Ahmed Sylla

L’art de l’imitation et du « faire rire », par Ahmed Sylla

Texte : Pierre-Henri Camy
Photos : Mars Film

Le rire est un art difficile. Se pointer sur scène, devant 20, 100, 2000 personnes, pour les faire rire, sans tomber dans la facilité, ne doit pas être chose aisée. On a posé la question à Ahmed Sylla.

THE RED BULLETIN : OK, tout le monde fait marrer ses potes, sa famille, mais à quel moment on se motive à tenter le coup, se lancer en tant qu’humoriste ?
AHMED SYLLA : Pour ma part, ça a été quand j’ai commencé à participer à l’émission de Laurent Ruquier, On ne demande qu’à en rire, sur France 2. Quand j’ai intégré cette émission, après un casting, je me suis dit que je n’avais rien à perdre. Si ça ne marchait pas, j’aurais fait autre chose. Finalement, j’y ai fait 10 sketches, et je suis resté dans l’émission, dont je suis devenu sociétaire. Ça voulait dire qu’on me donnait un petit peu de crédit. Donc, si on me donne du crédit, je le prends, et j’essaie de redistribuer les cartes. Je me suis dit qu’il fallait écrire un spectacle.

Ahmed Sylla est à l’affiche de L’ascension, au ciné le 25 janvier.

© Youtube // FilmsActu

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Vous avez d’abord joué devant combien de personnes ?
La plus petite capacité que j’ai faite, c’est 17 personnes. Au Petit Palais des Glaces. Si tu fais rire 17 personnes, tu peux en faire rire 2 000. C’est beaucoup plus dur de faire rire peu de gens, qu’un plus grand nombre, car face à une plus grande audience, le rire se propage.

« Si tu te fais rire, tu feras rire les gens. »


Vous êtes doué en imitations, l’imitation est-elle avant tout une forme de respect ?
Pour moi, l’imitation est un hommage. Je kifferai que l’on m’imite, que j’ai ma marionnette aux Guignols de l’info. Ça veut dire que tu es apprécié, écouté, regardé, en bon on mauvais. Pour moi, c’est vraiment du respect, car avant d’imiter quelqu’un, je bouffe des vidéos, des interviews…

Il faut être un bon observateur d’un sujet avant de l’imiter ?
Exactement. Quand j’ai imité Nabila, j’ai maté 20 ou 30 fois sa réplique du shampooing. Pour imiter Didier Deschamps, je me suis fait trois ou quatre interviews de 40 minutes, pour avoir les mimiques et tout. Je regarde, et j’écris les vannes après.

Le bulletin scolaire : Ahmed Sylla livre une imitation de son père.

© YouTube // YouHumour

Et quand on imite sa famille, comme vous le faites sur scène ?
Il faut toujours apporter le décalage. Évidemment, mon père n’est pas comme dans mon imitation sur scène, sinon il aurait été très très drôle (rires). Il faut toujours apporter ce décalage qui fait que l’on s’attache au personnage. C’est mon kiffe premier : que l’on s’attache au personnage.

Le conseil d’Ahmed Sylla pour faire marrer son boss, l’inspecteur des impôts, la police ?
Si tu te fais rire, tu feras rire les gens. Tout ce que je fais sur scène me fait rire moi-même. Du coup, mon spectacle a évolué entre le Palais des Glaces et la tournée que je fais aujourd’hui. Il y a des choses qui marchaient très bien mais que je ne fais plus, parce qu’elles ne me font plus marrer. Je suis intransigeant là-dessus. Si je me fais marrer, je sais que je serais prêt à tout donner sur scène.

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01 2017 The Red Bulletin

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