The Melvins frontman and rock star Buzz Osborne

Buzz Osborne : « la liberté, c’est ça le succès »

Texte : Florian Obkircher
Photo : Mackie Osborne

Buzz Osborne est la rockstar que les rockstars vénèrent. Le frontman du groupe alternatif Melvins explique le secret décalé de son succès.

Avec les Melvins, depuis 33 ans, Buzz Osborne se plaît à pratiquer un extrémisme guitaristique qui met ses auditeurs à rude épreuve.

Parmi ses fans : Jack Black, Dave Grohl et Trent Reznor (Nine Inch Nails) qui l’admirent pour son génie inventif. Comment est-il devenu la rockstar des rockstars ? En laissant toujours s’épanouir son geek intérieur, dit-il.

THE RED BULLETIN : Monsieur Osborne, à quoi cela sert-il d’être décalé ?​ 

BUZZ OSBORNE : C’est très simple : c’est seulement en étant différent que les autres se rappelleront de toi. Personne ne se serait intéressé à Alice Cooper s’il avait ressemblé à un présentateur d’émissions de télé pour enfants. Il n’y a rien de plus ennuyeux que de faire ce qui a été fait par d’autres !

 

Mais ce n’est pas en faisant les choses autrement qu’on les fait forcément mieux.

Être décalé, cela signifie avoir le courage d’emprunter des pistes novatrices. De se contreficher de ce que disent les autres. Cette attitude est une condition indispensable pour réussir. 

Cela se montre-t-il valable en dehors de la musique ?

Bien sûr. Dis non, quand tout le monde dit oui. N’importe quel boursier sait qu’il ne faut jamais acheter les actions sur lesquelles tout le monde mise en ce moment.  

Les faits : 

  • Roger Osborne
  • Naissance : le 25 mars 1964 
  • Lieu de naissance : Montesano, Washington, USA
  • Pseudo : King Buzzo
  • Le saviez-vous : il a été bassiste dans le premier groupe de Kurt Cobain, Fecal Matter. 

Hideous Woman tiré du nouvel album des Melvins, Basses Loaded.

© Ipecac Recordings // Youtube

Ne s’isole-t-on pas à force de vouloir être différent ?

Je citerai Groucho Marx : « Je ne veux appartenir à aucun club qui m’accepterait comme membre. » Depuis mes débuts, je m’oppose à faire partie d’une scène.

Pourtant vous passez pour le père de la scène grunge…

… ce titre, ils peuvent se le garder !

Mais vous avez présenté Kurt Cobain et Dave Grohl l’un à l’autre. Le monde vous doit Nirvana !

Il ne faut pas surévaluer cela. Nirvana n’était pas aussi révolutionnaire que tout le monde prétend aujourd’hui.

Certains vont hurler. Culte, Nirvana passe pour le groupe qui a libéré le rock de l’emprise des groupes de hard glam grâce à un son authentique.

Ils faisaient partie du même système : ils consommaient les mêmes drogues, avaient les mêmes femmes célèbres, jouaient dans les mêmes arènes que leurs ennemis Mötley Crüe et Guns N’Roses. 

« … cette attitude est une condition indispensable pour réussir. »
Buzz Osborne, 
52 ans, «  marxiste  » 

Doit-on le leur reprocher, à la vue de leur succès ? 

Tout dépend de comment l’on définit le succès.

Pour des musiciens, probablement par d’énormes concerts dans des stades ?

Premièrement : la place de la musique n’est pas dans les stades, mais dans les bars. Deuxièmement : pour moi, le succès c’est la liberté artistique. Le fait que personne ne peut m’imposer le son que ma musique doit avoir.

Cliquer pour lire la suite
06 2016 The Red Bulletin

Article suivant