Chris Macari par Lengos

Chris Macari : metteur en scène de l’ego de Booba 

Texte : Nicolas Guiloineau
Photo : Lengos / Wikipédia

Chris Macari a réalisé les clips les plus marquants du Duc de Boulogne. Bienvenue dans la tête du gardien de l’image de Booba.

Quand Chris Macari décroche son téléphone pour s’entretenir avec nous, il est entre deux vols. Il revient tout juste du Sénégal, où il a tourné le clip DKR, la bombe lâchée par Booba fin septembre ; et il est sur le point de partir tourner à Chicago pour le compte de Soprano.

Chris Macari est un réalisateur très occupé. Et pour cause, tous les plus gros noms du rap français veulent travailler avec lui. Ces dernières années, il a notamment œuvré avec Alonzo, SCH, Kaaris, Gradur, Youssoupha…et Booba, bien sûr. Chris bosse sur la plupart des clips du Duc de Boulogne. En huit ans, ils ont signé plus d’une quarantaine de vidéos ensemble. 

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Booba est l’artiste avec lequel le réalisateur préfère travailler. Les deux hommes se complètent et se poussent mutuellement à se dépasser. Seul l’ancien membre de Lunatic est capable de l’aider à ce point à dépasser ses limites. Et personne d’autre que Chris Macari ne peut se vanter de connaître aussi bien les besoins de Booba en termes d’image. Ensemble, ils ont construit une version très cinématographique et fictionnelle de l’univers du rappeur fait de voitures rutilantes, de filles qui dansent, d’argent facile et d’armes qu’on charge et qu’on décharge.

Mais réduire Booba à cette imagerie serait erroné. À travers ses lyrics, ses surnoms ou encore l’appellation de son label, l’artiste a construit toute une mythologie. Et à cet égard, le clip Comme Les Autres est celui qui contient le plus de références à cela et le moins d’éléments gangsta. Ce clip, c’est précisément celui dont Chris Macari est le plus fier. Il met en scène Booba et un ours brun dans un décor enneigé 100 % naturel. Un ovni dans leur œuvre commune et dans l’univers stéréotypé des clips de rap. Mais c’est bien ce film qui représente la quintessence du travail de Chris et qui illustre au mieux la relation que lui et Booba entretiennent. Bienvenue dans la tête de Chris Macari sur le tournage d’un clip pas comme les autres.

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© YouTube // B2ObaOfficiel

Tout part d’une vision

Jeudi 3 décembre 2015. Booba s’apprête à sortir l’album Nero Nemesis et à lancer la tournée qui accompagne sa sortie. Chris Macari le rejoint à Genève pour la première date. « J’écoutais l’album dans l’avion et au moment où Comme Les Autres se lance, on était en train de survoler les montagnes, raconte le réalisateur, ça m’a fait kiffer d’avoir ce décor enneigé sous les yeux en écoutant le morceau, et j’ai tout de suite voulu lui proposer ce genre de choses pour le clip. » Chris fonctionne à l’instinct. L’association d’idées entre le morceau et les paysages enneigés qu’il a sous les yeux sonne pour lui comme une évidence. Il propose cette piste à Booba dès qu’il le retrouve dans les coulisses de la salle de concert de Genève.

Chris Macari, qui le connaît parfaitement, sait que Booba n’est pas du genre à se laisser dicter son image : « Il a toujours des idées pour ses clips. Il a sa vision des choses pour chaque morceau quand il est en studio. » Mais le réalisateur est l’un des rares privilégiés à avoir voix au chapitre et souvent, le rappeur fait appel à lui pour bonifier ses propres idées : « À chaque fois qu’il sort un son, il me demande ce que j’en pense et quelles idées je pourrais lui proposer pour le clipper. Il me laisse cogiter, je reviens vers lui et il me donne sa vision des choses. » Pour Comme Les Autres, c’est l’inverse. Chris vient avec son projet. Booba aime l’idée et accepte immédiatement, signe que les deux hommes sont artistiquement sur la même longueur d’onde. Et pour cause, les visions de Chris Macari s’intègrent d’elles-mêmes dans l’idée que Booba se fait de sa propre image, de son personnage. Il est le gardien du temple de l’imagerie du rappeur. Plus qu’une question d’harmonie : ils collaborent depuis 2009 et nourrissent une vraie relation de confiance.

Chris Macari et Booba enchaînent alors les discussions pour que le clip prenne forme. Tout doit être décidé, même les détails. L’univers de Booba, c’est du sérieux : « Il contrôle tout en amont car il veut maîtriser son image, explique Chris, il veut contrôler les synopsis ; savoir comment ça va se passer avant de mettre son image en jeu. Et je le comprends, je ferais pareil à sa place. » Ils se mettent alors d’accord sur les plans fixes avec le rappeur au sommet de la montagne, ceux sur lesquels il marche dans la neige. Et surtout, sur le fait d’incorporer un ours au clip, un animal central dans la mythologie de Booba. 

