Alibi.com

Alibi.com :
tel est pris… 

Texte : Pierre-Henri Camy
Photos : StudioCanal

Après Babysitting 1 et 2, Philippe Lacheau balance Alibi.com : comment la vie du patron d’une agence spécialisée dans le mensonge pour particuliers part en vrille.

THE RED BULLETIN : Philippe Lacheau, cette idée d’agence spécialisée dans le pipotage professionnel, ça vous est venu d’où ? Suite à une mésaventure de la bande à Fifi ?

PHILIPPE LACHEAU : En fait, c’est venu d’un reportage qu’on a vu à la télé en 2010, je crois, sur ces sociétés d’alibis aux États-Unis. On a trouvé ça fou, et on s’est dit que ça ferait un super sujet de film. Aux States, ils ont même développé une appli qui te permet de télécharger de fausses ambiances sonores. Tu as une trentaine d’ambiance, tu choisis : stade de foot, fête, bébé qui pleure, aéroport… « Je suis au stade de foot chérie ! », mais en fait tu es ailleurs (rires). Tu peux aussi te faire envoyer des SMS à l’heure que tu veux, et par l’émetteur que tu veux, ça peut te servir pour t’échapper d’un rendez-vous relou, ou d’un dîner ennuyeux.

Alibi.com, troisième long-métrage réalisé par Philippe Lacheau.

© Youtube // STUDIOCANAL France

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Un bon alibi doit être gros, forcément abusé ?

On s’est renseigné, on a lu pas mal d’interviews du patron de cette société américaine et on a découvert qu’ils avaient sorti un alibi prison ! Le type avait fait croire à sa nana qu’il était en prison. Si tu es en prison, tu peux donc partir plusieurs mois où tu veux (rires).

« Aux States, ils ont même développé une appli qui te permet de télécharger de fausses ambiances sonores. »


Est-ce que vous avez dû mentir, inventer un truc, pour convaincre des gens de produire ou soutenir votre film ?

Oui, j’ai dû dire que Julien Aruti et Tarek Boudali (partenaires historiques de Lacheau présents dans le film, ndlr) seraient très bon dans Alibi.com, en sachant pertinemment que c’était un mensonge (rires) !

C’est quoi, un bon alibi ?

Un bon alibi te permet de ne pas te faire griller, c’est un truc crédible qui te permettra de mentir en étant relativement relax. Dans le film, la société cartonne, elle fournit des alibis en béton, ça marche vachement bien, jusqu’à ce que le concept se morde la queue, quand Grégory, le créateur de cette société (joué par Philippe Lacheau, ndlr), découvre que son beau-père est un client de sa boîte. Le roi du mensonge se fait prendre à son propre jeu.

Didier Bourdon & Nathalie Baye

« Un bon alibi te permet de ne pas te faire griller, c’est un truc crédible qui te permettra de mentir en étant relativement relax. »

Pour Babysitting 2, vous vous étiez mis au parachute, au point d’en devenir accro. À quoi vous êtes vous essayé pour Alibi.com ? Le pilotage auto, si l’on en croit une belle poursuite en voiture dans le film ?

Dans Alibi.com, a des cascades, on a plein de choses, mais en terme de défi physique, par rapport à Babysitting 2, c’était bien plus relax, on n’a pas sauté d’une cascade de 11 mètres…

Mais le film ne manque pas de surprises, et de guests, comme l’apparition de Samy Naceri, qui joue un chauffeur de… taxi.

On a en effet la chance d’avoir plein de guests, qui sont venus faire des virgules dans le film. Samy en fait partie, on était ravis de l’avoir. Ça s’est fait assez facilement, sans lui, la vanne sur le taxi aurait été moins forte. On a aussi eu La Fouine, Chantal Ladesou, Norman, ou Joey Starr, qui nous a dit oui pour un rôle surprise, on ne pensait pas qu’il serait ok, mais au final, il montre à tout le monde qu’il a vachement d’autodérision et de recul sur lui-même. C’est une belle surprise.

Élodie Fontan & Philippe Lacheau

« Dans Alibi.com, a des cascades, on a plein de choses, mais en termes de défi physique, par rapport à Babysitting 2, c’était bien plus relax. »

Joey Starr, un mec qui en a… À ce propos, comme dans Babysitting 2, dans Alibi.com on trouve toujours cette envie de montrer les parties intimes de certains acteurs… On parle ici d’une mise en scène avec un chat féroce.

SAUCE FARRELLY

Ces ingrédients que Lacheau a tirés des comédies des Frères Farrelly (Dumb & Dumber, Mary à tout prix).

Des animaux
« Ils sont un vecteur de comédie fort. Il n’y a qu’à voir le succès des vidéos d’animaux, comme les chats, sur Internet, ou d’animaux qui se plantent. Heureusement, ils s’en sortent toujours à la fin ! »

Du no limit
« Là où d’autres s’arrêteraient, les Farrelly vont encore plus loin. La scène de Mary à tout prix où elle se retrouve avec du gel dans les cheveux parce que le type s’est masturbé, je ne vois pas une comédie française qui aurait osé faire ça. Et c’est devenu culte. »

Du visuel
« Ces deux réalisateurs américains sont dans les gags visuels, comme dans Fous d’Irène. Dans Alibi.com, l’un des gags que je préfère, c’est quand j’essaie désespérément de refaire le coup de pied retourné de Van Damme… »


(Rires.) Écoute, c’est pas fait exprès, on garde cette logique d’écrire ce qui nous fait rire, on ne calcule rien, on se raconte la scène, et on se dit que ça pourrait être marrant. Visiblement ça vaut le coup, car on a fait quelques petites avant-premières et c’est l’un des gags où les gens se marrent le plus. Tout comme pour Babysitting 2 avec la scène où Vincent Desagnat faisait du parachute à poil. Visiblement, ces scènes ne font pas rire que nous !

Votre film est aussi un hommage à Jean-Claude Van Damme, pourquoi ?

Mon personnage est fan des années 80, comme moi plus jeune, j’étais fan de Van Damme, Stallone, Schwarzenegger. Du coup, on voulait rendre un bel hommage à Jean-Claude et on s’est dit que ça pouvait être sympa de racheter des droits pour intégrer Van Damme dans le film. Ça a marché, alors, du coup on peut dire qu’en quelque sorte, on a Jean-Claude Van Damme dans le film !

Est-ce que JCVD pourrait inspirer un prochain film ?

Il se pourrait que mon prochain film soit une comédie d’action, ça risque d’être un gros truc !

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02 2017 The Red Bulletin

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