Sébastien Josse by Yvan Zedda

Sébastien Josse : l’innovateur du Vendée Globe

Texte : PH Camy
Photo : Yvan Zedda

Sur son Edmond de Rothschild, Sébastien Josse associe aux contraintes de la course une quête de l’innovation.Un défi humain et technologique.

Troisième Vendée Globe pour Sébastien Josse (41 ans), qui sera l’un des skippers qui se lanceront sur un bateau à foils. Jamais ce type de bateau n’aura été confronté à une épreuve d’une telle durée, dans de telles conditions. Sébastien s’engage en pionnier.

THE RED BULLETIN : Sébastien, vous serez engagé sur un bateau à foil, quelles sont ses contraintes ? 

SÉBASTIEN JOSSE : Ce n’est plus un bateau qui navigue, mais qui ricoche sur l’eau. Plus on va vite sur l’eau, plus elle devient dure. Elle ne nous fait plus flotter, elle devient un élément solide sur lequel le bateau rebondit. Les bateaux sont de plus en plus physiques, inconfortables. 

Naviguer sur un bateau à foils sur une aussi longue période, c’est une grande première !​

On a pu naviguer avec foil une douzaine de jours sur une Transatlantique, mais 3 mois, on ne l’a pas encore fait. Les avancées technologiques font en quelque sorte partie des règles de cette course. À chaque édition ses nouveautés, cette année ce sera notamment le foil. Une révolution, car à certaines allures, il permet de gagner plus de 10 % de vitesse. Avec lui, on devrait gagner quatre à cinq jours. Si on va au bout. 

« Mon bateau a été écrasé… tel une boîte. »
Sébastien Josse

Vendée Globe : le tour du monde en 78 jours

L'Everest des mers, le Vendée Globe est la seule course à la voile autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance. avec pour seule arbitre impitoyable : la mer. The Red Bulletin, le magazine des hommes d'action !

Le matos évolue, et le skipper avec lui ?

Oui, comme un pilote automobile qui avançait à 100 à l’heure et qui est passé à 200. Il a affiné ses trajectoires, son analyse, sa stratégie. Quand on a le potentiel d’aller plus vite, on a toujours envie d’être à sa limite, on s’adapte très vite.

Votre pire souvenir du Vendée Globe ?

Un jour où j’ai rencontré une grosse dépression au large de la Nouvelle-Zélande. Il y a eu une vague… disons plutôt une déferlante, 8 à 10 mètres de houle, avec 100 km/h de vent, qui a pourchassé mon bateau. Comme je n’avançais pas assez vite, elle l’a écrasé, tel une boîte, sur l’arrière. Je me souviens de ce bruit sec, sourd. Là, tu sais que la structure en carbone de ton bateau est cassée. Et c’est réglé, ton bateau peut se casser en deux, la course est terminée.

La casse est votre crainte absolue ?

On s’y prépare avec son équipe avant la course, comme si on montait un château de cartes tous ensemble. Et c’est au skipper de poser la toute dernière carte, sans faire s’écrouler l’ensemble. Sauf que l’instant dure trois mois, 7 j/7, 24 h/24.

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10 2016 The Red Bulletin

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