Flying Illusion

Le Red Bull Flying Illusion va bluffer les zénith de france

Texte : Florian Obkircher 
Photo d’ouverture : Ruud Baan/Red Bull Content Pool

Les Flying Steps sont une bande de breakdancers européens de classe mondiale, qui vont envoûter la France du 4 au 27 novembre avec la tournée Red Bull Flying Illusion, mix inédit de B-Boying et d’illusions d’optique. 

Les beats électroniques font vibrer la salle, transformée en chapiteau de cirque 2.0. Des éclairs jaillissent au-dessus de la scène, suivis par des nappes de fumée. Des danseurs apparaissent, comme sortis de nulle part, et bougent au rythme des vibrations. Enchaînements de figures délicates, sauts acrobatiques, le tout à la vitesse de l’éclair. Un autre danseur fait son entrée. Il porte un costume bleu scintillant. Quelques mouvements, puis il commence à tourner sur la tête. 

Vite, toujours plus vite. Le brouillard se dissipe, la musique s’amplifie encore, les autres danseurs se retirent sur le bord de la scène. Le B-Boy continue de tourner puis il étend ses bras comme le rotor d’un hélicoptère. Et il s’élève. Centimètre par centimètre. Il tourne, et plane, toujours plus haut, défiant la loi de la gravitation. Le public est bluffé, certains sautent sur leur siège, d’autres restent bouche bée.

Incroyable… C’est du jamais-vu !

Le spectacle Red Bull Flying Illsuion sera en tournée en France du 4  au 27 novembre 2016.

© YouTube // GERARD DROUOT PRODUCTIONS

Le B-Boy qui lévite…

Ce danseur hip-hop en costume bleu s’appelle Benny Kimoto. On retrouve son nom entre autres dans le Livre Guinness des records puisqu’il est le seul au monde à exécuter autant de tours sur la tête : il est capable de pivoter sur son propre axe 62 fois, avec pour seul contact avec le sol, son crâne. On se demande s’il n’en a pas envoyé encore plus lors de cette soirée d’avant-première à la Stadthalle de Vienne (Autriche). 

Benny est l’un des douze danseurs (dont quatre Français) formant l’équipe du Red Bull Flying Illusion, spectacle unique lancé en 2014. Après des représentations en Autriche, en Allemagne et en Suisse, le show arrive en France. Incomparable, il combine pour la première fois deux univers : la danse hip-hop et l’illusion. Tantôt des danseurs surgissent de nulle part. Tantôt des ombres prennent possession des B-Boys. Les couleurs des costumes changent au milieu d’un solo de breakdance. Ou ce sont des hommes qui se transforment en colonnes. Le spectacle Red Bull Flying Illusion se veut une conquête de l’imaginaire par la danse. Surprenant, il inaugure un concept jamais vu. 

Danse-t-il encore ? Ou bien vole-t-il ?
Flying illusion : Benny fait un headspin

Le B-Boy Benny en plein exécution d’un headspin comme seul lui sait les faire.

© Ruud Baan

Le créateur

Ce n’est pas la première fois que la compagnie berlinoise de danse urbaine Flying Steps, au cœur de ce spectacle, mélange les univers. Il y a six ans, les champions du monde de breakdance montent leur show Red Bull Flying Bach et s’adonnent aux headspins (tours sur la tête) et windmills (impliquant épaules et le haut du dos, le windmill est sans doute la phase la plus importante du break) sur la musique baroque de Jean-Sébastien Bach. C’est ce spectacle Red Bull Flying Bach qui fait connaître les Flying Steps au grand public.

Vartan Bassil, concepteur de Red Bull Flying Illusion

Le directeur artistique et choréographe Vartan Bassil (à gauche), et l’illusioniste Florian Zimmer. 

© Ruud Baan

 Et qui leur ont rapporté entre autres le prix de musique allemand Echo Klassik, des représentations au Bundestag allemand, à l’Eurovision, près de 300 spectacles dans 27 pays et plus de 300 000 spectateurs en live. Mais selon Vartan Bassil, Red Bull Flying Illusion ouvre une toute nouvelle dimension. « Pour le Red Bull Flying Bach, il y a une petite scène, un piano et peu de lumière, dit le cofondateur et directeur artistique de Flying Steps. Ce nouveau show est un feu d’artifice fait d’illusions, de visuels, de musique et des meilleurs danseurs du monde. »

De plus, un concept de lumières en 3D transforme en un instant la mise en scène, et une musique de spectacle hymnique jouée par tout un orchestre, soumise aux beats du hip-hop. L’équipe de Red Bull Flying Illusion comprend 66 personnes parmi lesquelles, outre les danseurs, on trouve des créateurs de costumes, visualistes, compositeurs et décorateurs.

L’illusionniste Florian Zimmer fait voler les danseurs.
Minzy et Benny, Red Bull Flying Illusion

La Française Minzy et le recordman du monde de headspin, Benny, dans un duel fait de mouvements.

© Ruud Baan

Le magicien

Veste en cuir et jeans plutôt que queue-de-pie et haut-de-forme : Florian Zimmer ne ressemble en rien à l’image que l’on se fait d’un magicien. Âgé de 33 ans et originaire d’Ulm (dans le sud de l’Allemagne), il révolutionne le milieu en installant l’art de l’illusion au XXIe siècle.

Flying Steps : la troupe au complet

Les Flying Steps (ici au Palais de Tokyo, à Paris) ont fait leurs armes dans la rue pour devenir des références mondiales du breakdance. 

