Montées en puissance

Photos : Peter Clausen Film & TV

La Fédération internationale automobile (FIA) a bouleversé les règlements techniques 
de la Formule 1. Du jamais vu depuis 2006. Les ingénieurs 
et designers ont dû revoir presque entièrement la structure des monoplaces.

1- Aérodynamique

On se moque du nez des voitures ? Mais le museau de 2013 n’était pas très joli. Les techniciens se plaignent de la perte de puissance générée par une largeur moindre des ailerons. Le nouveau règlement limite l’aérodynamique. Fini le temps où les voitures glissaient comme sur des rails, les dérapages font leur retour.

2 - Position

Les nouvelles règles aérodynamiques – un nez rabaissé à 18,5 cm du sol contre 55 la saison passée – ont influé sur la position du pilote. Daniel Ricciardo : « Mes pieds n’ont jamais été aussi bas dans une monoplace. » Le moteur étant plus lourd, le poids minimal, monoplace et pilote équipé, passe de 642 à 690 kg. Les poids légers ont un petit avantage.

3 - Moteur turbo

Les moteurs V8 2,4 l atmosphériques qui rugissaient depuis 2006 ont fait place à des V6 turbo 1,6 l dont le régime moteur est limité à 15 000 tours par minute. La puissance passe de 750 à 600 chevaux. Un turbocompresseur utilise les gaz d’échappement afin de diffuser de l’air frais dans le moteur.

4 - Carburant

Chaque boîte de vitesses passe de 7 à 8 rapports fixes. La transmission peut être changée une fois par saison. La masse de carburant emportée pour la durée de la course est limitée à 100 kg (140 litres) contre 150 kg l’an passé. Contrôlé par un capteur homologué par la FIA, le débit ne doit pas excéder 100 kg/h alors qu’il était illimité en 2013.

5 - Récupération

Cette saison, le règlement promeut un double système de récupération d’énergie cinétique – le ERS-K généré par le freinage, et le ERS-H qui récupère l’énergie thermique du moteur. Les deux systèmes chargent les batteries. Grâce au ERS-K, les pilotes bénéficient d’un surplus de puissance : 160 chevaux utilisables pendant 33 secondes à chaque tour.

6 - Contrôle

Pour compenser cette rallonge de puissance pendant un tiers du tour, les équipes peuvent utiliser les freins arrière contrôlés électroniquement pour une meilleure stabilité. Le bouton push to pass a moins d’effet que par le passé. C’est le pied qui actionne la pédale d’accélérateur.

7 - Échappement

Désormais, les gaz d’échappement sortent par un tuyau central au-dessus du capot du moteur pour éviter que le soufflage donne un bénéfice aérodynamique à la voiture. Un aileron supplémentaire au-dessus de l’échappement – le monkey seat – est une maigre consolation pour les techniciens.

8 - Pneumatiques

Les nouveaux moteurs ayant plus de couple et les pneus tournant donc plus facilement, Pirelli, l’unique manufacturier de la F1, a misé sur des pneus plus durs montés sur des structures en kevlar. La surface de contact est plus grande et les pneus sont mieux adaptés aux différences de température. Il existe 4 versions pour le sec et 2 pour la pluie.

9 - Fiabilité

Pour les 19 Grand Prix de la saison, les écuries sont limitées à 5 moteurs (au lieu de 8 en 2013). S’il dépasse ce chiffre, le pilote sera rétrogradé de 10 places sur la grille de départ et de 5 pour le changement de pièces annexes. Quant à la boîte de vitesses, elle devra résister à 6 courses consécutives. Tout changement anticipé coûtera 5 places sur la grille.

10 - Temps au tour

Une aérodynamique moindre, des monoplaces plus lourdes, mais un gain de puissance. Cela signifie que les voitures sont plus lentes dans les virages mais, a priori, plus rapides en ligne droite. Seuls les chronos du tour de piste apporteront la bonne réponse. Vous pouvez voir ci-dessus la RB10 (en haut), et la RB9 (en bas).

Cliquer pour lire la suite
06/2014 The Red Bulletin France

Article suivant