutre un coup de boule à un Italien, c’est un running gag en France. Le 16 août 2014, Brandão vient de passer un sale match contre le Paris-Saint Germain. Provoqué par Thiago Motta pendant toute la partie, il l’attend patiemment dans le « couloir de la mort » pour régler ses comptes. Et l’abîmer un peu au passage. Résultat des courses : une fracture du nez pour l’international italien. « Sur le terrain lors de notre échange, il m’a bien dit qu’il m’attendrait. J’étais loin d’imaginer qu’il le ferait vraiment », déclare-t-il aux policiers lors de son audition. Car la sanction ne sera pas que sportive pour le Brésilien. Pour s’être fait justice en solo, le joueur de Bastia écopera de 6 mois de suspension… et d’un mois de prison ferme pour « violence aggravée avec préméditation ». Il n’ira pas en prison, mais n’arrivera jamais à retrouver son meilleur niveau. Il évolue aujourd’hui dans un club amateur au Brésil. 

Nigel de Jong
Kung Fu Panda

© YouTube // HansJürgen

Le kick de Nigel de Jong dans la cage thoracique de Xabi Alonso est l’une des images les plus marquantes de la finale de Coupe du Monde 2010 entre les Pays-Bas et l’Espagne. Pour ce massacre, le milieu néerlandais n’hérite que d’un pauvre carton jaune. L’un des 14 cartons du match. Pourtant, Nigel de Jong n’en était pas à son coup d’essai. Dès son arrivée en Bundesliga en 2006, il est surnommé « La Tondeuse » par les supporters d’Hambourg, pour ses tacles assassins à répétition. Ses principaux faits d’armes ? Avoir brisé la jambe d’Hatem Ben Arfa en 2010 (double fracture tibia-péroné) et celles de Stuart Holden un an plus tôt. Pas étonnant qu’il ait été appelé par l’AC Milan pour pallier aux départs de Van Bommel et Gattuso.  

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06 2017 The Red Bulletin

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