Trans Provence

Trans-Provence : une course VTT qui démarre dans la neige et s’achève à la plage

Texte : Werner Jessner
Photo: DUNCAN PHILPOTT

Une course ? Une aventure ! La Trans-Provence, ce sont 6 étapes en 6 jours, des Alpes à la Méditerranée. Les jumelles Caro et Anita Gehrig nous embarquent dans cette folle équipée en VTT. 

Lorsque les 81 vététistes sortent la tête de leur tente au matin du premier jour, il pleut des cordes et on aperçoit… de la neige à l’horizon, en plein mois de juin ! Et une évidence : il va falloir s’y frotter très bientôt, la première étape grimpant tout de même à 2 500 m d’altitude. 

Les jumelles Anita et Caro Gehrig se demandent tout à coup si c’était une si bonne idée que ça de retenter l’aventure de la Trans-Provence. Il y a deux ans, nos vététistes suisses avaient déjà participé – avec succès – à cette course à étapes à travers le sud de la France. Une course oui, mais surtout « une semaine de VTT entre potes à travers des paysages incroyables et sur des pistes dont on rêve toute l’année ».

Trans-Provence

Départ : Embrun
Arrivée : Menton
Distance : 271 km

1. Étape : 38 km | Embrun – Barcelonnette
Dénivelé : positif : 1 739 m | négatif : 2 502 m

2. Étape : 44,34 km​ | Barcelonnette – Villars-Colmars 
Dénivelé : positif : 1 586 m | négatif : 2 646 m

3. Étape : 47,78 km | Villars-Colmars – Valberg
Dénivelé : positif : 1 733 m | négatif : 3 025 m

4. Étape : 33,10 km​ | Valberg – Valdeblore
Dénivelé : positif : 736 m | négatif : 2 775 m

5. Étape : 65,28 km​ | Valdeblore – Sospel
Dénivelé : positif : 1 623 m | négatif : 4 288 m

6. Étape : 42,76 km​ | Sospel – Menton
Dénivelé : positif : 1 760 m | négatif : 2 767 m

Et maintenant… la neige. Des passages où il faut porter son vélo et qui rongent les forces autant que la motivation. La fourche suspendue du vélo d’Anita présente un défaut, mais cela ne pèse pas lourd dans la balance : dans ces conditions dantesques, personne ne va bien vite, de toute façon. Bon matos, mauvais matos : quand on galère à avancer, seul le pilote compte. 

Lorsque les 81 vététistes sortent la tête de leur tente le matin suivant, l’histoire ne se répète pas. Le soleil brille et la Trans-Provence affiche son véritable visage. Celui qui fait de cette course si difficile, si exigeante et à la fois si enrichissante, mais réservée à quelques initiés au début, un événement incontournable de la saison internationale d’enduro VTT. Parmi 500 candidatures chaque année, uniquement les meilleures (plus quelques amis triés sur le volet) sont admises.

Si la victoire est importante, l’esprit de la course l’est tout autant, si ce n’est plus. Caro Gehrig : « C’est comme une bande de potes : rouler pendant une semaine au milieu de nulle part, ce n’est pas un truc que tu as envie de faire tout seul. La plupart du temps, on était par petits groupes de cinq ou six. Pendant la semaine, tout le monde discute un peu avec tout le monde. Les journées sont longues : six heures minimum, et même souvent huit. Quand tu as un petit coup de mou, tu es contente d’avoir de la compagnie. » 

À vivre ensemble cette expérience intense en pleine nature, les concurrents deviennent inévitablement amis. Caro : « Le troisième jour, j’ai vraiment kiffé : c’était génial, super dur, il faisait chaud, le single track en montée me semblait interminable, j’étais vraiment impatiente d’arriver au sommet. Et ça valait le coup : à la descente, tout le monde avait le smile. Le flow parfait pour une journée parfaite. » 

Trans Provence

S’éclater

Le Néo-Zélandais Jamie Nicoll sait-il ce qu’il fait ? Apparemment pas, vu que sa main droite n’est déjà plus sur le cintre. 

© Sven Martin

Bien sûr, il y a des incidents, des pannes, des chutes, tout ce qui fait partie d’une journée de VTT réussie. Avec l’envie de compétition en plus. Caro Gehrig, dont la jumelle Anita finira première féminine de cette Trans-Provence, le dit bien : « Sur les passages chronométrés, on a envie de se donner à fond, mais quand on ne connaît pas bien la piste, on commet forcément des erreurs. Mais les autres aussi en font, et c’est l’un des charmes de la course. Il faut lire la piste, savoir l’interpréter et décider à chaque fois quels risques on va prendre. Au bout de quatre étapes, il ne restait plus que 14 secondes entre la première et la troisième place chez les filles ! »

Trans Provence

Savourer

Ces moments où l’on oublie la course et que l’on se plonge corps et âme dans la montagne reviennent plusieurs fois par jour.

© Sven Martin

Après six jours de course, le Français Nicolas Lau s’impose, et l’arrivée à la mer est célébrée comme il se doit. Une libération ! Pour la dernière descente, les filles sont en mode « bikini ride » : fini, les fringues de cyclisme ! En maillot deux pièces, elles dévalent la pente jusqu’à la plage sur leur VTT en piteux état, et plongent directement dans l’eau. Quand elles en ressortent, des boissons fraîches les attendent sur la plage et, plus tard, une after-ride-party. Partante pour l’année prochaine, Caro ? « Absolument ! Même s’il y a encore de la neige au départ. »

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10 2016 The Red Bulletin

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