Yann Eliès - Französischer Segler in der Vendée Globe

Yann Eliès : le rescapé du Vendée Globe

Texte : PH Camy
Photos : ALEXIS COURCOUX

Le Français Yann Eliès n’est pas arrivé au bout de son précédent Vendée Globe. Il aurait pu y perdre la vie. Déterminé, il  revient pour le boucler.

En 2008, le Français Yann Eliès est victime d’un terrible accident sur le Vendée Globe. Aidé dans la tourmente par le skipper Marc Guillemot, il revient sur le VG avec le Quéguiner-Leucémie Espoir, bateau sur lequel Guillemot était venu à son secours.

THE RED BULLETIN : Se lancer sur un Vendée Globe, et s’y tenir, ça implique quoi ?

YANN ELIÈS : Ça veut dire qu’il ne faut pas tricher avec soi-même, avoir vraiment envie de le faire. Bien se préparer dans tous les choix techniques. On est là pour gagner une course et la terminer. Il n’y aura pas de pit-stop possible. Et il faut se dire qu’on y va aussi pour prendre du plaisir.

Et, comme vous avez pu le vivre, assumer tous les risques…​

C’est sûr que sur ma précédente édition, en 2008, j’ai failli y passer (son bateau, en survitesse, s’est planté dans une vague, ndlr). Je suis passé par-dessus bord et me suis fracturé le fémur sur le coup. J’étais heureusement attaché au bateau, et j’ai réussi à me hisser à bord…

Vendée Globe : le tour du monde en 78 jours

L'Everest des mers, le Vendée Globe est la seule course à la voile autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance. avec pour seule arbitre impitoyable : la mer. The Red Bulletin, le magazine des hommes d'action !

Avec une fracture, dans la tempête ?

Dans un moment pareil, l’instinct animal prend le dessus. Une décharge d’adrénaline. La peur. Tu t’extraies de la situation avec une force que tu ne te connaissais pas. Et là, il y a une douleur atroce qu’il faut essayer d’endiguer.

« Passer de compétiteur à sauveteur, c’est aussi ça le vendée globe. »
Yann Eliès, 42 ans


Et l’objectif, tout de suite : appeler les secours. J’étais tout à l’avant du bateau et j’ai rampé un long moment pour atteindre le téléphone satellite, avec cette jambe qui me faisait atrocement souffrir. 

Qu’est-ce qui a suivi ?

J’ai attendu 40 heures sur mon bateau avant qu’un navire de la marine australienne vienne me sortir de là. Heureusement, le navigateur Marc Guillemot, lui aussi engagé, a fait demi- tour et a su retrouver mon bateau pour venir s’en approcher et me soutenir par radio. 

Si un marin est dans la mouise, le concurrent le plus proche vient l’aider, c’est bien ça ?

Il y a des moments, comme quand on entre dans l’Océan Indien, où l’on est loin de tout, il n’y a personne. En cas de souci, dans ce no man’s land, l’homme qui peut venir te sauver, l’espoir le plus proche, c’est celui contre lequel tu te bats au quotidien. Sur le Vendée Globe, tu passes de compétiteur à sauveteur en une seconde.

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10 2016 The Red Bulletin

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