D’égal à égal

Cette discussion est un échange, qui se fait quasiment d’égal à égal. « Ses clips, c’est toujours un mix entre nos idées à tous les deux, tout ce qu’on fait est le fruit d’une réflexion commune. » Entre eux, le ton ne monte jamais ou presque. « C’est déjà arrivé que Booba me mette la pression mais il n’est jamais directif avec moi. » Le rappeur a des exigences en termes de qualité mais il n’a pas besoin de donner d’ordres à Chris Macari. Il sait ce dont le réalisateur est capable. Il sait aussi qu’ils ont les mêmes attentes du clip qu’ils sont en train de préparer. Les enjeux autour de chacun des films de Booba sont trop importants pour se permettre de faire les choses à moitié. Et ça, ils en sont tous les deux parfaitement conscients.

🐂🌲❄ LET'S PARK HERE... WE SHOOT THERE... THEN WE GO TO THE DEAD TREES. @davidgitlis_hkcorp & @boobaofficial

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Quelques heures suffisent à Booba et Chris Macari pour se mettre d’accord sur tout. Pas la peine d’enquiller les réunions ou de parlementer pendant des semaines, le projet Comme Les Autres est planifié en très peu de temps. Après avoir défini les contours de ce projet, ils ne se croisent plus pendant un mois : « Chacun de nous était occupé par différents sujets. Lui était pris par la première partie de sa tournée. On s’est vraiment penchés dessus fin décembre, on a lancé la production directement. » 

Direction le Montana

Booba peut compter sur Chris Macari et lui déléguer des tâches cruciales. Comme les repérages par exemple. Le réalisateur chine des lieux sur le net. Le tournage aura lieu à la frontière entre le Montana et Wyoming dans le nord-ouest des États-Unis.

Début janvier 2016, un mois à peine après que l’idée ait germé, Chris part sur place quelques jours avant le tournage et l’arrivée de Booba. Une rapide halte à Los Angeles puis direction les grands espaces. Cette excursion en solo lui permet de matérialiser la vision qu’il avait eue dans l’avion un mois auparavant et les discussions qui ont eu lieu avec Booba depuis. Il sait enfin où il tournera les plans de B2O posé sur le tronc d’arbre abattu, ceux où il surplombe la vallée.

🐂❄❄❄ #BisonsLand

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Synopsis calé, repérages terminés, tout est sous contrôle. À part peut-être un point, toujours source de tension. « J’ai la chance d’être mis en avant par un artiste qui est très suivi en France. Du coup, les gens surveillent ce que je fais, me suivent de près. Je suis conscient de l’attente que génère chacune de mes collaborations avec Booba, je me mets la pression à chaque fois que je bosse avec lui. C’est une bonne pression, une pression qui me pousse à aller plus loin. » Travailler avec le rappeur qui pèse le plus en France aujourd’hui, c’est forcément s’exposer. Chris sait qu’il est attendu au tournant et qu’il sera jugé à l’aune de son travail avec Booba.

« Je suis le patron de l’image »

Booba arrive aux États-Unis. Le tournage peut commencer. Chris a loué son matériel et ses caméras comme il le fait à chaque fois pour rester à jour niveau évolution technique. Il s’est entouré de son équipe de techniciens habituelle. Au moment de faire tourner les caméras, le geste est naturel : il laisse la place du chef à Booba. « Sur le tournage, le vrai patron du projet c’est soit la maison de disques soit l’artiste. Moi je suis à son service. » Chris Macari se verrait-il comme un simple exécutant ? « Un exécutant qui peut donner son avis, qui a son domaine d’expertise alors. Je suis peut-être le patron de l’image. » Il ne reste au réalisateur qu’à shooter les plus beaux plans possibles.

5 trucs à savoir avant de penser à faire un clip avec un ours

1. Inutile d’essayer de capturer un ours, vous pouvez en louer un. En quelques clics sur Google, vous pouvez trouver votre bonheur. Même en France.

2. Par contre, il faudra débourser environ 2000 euros par jour. Un prix auquel il faudra rajouter les coûts de transports. Car au risque de vous surprendre, les ours n’ont pas de pass Navigo.

3. Ne tapez pas « comment dresser ours facilement » dans Google. L’animal sera accompagné d’un spécialiste. C’est grâce à lui que d’une part l’ours pourra faire ce que vous attendez de lui, et que d’autre part vous resterez en vie.

