Wings for Life World run

La course, sa substantifique moelle    

Entretien : Werner Jessner 
Photos : Marco Rossi

L’Autrichien de 54 ans, double champion du monde de motocross et cofondateur de Wings for Life, nous parle de course à pied, de ses bienfaits et de ses objectifs pour la course caritative Wings for Life World Run 2015.

THE RED BULLETIN : Du temps où vous pilotiez, on ne vous connaissait pas coureur à pied…
Heinz Kinigadner : Je n’ai jamais été un énorme coureur mais je courais tous les jours.

Vraiment ?
Oui, la course à pied a plein d’avantages. On peut la pratiquer partout et contrairement à d’autres sports d’endurance, elle n’exige pas un gros équipement.

Combien de temps courriez-vous ?
Autant que possible. Généralement 45 minutes. Au bout de 50 minutes, j’étais de retour chez moi. Ma préparation physique de l’époque ferait rire les sportifs de haut niveau d’aujourd’hui, y compris dans les sports mécaniques. Mais au début de ma carrière, au milieu des années 80, l’entraînement physique n’en était qu’à ses débuts.

Aviez-vous un coach ?
Non, du moins pas jusqu’à mon premier titre mondial. Je piochais chez les uns et les autres ce qui me semblait bien.

L’ascension de la Himmelsstiege (« les escaliers du paradis », en français) à Feldkirch en Autriche (Voralberg)…
Inoubliable ! Toni Mathis, une référence dans son domaine, spécialisé en coaching fitness et physiothérapie, était derrière chacun d’entre nous. Le nom des escaliers a sûrement été inspiré par la sensation d’atteindre le paradis, une fois arrivé au bout et la douleur passée. Chacun montait à son rythme, mais il ne fallait pas s’arrêter. C’était le seul impératif.

 

« Au Wings for Life World Run, on court pour faire avancer les choses ensemble »
Heinz Kinigadner

Et alors ?
Personne ne s’est arrêté. Ni l’équipe nationale de hockey, ni les skieuses suisses. Personne, moi non plus. Aujourd’hui encore, quand je cours je ne m’arrête sous aucun prétexte.

Vous courez régulièrement ?
La course Wings for Life World Run est une motivation supplémentaire pour courir plus souvent. Ce que je fais en moyenne deux fois par semaine.

Où trouvez-vous la motivation ?
Quand on est en bonne santé, faire un peu d’exercice ne demande pas un effort surhumain. La cadence et la distance importent peu.

Êtes-vous un coureur du matin ou du soir ?
Exclusivement du matin. Sans petit-déjeuner, ni café. Je me prépare et je pars. Les jours où je cours sont de bons jours, je commence la journée avec le sentiment d’avoir déjà accompli quelque chose.

Votre parcours préféré ?
J’aime beaucoup courir à Ibiza. Un climat et un environnement agréables. L’idéal.

3 MAI 2015

Plus de 30 pays donneront en simultané le départ de la 2e édition du Wings for Life World Run, course unique en son genre. Qui ira le plus loin avant d’être rattrapé par les voitures-balais ? Inscriptions dès le 1er octobre 2014 sur le site officiel : wingsforlifeworldrun.com

Lors du Wings for Life World Run 2014, on a pu apprécier votre style…
Merci, c’est sympa. Mais je n’ai pas atteint mon objectif de 12 km, un échec que j’attribue uniquement à la Harley du caméraman qui était devant moi. En aucun cas à une préparation insuffisante. Avec une KTM en guise de lévrier, j’aurais sûrement atteint les 12 km.

Éléments biographiques

Heinz Kinigadner
Né le 28 janvier 1960 à Uderns (Autriche). Champion du monde de motocross 250 cm3 en 1984 et 1985 (KTM).

Fin de carrière
En 2003, après l’accident de son fils atteint de paralysie, Heinz arrête sa carrière et crée la fondation à but non lucratif Wings for Life avec Dietrich Mateschitz.

Wings for Life
Elle récolte des fonds pour financer la recherche sur la moelle épinière. Tous les bénéfices de la course Wings for Life World Run sont reversés à la fondation.

 Le Wings for Life World Run est de retour en 2015. Quel sera votre objectif ?
Je ne peux plus me contenter de 12 kilomètres. Cette année, je vise au moins 15 km, je ferai bien mieux que l’année dernière. Et il n’est plus question de me faire doubler par les dames de la catégorie 50 ans et plus. Ou par des hommes avec poussette et enfant.

Où serez-vous pour le départ ?
Probablement en Allemagne car le lendemain je dois me rendre en Grèce pour le Hellas-Rallye. L’année dernière, j’ai bien aimé Sankt Pölten en Autriche. Là-bas, les Allemands doivent se donner du mal.

Comment était l’ambiance sur le parcours ?
Plus on se fait dépasser, plus on se détend. On réalise que les gens ne courent pas pour la gloire mais pour la cause et le plaisir de faire avancer les choses ensemble. Et chacun a une histoire à raconter ! J’étais malheureusement un peu juste physiquement. Du coup, j’ai plus écouté que parlé. L’ancien skieur Peter Wirnsberger était près de moi la plupart du temps, il pouvait parler sans effort.

La course est une bonne occasion pour courir avec des sportifs célèbres.
Ce qui est génial, c’est que la plupart participent spontanément ! Pour certains d’entre eux, je n’ai pris conscience de leur présence qu’après coup. Il y en avait que je n’avais plus croisé depuis 30 ans, d’anciens collègues de moto par exemple. Ce n’est pas un mythe, au Wings for Life World Run on croise le monde entier.

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11 2014 The red bulletin

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