mad Max

Fureur post-apocalyptique

Photos : Warner Bros.

En revisitant son film culte sorti en 1982 en France, George Miller s’est assuré une place d’honneur au Festival de Cannes. Mad Max: Fury Road possède un réel potentiel pour supplanter Mad Max au box office. Existerait-il une recette infaillible pour réussir un remake ? 

Après les exploits des Avengers signé Marvel & The Walt Disney Company, le nouveau Mad Max: Fury Road réalisé par George Miller viendra grossir la liste des films d’anticipation aux effets spéciaux si bien réalisés qu’on ne peut que les imaginer. 

Après trente ans d’absence, le personnage culte du cinéaste australien George Miller réinvestit le grand écran. Ce retour en force pourrait marquer le début d’une nouvelle franchise et le rabaissement de la moyenne d’âge des fans de Mad Max. À cette occasion, The Red Bulletin s’est demandé quels étaient les ingrédients indispensables et les erreurs à ne pas faire pour qu’un remake trouve son public.

Mad Max : Fury Road, top ou flop ?
Verdict à travers 4 exemples

Mad Max: Fury Road dans les salles françaises à partir du 13 mai. 

Le casting

Remplacer une icône est difficile, car c’est sur elle que repose le film. L’Américain Mel Gibson (59 ans) dans le rôle du flic australien assoiffé de vengeance a marqué les esprits. Reprendre le flambeau ne sera pas chose facile. C’est Tom Hardy qui a été choisi pour interpréter le rôle de Mel Gibson. L’Anglais de 37 ans s’est affirmé ces dernières années comme un acteur très éclectique, avec notamment ses jeux dans Inception et The Dark Knight Rises. Son physique le sert aussi : sa seule apparence donne déjà des frissons.

Échec total

Total Recall : Mémoires programmées (Len Wiseman, 2012, USA)
Total Recall (Paul Verhoeven, 1990, USA)

Succéder à Schwarzy, âgé aujourd’hui de 67 ans et ferré dans son rôle – très sérieux – de « Governator », relève du défi herculéen. Colin Farrell n’avait tout simplement pas la carrure pour assumer ce rôle. Néanmoins bon acteur, l’Irlandais de 38 ans a fait ses preuves dans nombre de films d’action : Minority Report (2002) et S.W.A.T. (2003) pour ne citer qu’eux. L’ensemble de la distribution du remake n’est pas convaincant, voire carrément décevante. La question du spectateur avant, pendant et après le film reste la même : « Mais pourquoi ? »

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Pour Max, joué par Tom Hardy, il s’agit de survivre.

La mise en scène

Si l’on ose s’attaquer à un remake, il faut offrir du renouveau tout en gardant les éléments que les fans ont tant aimés dans le film original. Fury Road reste fidèle à son esprit apocalyptique sans pour autant devenir trop futuriste. L’image et les personnages sont à couper le souffle et de ce point de vue exactement comme un Mad Max devrait être. Ce nouvel opus est le premier film en 3D de la saga. 

Flop mémorable

RoboCop (José Padilha, 2014, USA)
RoboCop (Paul Verhoeven, 1987, USA)

Encore un classique des années 80 mis en scène par l’emblématique Paul Verhoeven et que les studios ont  à tout prix chercher adapter au XXIe siècle. Quelles étaient vos séquences préférées dans la première version ? Toutes celles où apparaissait RoboCop ?! Il aurait été primordial de conserver l’apparence originelle du robot-policier du futur. Certes il a fallu soigné les costumes du protagoniste pour les dépoussiérer un bon coup, car 30 ans, dans le monde de la mode, ça se voit ! Peut-être aurait-il aussi fallu faire appel à un styliste  habitué des fashion weeks pour rebooster le flic bionique. Une visière différente, un habillage très sombre et une main humaine, pour les aficionados, c’est vraiment trop.

mad Max

Nicholas Hoult dans le rôle du forcené Nux.

La réalisation

Prendre un nouveau départ n’est jamais facile. Le choix du réalisateur présage déjà du résultat à venir. Rien ne réjouit davantage les fans que de voir leur cinéaste favori rempiler pour une nouvelle version. Car aucun metteur en scène normalement constitué ne courrait le risque de saboter sa gloire passée avec un  piètre remake. Tel Hitchcock réalisant lui-même en 1956 le remake américain de L’homme qui en savait trop, initialement tourné et produit en Angleterre en 1934. L’atout majeur de ce film fût évidemment la participation de Bernard Hermann à la musique, le compositeur fétiche du maître du suspense, parallèlement à une mise en scène des plus abouties. George Miller lui aussi apporte une valeur ajoutée essentielle à son récent opus, concédant un souffle nouveau à sa saga de science-fiction. 

Bide monumental

La planète des singes (Tim Burton, 2001, USA)
La planète des singes (Franklin J. Schaffner, 1968, USA) 

Est-il plus simple de réaliser un mauvais remake ou mauvaise adaptation ? Tim Burton a persévéré pour éluder la question, sans parvenir à trancher. La planète des singes (publié en 1963) est l’œuvre la plus connue de l’écrivain français Pierre Boulle avec Le pont de la rivière Kwai (1952). La planète des singes est aussi le premier d’une série de cinq films américains produits entre 1968 et 1973, puis une série de deux films produits en 2011 et 2014. Il s’agit également le titre du remake de Tim Burton en 2001, lequel ne fait référence à aucun de ces longs-métrages précédemment réalisés. Malheureusement pour lui, le public n’a pas suivi.

Le même scénario semble se reproduire avec Charlie et la chocolaterie, à l’origine un remarquable roman pour enfants bourré de fantaisie, écrit par Roal Dahl en 1964, adapté au cinéma aux États-Unis par Mel Stuart en 1971. L’écrivain gallois, terriblement déçu par cette comédie musicale, refuse systématiquement les droits d’adaptation cinématographique. En 2005 et après moult négociations avec les héritiers de Roal Dahl, Tim Burton présente sa version sur grand écran. Là non plus, le remake ne remplit pas les attentes. Peut-être Tim Burton renoncera-t-il enfin définitivement à refaire du neuf avec du vieux ?

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Mad Max nécessitera l’aide de Imperator Furiosa, incarnée par Charlize Theron, s’il espère s’en sortir vivant. 

Le timing

Trente ans se sont écoulés depuis le dernier Mad Max au-delà du dôme du tonnerre. Assez de temps pour établir le statut culte des anciens films et par la même occasion de créer une nouvelle génération de fans d’action. À une époque où les effets spéciaux sont indissociables des prises réelles, on peut s’attendre à un héros deux fois plus intrépide que son prédécesseur.

Glorieux fiasco

The Amazing Spiderman (Marc Webb, 2012, USA)
Spider-Man (Sam Raimi, 2007, USA)

Raconter les mésaventures de Peter Parker seulement cinq ans après Spider-man 3, c’est décidément beaucoup trop tôt, désolé. Surtout quand les scènes d’action du remake du remake (le tout premier film mettant en scène L’homme araignée date de 1977, et fût réalisé par E. W. Swackhamer) n’offrent rien de plus que dans la trilogie précédente portée par trois talentueux jeunes acteurs à l’époque : Tobey Maguire, Kirsten Dunst et James Franco, où le moindre recoin de cet univers Marvel avait déjà été décortiqué.

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05 2015 Redbulletin.com

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