4. Si vous aussi vous voulez tourner avec un grizzly, sachez que le poids moyen d’un mâle est de 270 kilos. Autant vous dire qu’il va falloir soulever beaucoup de fonte pour ne pas avoir l’air trop ridicule à côté.

5. Certains services de location vous proposent même de faire venir un ours pour votre soirée en boîte. Bon à savoir pour la petite sauterie de fin de tournage.


Les premières prises s’enchaînent dans les montagnes du nord des États-Unis. L’hiver est tout sauf une partie de plaisir et les conditions deviennent vite difficiles. « Le tournage a duré trois jours intenses », explique Chris. Trois jours pour tourner un clip c’est long, surtout quand la météo s’en mêle. « On a eu des intempéries. Il a plu pendant les repérages et il s’est mis à neiger pendant qu’on tournait avec l’ours. » Pas de quoi faire dérailler la machine pour autant. Surtout quand son équipe est là pour l’épauler : « Ce sont des gens avec qui je m’entends bien, des gens avec lesquels j’ai l’habitude de collaborer et qui sont présents pour moi quand j’ai besoin d’eux. » Des gens qu’il tente de manager à sa manière d’ailleurs : « Quand on tourne, je suis cool, je ne suis pas autoritaire avec les gens. Je peux l’être si je vois que ça déconne vraiment. Mais je ne suis pas tortionnaire avec mon équipe, je sais que ce sont des gens qui travaillent d’arrache-pied. »

Surtout, il n’a aucune raison de s’énerver quand il tourne avec Booba. Leur harmonie dans le travail est telle que même les imprévus ne peuvent pas les faire déraper. L’ours noir initialement prévu est remplacé par un grizzly ? « Ça tombait bien vu que Booba en parle tout le temps dans ses textes. »

Chris s’éclate. C’est de son propre aveu un des tournages sur lesquels il s’est le plus amusé. Et ce pour deux raisons. La première : Booba a apprécié, et quand l’un prend son pied en tournage, l’autre aussi. La deuxième : le réalisateur a eu les mains suffisamment libres. « Ce qui m’éclate, c’est quand je finis par avoir ce que je voulais vraiment, quand l’artiste et la maison de disques me permettent de le faire. Là, j’ai pu faire une belle intro, des beaux plans dans la neige et même filmer une aurore boréale. J’ai besoin de liberté dans mon taf. »

La touche Macari

Le verbe « s’amuser » revient souvent dans la bouche du réalisateur mais ce n’est pas qu’une question de plaisir. S’éclater dans son boulot lui permet de donner le meilleur de lui-même, d’atteindre le standard de qualité qui est le sien et que Booba attend de lui : « S’amuser en tournage, c’est super important. Si ce que tu fais ne te plaît pas, ça se ressent dans ton travail. Or, avec moi le public est habitué à une certaine mise en image et une certaine qualité. Je suis conscient de cette attente quand je tourne et j’essaie d’y répondre même si ce n’est pas évident. » La qualité dont parle Chris, c’est ce qui fait qu’on reconnaît son travail au premier coup d’œil : une photographie digne d’un blockbuster à gros budget ; beaucoup de jeu de couleur et de lumière ; parfois des ralentis mais sans jamais en abuser. 

🎥🎬 #SetLife @chris_macari_films 📸 By @airshoot.paris

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De retour en France, l’adrénaline du tournage retombe et Chris se lance dans la phase cruciale de son travail, la post-production, moment où il est censé donner sa touche aux plans rapportés des States. Les événements lui laissent le temps de se prendre copieusement la tête sur le montage de Comme Les Autres. Booba compte tellement sur lui que Chris travaille simultanément sur le montage d’un deuxième clip du Duc : « Je devais aussi avancer en parallèle sur 92i Veyron. Comme Les Autres était moins urgent et j’ai pu travailler environ deux semaines en post-prod dessus. Ça tombe bien, je suis perfectionniste. »

Chris est un artisan de l’image. Il travaille en famille et peut au faire appel à un cercle de proches restreint durant cette phase : « 95 % du temps, je monte mes clips moi-même mais quand je n’ai pas le temps, je bosse avec d’autres personnes. Sur Comme Les Autres, j’ai été aidé par quelqu’un qui m’est cher, à savoir ma copine, qui s’est occupée du pré-montage. Là-dessus, je m’amuse avec l’étalonnage, ce genre de choses. »

Là où avec d’autres artistes l’étape de l’envoi du premier montage est un moment important, avec Booba ce n’est qu’une formalité : « Il m’a demandé assez peu de modifs sur celui-ci, je pense que c’est parce qu’on a des automatismes ensemble. » Conscient des attentes du Duc, Chris sait parfaitement mettre en scène sa gestuelle, ses gimmicks. Il sait quand couper, quelle proportion de plans en contre-plongée attend le rappeur. Des automatismes donc, mais pas des raccourcis : « Avec Booba, chaque clip est un nouveau challenge, chaque clip est différent et on doit se surpasser à chaque fois. »

