Flume

Le B.A.-ba du remix

Texte : Florian Obkircher
Photos : Lisa Frieling

FLUME A REÇU BEAUCOUP D’ATTENTION CES DEUX DERNIÈRES ANNÉES GRÂCE À SES MORCEAUX D’ÉLECTRO VELOUTÉE. IL NOUS EXPLIQUE SON PROCESSUS DE REMIXAGE. 

THE RED BULLETIN : Quels attributs est-ce qu’une chanson doit avoir pour que tu aies envie de la remixer ?

FLUME : En principe je ne prends que des morceaux que j’aime déjà à l’état original. À cela je dois avoir le sentiment de pouvoir donner une nouvelle facette au morceau en question. Quand il s’agit d’une musique douce et triste je vais avoir envie de faire exactement le contraire dans mon remix.

Tu peux nous donner un exemple ?

Prenons mon remix You and Me de Disclosure. L’original est un morceau de house galopante. Je l’ai transformé en une ballade orchestrale. En principe je construis une toute nouvelle chanson, qui n’a que les paroles en commun avec l’original. Mes remixes doivent être plus qu’une simple variation de l’original. 

Flume a déjà remixé des tubes de pointures musicales comme Arcade Fire, Disclosure ou Lorde. 

Combien de fois est-ce que tu écoutes un titre avant de commencer à le retravailler ?

Aussi peu que possible. Je veux éviter d’être trop imprégné par le morceau. C’est contraignant de trop bien connaître une chanson si tu veux la transformer et créer quelque chose de nouveau.

Quels sont les premiers pas quand on remixe ?

En général je prends seulement la piste de chant et je compose un nouvel accord. Je pitch shift la voix vers le bas ou alors je le distords. Ça donne un air assez drôle et ça m’aide à trouver de nouvelle mélodie. J’utilise la piste de chant quasiment comme un instrument supplémentaire.

Au début j’utilisais cette technique parce que ça m’amusait. Aujourd’hui c’est devenu ma marque de fabrique pour mes remixes.

De quels outils te sers-tu ?

La plupart du temps, je fais tout sur mon ordinateur portable. Bien sûr, c’est formidable de composer dans un vrai studio, mais je privilégie la flexibilité. Je veux pouvoir mixer mes morceaux à l’aéroport, au café, à n’importe quel moment, tant que je suis inspiré. 

 

« Quand il s’agit d’une musique douce et triste je vais avoir envie de faire exactement le contraire dans mon remix » 
Flume

Quel logiciel utilises-tu ?

Pour mes remix je me sers de Ableton Live et d’un synthétiseur. J’utilise presque toujours le synthétiseur LennarDigital Sylenth 1. Il n’a rien de spécial mais j’aime sa palette de sons. J’obtiens normalement très vite de bons résultats avec ce logiciel.

En plus je me sers beaucoup de Sample-Packs. Ce site a une banque de données incroyable. On a accès à plusieurs milliers de sons d’instruments. À partir de là je cherche parmi des centaines de sons de caisses claires et de grosses caisses le timbre adéquat. Les sons basiques m’énervent. Je veux des tons bizarres et uniques, des timbres que personne d’autre n’utilise.

Flume

Conseil de Flume : « Au début expérimente et construis ensuite ton propre style. » 

© Lisa Frieling 

Comment est-ce que tu fais la promotion de tes remix ?

Avec des vidéos You Tube. Je me dis que si j’investis déjà autant de temps et d’énergie dans mes remixes alors pourquoi ne pas les traiter comme mes tubes ? Par là je veux dire, produire des vidéos, les publier sur les réseaux sociaux et les promouvoir. Ce travail supplémentaire en vaut la peine : certains de mes clips-remixés ont reçu plus de clics que mes morceaux originaux.

Y a-t-il un remix qui t’ait inspiré au début ?

Oui. L’un des meilleurs est de Boys-Noize avec My Moon My Man de Feist. Boys Noize a fait du produit brut, une chanson pop, un son de club, qui est plus canon que l’original. Et ça, c’est pour moi l’objectif ultime de tout remix. 

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03 2015 The Red Bulletin 

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