© Hugues Lawson-Body/Red Bull Content Pool

 À coup de bombe aérosol plutôt que de baguette magique, il fait apparaître des BMX au lieu de lapins blancs. Zimmer est le seul Allemand auquel Siegfried et Roy, duo star de la magie à Las Vegas ont décerné le Lion d’Or, Oscar du monde de la magie. Il a créé le design des illusions pour le show live de Janet Jackson et a été invité en 2007 par son frère Michael pour une représentation privée chez lui. « Assurément la chose la plus cool que j’aie jamais vécue ! », s’exclame-t-il.

Pourtant, même pour un illusionniste exceptionnel tel que Florian Zimmer, ce nouveau spectacle n’a rien d’une promenade de santé. « Concevoir des trucs et astuces a été un travail considérablement plus important que ce que j’avais pensé au début. Aucune expérience sur laquelle se baser. Personne n’avait jamais eu jusque-là l’idée de faire flotter dans les airs un B-Boy en train de tournoyer sur la tête. »

Florian et Vartan ont tous les deux travaillé pendant trois ans sur ce projet. Et Bassil en avait eu l’idée bien des années auparavant. « Depuis que j’ai vu pour la première fois Michael Jackson faire le moonwalk, confie-t-il. Et l’illusion de son lean lorsqu’il se penchait vers l’avant en restant droit. Les gens se demandaient alors : est-ce que Jackson a entraîné des muscles particuliers ? Est-ce possible ? Y a-t-il un truc ? » Zimmer l’interrompt. « Seulement un truc ? »

« Seulement un truc ? Ne plaisante pas avec mon honneur de magicien ! »

Le superhéros

Red Bull Flying Illusion n’est pas un spectacle de magie qui use de trucs et astuces d’un bout à l’autre. Les illusions font partie intégrante d’une chorégraphie. Elles aident en tant qu’éléments dramaturgiques à raconter l’histoire d’une lutte entre deux groupes ennemis : tous les dix mille ans apparaissent sur Terre les créatures des ténèbres des Dark Illusions pour pousser au combat les Flying Heroes. Une nuit, les héros doivent repousser les forces obscures vers les enfers. S’ils n’y parviennent pas, la lumière de la vie s’éteindra pour toujours. 

Red Bull Flying Illusion en tournée

23–24.9 Stockholm, Ericsson Globe

4–6.11 Paris, Zénith

11–12.11 Lille, Zénith

18–19.11 Toulouse, Zénith

22.11 Marseille, Le Dôme

26–27.11 Lyon, Halle Tony Garnier

2–4.12 Bruxelles, Palais 12

9–11.12 Genève, Aréna

 Ce n’est pas un hasard si une ambiance de superhéros envahit la salle. Vartan Bassil a sélectionné pour le show douze des meilleurs danseurs au monde. « Tous des talents extraordinaires, chacun dans son domaine, déclare-t-il. Du breakdance au pop-locking, de la house au hip-hop, chacun d’eux dispose de superpouvoirs. » 

Benny, par exemple, qui peut tourner sur la tête pendant de longues minutes. Ou la Grecque Kalli dont les mains tourbillonnent dans les airs comme des couteaux. Ou RubberLegz, qui tord ses jambes comme du caoutchouc. 

Parmi les quatre Français, Junior peut courir sur les mains mieux que d’autres sur leurs jambes. Depuis une vingtaine d’années qu’il s’est installé au plus haut niveau de la scène hip-hop, il a développé son propre style de breakdance, appuyé sur le haut du corps. Un style « bestial, dit-il en riant, animal ! C’est sans doute la raison pour laquelle on m’a placé du côté des Dark Illusions ! », explique le danseur de 35 ans, membre du prestigieux collectif de danse Wanted Posse

« Mon style est bestial, animal, c’est la raison pour laquelle je suis dans le camp des dark illusions. » 
Junior

Lorsque Junior reçoit un appel de Bassil un an avant la première, il n’hésite pas une seconde. Il a déjà dansé sur les plus grandes scènes de France, pour de grosses productions et le voilà parmi les solistes. « Dans le Cirque du Soleil, en tant que danseur on est anonyme. Ici je suis sur le devant de la scène, lâche-t-il. J’en suis fier. »

Avant le lancement de Red Bull Flying Illusion en 2014, pendant sept mois, lui et ses collègues internationaux, dont les Français Willy, Demon et la sculpturale Minzy, ont répété, répété, répété. Dix heures par jour, six jours par semaine.

Red Bull Flying Illusion combat

© Dirk Mathesius/Red Bull Content Pool

Quel a été le plus grand défi ?

« Fusionner les styles individuels et donc différents des danseurs, détaille Vartan Bassil. Nous n’avons pas de texte pour raconter l’histoire. Seulement le corps des performeurs, la chorégraphie, les illusions. Red Bull Flying Illusion n’a pas besoin d’être traduit pour être compris partout dans le monde. »

Pour un danseur, selon Junior, il y a un second défi : celui de devenir technicien. « Quand tu danses, te focaliser sur la musique, tu peux le faire les yeux fermés, raconte le Français. Mais quand en plus des moves, tu dois te concentrer sur les illusions, ça se complique. »

Avec ce projet, tous se sont engagés en terrain inconnu. « On était confrontés à des situations complètement nouvelles. L’investissement a été énorme, dit Bassil. Mais cela en vaut la peine. On le voit à chaque représentation lorsque le public en reste bouche bée d’étonnement : notamment lorsque Benny s’élève dans les airs en faisant son headspin. »

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08 2016 The Red Bulletin

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