🎬🎥 #GrizzlyGang #GeyzerLand @boobaofficial @davidgitlis_hkcorp @lornehiltser #ChrisMacari #ColinAkoon

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Le spectre de la retouche

Chris passe au total deux semaines devant son écran à s’arracher les cheveux sur tous les petits détails du clip de Comme Les Autres : « Jusqu’à la dernière minute, j’ai toujours envie de modifier une couleur ou un petit bout de montage. C’est vraiment avec le montage que je suis le plus perfectionniste. » La confiance de Booba est à ce prix. Et même une fois le clip livré, le spectre de la retouche le hante toujours. « Je rends les clips à Booba environ une semaine avant leur sortie, parfois deux ou trois jours avant. Et il m’arrive pendant ce temps de me dire sur des détails «j’aurais pu faire ça autrement». La plupart du temps, quand je revois un clip je me dis «t’aurais pu faire mieux». Mais ce sont des défauts que je suis le seul à voir parce qu’ils concernent mes tentations, mes envies. »

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Sur Comme Les Autres, ses sentiments sont plus apaisés. Ce qui le rend si serein, c’est d’avoir respecté autant que possible le plan que lui et Booba ont tracé aux premières étapes du projet. Certains détails diffèrent, comme les fringues que porte le rappeur, mais le résultat final ressemble comme deux flocons de neige à ce qu’ils avaient prévu ensemble. Cette vidéo répond autant à ses propres attentes qu’à celles de Booba. Et c’est ce qui fait qu’à ses yeux, Comme Les Autres est un de ses meilleurs clips.

Comme Les Autres posté sur YouTube : le patron, c’est le public

Fin février 2016, le clip est entre les mains de Booba. Chris Macari était à l’origine de l’idée, le projet de tourner dans la neige vient de lui et il a passé un temps considérable à peaufiner la vidéo en post-production. Mais dorénavant, le clip ne lui appartient plus. Dès que Booba le poste sur sa chaîne YouTube, c’est au tour du public de se l’approprier.

Chris Macari

Réalisateur
Né le 8 février 1980 (36 ans), à Créteil
A grandi à Fort-de-France
Bercé à l’adolescence par la chaine BET et les spots de publicité à la télé
Diplôme de l’École Supérieure d’arts Graphiques Penninghen
Actif depuis 2003
Influencé par Spike Lee, Martin Scorsese, Ridley Scott, Tony Scott, Hype Williams
A réalisé plus de 150 clips pour Booba, Youssoupha, Rim’K, Kaaris, SCH, Damso, 113, Mac Tyer, Dosseh, Seth Gueko, Despo’Rutti…

Les clips dont il est le plus fier : Booba - Comme Les Autres, Booba – Turfu, Booba feat. Benash – Validée, Kalash feat. Booba - Rouge et Bleu 


Le réalisateur s’attendait-il à ce que le film fasse autant parler à sa mise en ligne ? « En tout cas, j’attendais la sortie de pied ferme, je voulais que ce clip marque les esprits. Quand il a été publié, il y a eu beaucoup de réactions, beaucoup d’articles. Tout ça m’a fait super plaisir. C’est toujours gratifiant de voir qu’il y a des gens qui suivent ton actu, ce que tu fais, qui sont à l’écoute. »

Si le clip étonne et ravit les fans, il suscite aussi des réactions moins positives. La critique qui revient le plus : Booba et lui se sont-ils un peu trop inspirés de The Revenant, le film événement sorti quelques semaines plus tôt ? Chris Macari met fin au débat. « Quand je suis arrivé à L.A. pour le tournage, le film n’était même pas encore sorti, se défend-il, j’avais envie de tourner dans la neige depuis longtemps, même pas forcément avec Booba et c’est le premier clip que je pouvais faire dans ce genre de paysages. Le synopsis était écrit bien longtemps avant la sortie du film. »

Ce n’est pas la première fois que Booba et lui doivent faire face à ce type de remarque. Le clip d’OKLM se rapprochait déjà beaucoup du film Drive. Un hommage cette fois totalement assumé : « Exactement comme quand Jay-Z refait le film Usual Suspects dans le clip de City Is Mine. » Qu’importe. Peut-être qu’inconsciemment, Chris Macari dessine les contours de son avenir. Il rêve de fiction, de sortir un blockbuster bien léché ou une série monumentale façon Netflix. Et si Booba en signait la B.O. ?

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11 2016 The Red Bulletin

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