keira knightley

London Melody

Entretien : Rüdiger Sturm 
Photo : Austin Hargrave/August

Elle est belle et riche. Pour l’actrice anglaise Keira Knightley, le comble d’une vie réussie pourrait être de se faire tatouer le bout des seins… en bleu.

Elle avait à peine 18 ans lorsqu’elle botta les fesses de Johnny Depp. Puis la pirate des Caraïbes a enchaîné les scènes d’action et de sexe pour notre plus grand plaisir : du sadomasochisme avec Michael Fassbender, des combats rapprochés aux côtés de Mickey Rourke et de Clive Owen, une passion amoureuse dans la Russie tsariste avec Jude Law dans le rôle du cocu.

Or, Keira Knightley est bien plus qu’une jeune et belle héroïne de cinéma : à 30 ans, elle est maintenant une actrice confirmée qui s’épanouit dans des rôles complexes et dramatiques, comme dans le thriller Everest. Elle est nominée aux Oscars 2015 dans la catégorie Meilleure actrice dans un second rôle pour sa prestation dans Imitation Game, où elle joue la compagne d’Alan Turing, un mathématicien surdoué et persécuté, interprété par le très british Benedict Cumberbatch.

THE RED BULLETIN : L’an dernier, vous avez protesté contre l’abus de Photoshop et vous avez accepté de vous faire photographier seins nus, à la seule condition qu’il n’y ait aucune retouche. Une charmante façon de protester…. 
KEIRA KNIGHTLEY : Oh, merci. Ces photos représentent pour moi ce que ma mère appelait ses « tétons tatoués en bleu ». 

Votre mère a les tétons tatoués ?
Non, c’est seulement une image ! Elle me disait : « Quand je serai grand-mère, j’aimerais me faire tatouer les tétons en bleu, pour que tout le monde se dise : elle a vraiment vécu, elle ! » Ces photos topless, ce sont en quelque sorte mes tétons bleus, la folie que je montrerai plus tard, toute fière, à mes petits-enfants. 

Vos petits-enfants seraient fiers d’avoir une mamie oscarisée. D’ailleurs, on pressent votre nomination pour le meilleur second rôle féminin pour Imitation Game
Ça, c’est vous qui le dites ! Le nombre de fois où l’on m’a parlé d’une nomination qui n’est finalement jamais venue. Avec le temps, on réalise que ce n’est pas pour avoir un prix qu’on fait un film. Ce qui est vraiment important pour moi, c’est que les gens trouvent mon travail intéressant.

Vous avez tourné dans Pirates des Caraïbes, à l’âge de 18 ans. Ça vous a fait de la peine, à l’époque, ces critiques disant que c’est davantage par votre physique que par vos talents d’actrice que vous avez obtenu le rôle ?
​Au moins, personne ne m’a critiquée sur mon physique ! C’est déjà ça. Le monde du cinéma est un monde d’images, mais je relativise. Certes, mon physique a pesé dans la balance, mais cela ne pouvait pas être le seul critère, car il y avait plein d’autres jeunes femmes très belles qui étaient pressenties pour le rôle.

Êtes-vous fière de votre apparence ?
Tout cela ternit, avec l’âge. Si c’était la seule chose que j’avais à offrir, j’aurais vraiment du souci à me faire.

« J’arrive très vite à me remettre sur pieds, et à repartir au combat »

C’est un inconvénient, d’accéder si tôt à la célébrité ?
Il y a toujours une caméra dirigée sur toi. Tout le temps. Tu ne peux donc jamais vraiment te lâcher, consommer toutes les drogues que tu veux. Tenez, vous pouvez reprendre ça pour le titre de votre article ! Je n’ai jamais eu cette phase de tous les excès comme la plupart des jeunes de 18 ans.

Cela fait plus d’une décennie que vous êtes dans le monde du cinéma. Comment expliquez-vous votre succès ?
Franchement, ça me surprend moi-même. Mais je crois que mon explication va vous décevoir : j’ai tout simplement eu beaucoup de chance. 

Si c’est là l’unique raison de votre succès, c’est un peu décevant !
Je crois que je peux dire aussi que je suis une battante. S’il m’arrive un coup dur, j’arrive très vite à me remettre sur pied et à repartir au combat. D’un autre côté, j’ai aussi tendance à végéter comme après une lobotomie du lobe frontal.

Pardon ?
Oui, celle qui isole certaines liaisons neuronales du cortex préfrontal. S’en suit une apathie complète. Un état très courant chez les actrices. Dans mes phases de -lobotomie, j’en viens à m’effrayer de ma propre force d’inertie. C’est en général à ce moment que je me bouge.  

Dans le pire des cas, vous pourrez toujours vous recycler dans la musique et entamer une carrière avec votre époux, James Righton, du groupe Klaxons.
Non, très mauvaise idée ! Lui et son groupe fonctionnent très bien ensemble, je préfère les laisser entre eux. Et puis je déteste chanter en public, ça me fiche la trouille. J’aurais l’air ridicule.

L’avis des autres est-il si important ?
Bien sûr. Pas pour vous ? Ceux qui s’en contrefichent totalement ne sont pas normaux. Évidemment, il ne faut non plus tomber dans l’excès inverse. Pour ma part, j’ai l’impression d’avoir trouvé ma voie : ce que je fais, certaines personnes aiment, d’autres pas. C’est comme ça, point barre.

Éléments biographiques

Identité
Keira Christina Knightley

Naissance
26 mars 1985, Teddington, Londres

Premiers au cinéma
À l’âge de 6 ans, elle signe avec son premier agent. À 8 ans, elle signe le contrat de son premier film.

Récompenses 
1 Oscar, 1 nomination aux Oscars, 4 nominations aux Golden Globes et 2 aux BAFTA

Films
Pirates des Caraïbes 1, 2 et 3 (2003-2007),
Orgueil et Préjugés (2005),
A Dangerous Method (2011),
New York Melody (2014),
Imitation Game (2014)

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01 2015 RedBulletin.com

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