World Champion Sébastien Ogier

Sébastien Ogier : « Rester détendu quand ça se corse »

Texte : Werner Jessner
Photo : Bastien Baudin/DPPI

Les pilotes de rallye sont les meilleurs pilotes auto du monde. Le quadruple champion du monde Sébastien Ogier donne ses petits trucs du quotidien.

THE RED BULLETIN : À quoi voit-on un bon conducteur sur la route ? 

SÉBASTIEN OGIER : Il ne se fait pas remarquer.

Alors retournons la question : à quoi reconnaît-on un mauvais conducteur ? 

Il freine trop fort. Au lieu de tracer une courbe dans les virages, il les négocie en plusieurs angles successifs. Sur les routes de campagne, il roule toujours plus lentement que la vitesse autorisée, et sur l’autoroute, il roule toujours sur la voie de gauche. Il oublie de mettre le clignotant avant de tourner et met en danger les motards qui le suivent.  

Quels conseils nous donneriez-vous pour devenir de meilleurs automobilistes ?

Tout commence par une bonne position sur le siège conducteur. Le principe de base : quand tu poses la main gauche – pas la droite ! – à deux heures sur le volant, l’épaule devrait rester en contact avec le dossier. 

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Personne au quotidien ne conduit avec les deux mains scotchées sur le volant en permanence.

En effet. Mais sur une belle route de montagne, ça permet d’avoir plus de contrôle et de prendre plus de plaisir. En principe, on doit éviter de poser la main sur le pommeau du levier de vitesse en conduisant.

Il s’agit donc de bien manœuvrer. Est-ce vraiment si compliqué ?

Tout le monde est capable de négocier un virage, mais dans les situations critiques, il vaut mieux savoir comment faire pour s’en sortir. Les pouces n’ont rien à faire à l’intérieur du volant. Ils doivent être posés à l’extérieur. Parce qu’en cas d’accident, ça peut faire vraiment très mal. On a nettement plus de contrôle en exerçant une pression sur le volant avec la main située à l’extérieur du virage plutôt que de tirer le volant avec la main située à l’intérieur. Lorsqu’on arrive à intégrer ça, nos mouvements deviennent automatiquement plus sûrs et plus fluides, et là je parle pas des pilotes de rallye. 

Sébastien Ogier, 32 ans, a troqué sa VW Polo pour une Ford Fiesta en 2017.

© youtube // Anton Brorsson

Personne au quotidien ne conduit avec les deux mains scotchées sur le volant en permanence.

En effet. Mais sur une belle route de montagne, ça permet d’avoir plus de contrôle et de prendre plus de plaisir. En principe, on doit éviter de poser la main sur le pommeau du levier de vitesse en conduisant.

« Tout commence par une bonne position sur le siège conducteur.  »


Il s’agit donc de bien manœuvrer. Est-ce vraiment si compliqué ?

Tout le monde est capable de négocier un virage, mais dans les situations critiques, il vaut mieux savoir comment faire pour s’en sortir. Les pouces n’ont rien à faire à l’intérieur du volant. Ils doivent être posés à l’extérieur. Parce qu’en cas d’accident, ça peut faire vraiment très mal. On a nettement plus de contrôle en exerçant une pression sur le volant avec la main située à l’extérieur du virage plutôt que de tirer le volant avec la main située à l’intérieur. Lorsqu’on arrive à intégrer ça, nos mouvements deviennent automatiquement plus sûrs et plus fluides, et là je parle pas des pilotes de rallye. 

M-Sport présente la nouvelle Ford Fiesta 2017 EcoBoost, conduite par Sébastien Ogier.

© M-Sport/Red Bull Content Pool

Les pilotes de rallye sont réputés pour leur capacité à gérer plus ou moins dix choses à la fois. Comment fait-on ?

C’est très vrai. En revanche, tout ce que je fais dans ma voiture de rallye tend vers un seul et même objectif : rouler vite, exclusivement. Je ne vérifie pas mes e-mails pendant le pilotage, mais les temps intermédiaires ou les différentes températures du véhicule. Avec mon kit mains libres, je ne m’entretiens pas avec des partenaires commerciaux, mais je me concentre sur la voix de mon copilote qui m’annonce le prochain virage. Apprendre à appréhender ce flot d’infos prend du temps. 

« Il faut surmonter ce réflexe de survie inné qui nous incite à faire le mort dans les situations dangereuses. »

Vous ne téléphonez jamais au volant ?

Si, mais on va dire que ma faculté à traiter un grand nombre d’informations à la fois tout en conduisant est plutôt bien développée. Il y a des pilotes expérimentés et inexpérimentés. À petite vitesse, n’importe quel conducteur non expérimenté se débrouille, même avec le téléphone à la main. Mais à plus grande vitesse, la qualité de leurs manœuvres se dégrade. C’est pourquoi chacun devrait s’entraîner à conduire en s’exposant à des situations de stress, dans un cadre sécurisé. Il faut essayer de rester détendu, même si ça se corse.

Que nous conseillez-vous, à nous, conducteurs lambda, en cas de perte de contrôle du véhicule ?

Battez-vous. Faites quelque chose : manœuvrez, ne regardez pas l’obstacle, lâchez la pédale de frein. Évitez le moment de l’impact aussi longtemps que possible. Il faut surmonter ce réflexe de survie inné qui nous incite à faire le mort dans les situations dangereuses. Pour pouvoir se reposer sur ses réflexes, il s’agit d’abord d’être détendu.

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02 2017 The Red Bulletin

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