The F2

The F2 : freestylers dans l’âme

Texte : Tom Guise
Photo : John Davis

The F2 comptent parmi les meilleurs footballeurs freestyle du monde individuellement. En duo, les Londoniens sont encore plus forts et populaires.

Sept ans plus tôt, les Londoniens ­Jeremy Lynch, 28 ans, et Billy Wingrove, 33 ans, étaient rivaux dans le monde de football freestyle. Avec le temps, ils ont tous deux réalisé que la collaboration avait plus d’avenir que la compétition.

En 2010, ils ont ouvert la prestigieuse cérémonie du Ballon d’Or de la FIFA et ont coupé le souffle à un public de pros du football grâce à leur formidable maîtrise synchronisée du ballon, en duo.

Depuis, les F2 Freestylers ont gagné le prix du meilleur spectacle de l’industrie britannique du divertissement et ont atteint près de 3 millions d’abonnés sur YouTube. Avec Messi, Neymar ou Pelé comme fans, le duo vient nous révéler le secret de la synchronisation parfaite.

THE RED BULLETIN : Une reconnaissance à l’échelle mondiale, ça fait quoi ?

BILLY WINGROVE : C’est simplement incroyable. Nous avons arrêté de jouer à 19 ans, au plus haut niveau du foot semi-pro, pour nous lancer dans le freestyle. Ce fut ­probablement la décision la plus difficile que nous ayons jamais eue à prendre – en tant qu’enfant, tout ce que tu veux c’est devenir joueur de foot – mais maintenant, à réaliser nos figures, nous sommes bien plus proches d’être les meilleurs du monde que si nous jouions au football. Si l’on considère ce que nous avons réalisé et combien de personnes cela a atteint, nous avons pris la bonne décision. 

« Jongler avec une balle en solo ne faisait plus le buzz… on s’est demandé : “Qu’est-ce qui n’a encore jamais été fait” ? » 
Jeremy Lynch, 28 ans

Pourquoi avoir fait équipe ?

JEREMY LYNCH : Nous trouvions qu’il n’y avait plus vraiment de buzz autour d’un gars jonglant avec une balle et nous nous sommes donc demandés : « Qu’est-ce qui n’a encore jamais été fait ? » Voilà comment nous avons eu l’idée de présenter une performance chorégraphiée en duo. Nous avons étudié nos artistes ­préférés, Michael Jackson, ­Diversity et le groupe de danse US ­Jabbawockeez, et avons mixé ces éléments avec nos aptitudes techniques de freestyle. Billy a eu l’idée de jouer en costard, et nous nous en sommes fait faire sur mesure, avec une matière stretch. Puis le Ballon d’Or nous est tombé dessus. Depuis, c’est l’effet boule de neige.

Votre collaboration a donc été la clé du succès ?

BW : Ça nous a pas mal aidés. Jeremy est probablement plus technique et il m’a stimulé, car je peux voir le niveau que je dois atteindre. Il se peut que je sois plus fort pour les tirs, et donc Jeremy a travaillé là-­dessus. Avoir quelqu’un à ses côtés pendant l’entraînement ne peut que faire progresser.

Travailler en duo est plus difficile que seul ?  

BW : Ça peut l’être, mais nous travaillons très bien ensemble. Ce n’est pas fréquent de trouver deux personnes qui se font entièrement confiance et qui ont la même habileté et la même gamme de compétences. Ensemble, nous assurons un juste équilibre, et c’est unique. Je ne pense pas que d’autres puissent atteindre cela simplement en se disant : « Bon, formons un duo… » 

« Dans les rares cas où nous sommes tous les deux intransigeants, nous faisons intervenir nos chéries. »
Billy Wingrove, 33 ans

Comment gérez-vous les ­désaccords ?

BW : Nous sommes différents, mais cela fonctionne bien lorsque nous créons de nouvelles choses. Nous respectons le point de vue de l’autre. Si l’un d’entre nous est intransigeant à propos de quelque chose, l’autre fait marche arrière et nous nous arrangeons. Dans les rares cas où nous sommes tous les deux intransigeants, nous faisons intervenir nos chéries.

Quel a été votre moment F2 le plus mémorable ?

JL : Passer une journée avec Pelé. Tu grandis en voyant Pelé comme probablement le plus grand joueur de tous les temps, et se retrouver en sa compagnie, simplement à bavarder et à rire était ­incroyable. Taper dans le ballon avec Neymar aussi. Certains le considèrent comme le Pelé de la nouvelle génération.

La prochaine étape ?

BW : Nos attentes sont déjà dépassées. À nos débuts, il n’y avait qu’une personne au monde avec une chaîne YouTube de football et 80 000 abonnés. Nous nous sommes dits : « Si nous arrivons à ce niveau, nous sommes contents. » Regardez où nous en sommes aujourd’hui. 

Si un club de la Premier League venait frapper à votre porte, ce serait la fin des F2 Freestylers ?

BW : Nous négocierions un contrat pour que je sois ailier gauche, Jeremy ailier droit, et nous trufferions nos séances d’entrainement de skills à télécharger sur YouTube. Rien ne changerait, sauf que nous jouerions aussi au Championnat d’Angleterre. Je ne pense pas que cela arrivera, mais ça me plairait bien de voir ça.

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05 2016 The Red Bulletin

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