Emilia Clarke

« Le personnage prend le dessus »

Entretien : Rüdiger Sturm
Photo : Getty Images

Non contente d’être la belle de la série Game of Thrones, Emilia Clarke, actrice britannique de 28 ans, maîtrise aussi l’art d’être une héroïne.

Objet de désir au début de la sulfureuse saga Game of Thrones, elle se hisse au fil des saisons à la tête de toute une armée jusqu’à devenir l’héritière naturelle de l’empire – même dans l’univers mouvementé de la série télévisée la plus populaire au monde (y compris sur les continents Westeros et Essos), la trajectoire du personnage Daenerys Targaryen est rare. Emilia Clarke, l’actrice qui l’incarne, n’y est pas étrangère.

THE RED BULLETIN : Vous en êtes actuellement à la cinquième saison. Aurez-vous le dernier mot dans Game of Thrones ?
EMILIA CLARKE : Et comment (rires) ! Je n’arrête pas de dire à mes partenaires : « Inutile de vous exciter ! Le trône m’est destiné. »

Êtes-vous aussi intraitable dans la vie ?
Ma personnalité est très éloignée de celle de mon personnage. Pour commencer, je n’ai pas de dragons. Plus sérieusement, pour une femme, le plus difficile est ailleurs. Il faut apprendre à s’accepter telle qu’on est pour être heureuse.

À défaut de dragons, avez-vous pris d’autres animaux en affection ?
Oui, des cafards. Dans une autre vie, j’avais des cafards comme colocataires. Je me suis liée d’amitié avec l’un d’entre eux. Un énorme spécimen. Je l’appelais Bob.

Danaerys Targaryen, Game of Thrones

Emilia Clarke, 28 ans le 1er mai. Inconnue à ses débuts dans la série Game of Thrones en 2011, elle est aujourd’hui une star internationale. 

© HBO


Et qu’est devenu Bob ?
Il nous a quittés, sans doute. Honnêtement, je l’ai perdu de vue.

Votre personnage dans Game of Thrones, Daenerys Targaryen a évolué de la fillette naïve au redoutable chef d’armée, et vous de dompteuse de cafards à star internationale…
Le parallèle est bon. Avant Game of Thrones, je travaillais chez un traiteur – à l’époque où j’habitais avec Bob.

Vous pourriez reprendre du service au pied levé si je vous le demandais ? 
Oui, je peux encore servir du champagne et des petits fours dans les règles de l’art.

Certains font ce métier toute leur vie et d’autres comme vous, deviennent des stars. À quoi cela tient-il ?
Je suis convaincue que si l’on désire une chose avec constance et qu’on s’y consacre pleinement sans -jamais abandonner, on finit par l’obtenir. Toute petite déjà, je voulais être comédienne. 

Toute petite, c’est-à-dire ?
À trois ans, j’ai vu la comédie musicale Show Boat qui m’a subjuguée. Peu après, je découvrais Audrey Hepburn dans My Fair Lady. J’ai développé une véritable obsession pour cette actrice. J’ai regardé ce film tous les jours pendant deux ans.

Vous étiez inconnue avant Game of Thrones. Comment avez-vous obtenu le rôle ?
C’est juste, cela faisait un an que j’étais sortie de l’école de théâtre. J’ai auditionné pour le rôle malgré une expérience limitée mais avec beaucoup d’enthousiasme – et j’ai été retenue. J’étais comme une petite fille prise dans le tourbillon d’un conte de fée plein de mystères.

« Dans une autre vie, j’avais des cafards comme colocs et je me suis liée d’amitié avec l’un d’entre eux, Bob »
Emilia Clarke


Avez-vous craint de ne pas être à la hauteur ?
J’étais morte de trouille jusqu’au début du tournage. Mais une fois sur le plateau, la peur a laissé place au trac de rigueur. Ce qui est génial avec ce métier, c’est qu’une fois sur scène, le personnage prend le dessus. Je n’appréhendais vraiment qu’une seule chose : les scènes à cheval. J’adore l’équitation, mais en situation de tournage, c’est très différent. Vous avez une caméra pointée sur vous et une tonne de matériel autour, ça peut vite mal tourner. Et devinez quelle fut ma première scène ? Une scène à cheval ! Mais heureusement tout s’est très bien passé.

Ce rôle vous a-t-il appris à devenir une véritable héroïne ?
Oui, je le crois. Il faut suivre ses objectifs avec détermination sans pour autant jouer perso. Le secret pour garder la tête froide est de se prémunir contre la vanité.

Si vous étiez à la tête de notre monde, quelle serait la première mesure que vous prendriez pour le bien de tous ?
Hum… diminuer le prix de la bière de moitié (rires aux éclats).

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05 2015 The red bulletin

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