Monica Bellucci

« Je ne suis pas une Bond girl classique »

Entretien : Alexander Kern
Photos : Getty Images

La femme sublime qu’est Monica Bellucci fait son apparition dans Spectre. Et devient la doyenne des Bond girl. Elle aurait pu jouer aux côtés de 007, 20 ans plus tôt. Elle explique ici pourquoi l’attente a du bon.

THE RED BULLETIN : Femme fatale à 50 ans. Peut-on dire que vous êtes une James Bond girl ? 

MONICA BELLUCCI : J’ai longtemps cherché comment désigner mon personnage. Et puis j’ai réalisé que je n’etais pas une Bond girl au sens classique du terme. Et donc j’ai décidé de dire James Bond woman.

Est-il vrai que vous avez déjà failli jouer dans un film de James Bond ?

La première fois, c’était il y a vingt ans. Ou peut-être même plus. J’etais jeune et belle, à l’époque, ç›aurait été normal. Aujourd’hui, j’ai cinquante ans, et je fais partie de ce film – ce qui représente quelque chose de plus exceptionnel. C’est le détail qui fait la différence.

Vous brillez une fois de plus dans le rôle de la séductrice …

Quand James Bond débarque dans la vie de Lucia Sciarra, elle ne lui fait pas confiance au début. Puis leur attirance réciproque finit par gagner. Elle sait qu’il peut l’aider à fuir cette vie. Il la sauve, et en retour, elle lui livre les informations dont il a besoin. Ils ont trouvé ensemble une manière propre à eux de remplir ce « contrat » qui les lie… (rires)  

Spectre au cinéma le 11 novembre 2015.

© Youtube // Screen Slam

Lorsque Daniel Craig vous a soufflé à l’oreille « Bond, James Bond » pour la première fois, ça vous a fait quel effet ? 

J’ai ri ! Je l’ai entendu si souvent dans les films. J’avais du mal à croire qu’il s’adressait à moi cette fois. C’était très drôle. J’ai pensé : « oh mon dieu, c’est à moi qu’il parle ! »

Que pensez-vous de James Bond ?

Avec Sam Mendes, très étroitement, Daniel a créé un Bond particulier. J’aime beaucoup Sean Connery, il incarne un James Bond qui a tout sous contrôle. Le James Bond de Daniel est moderne et imprévisible. C’est un tueur redoutable, un amant irrésistible, il a une pulsion de mort. Il a une profondeur jusqu’ici insoupçonnée. Ce James Bond-là est plus mystérieux, sombre, dangereux, et aussi plus sexy que jamais.  

Daniel Craig mit Monica Bellucci

Monica Bellucci aux côtés de Daniel Craig alias James Bond.

Et que pensez-vous de Daniel Craig ?

Daniel est le gentleman idéal. Tourner des scènes intimes n’est pas forcément évident, surtout avec quelqu’un que l’on ne connaît pas. Dès le départ, il a été très proctecteur. Il m’a prise dans les bras et m’a grandement facilité l’entrée dans cette troupe des créateurs de Bond, moi, la marginale qui ne faisait pas encore partie de ce clan. Il sait comment accueillir un nouvel  élément. 

En amour, penchez-vous plutôt pour un gentleman comme Daniel Craig ou un macho comme James Bond?

Je trouve que les deux fonctionnent bien ensemble. (sourire) Un cocktail des deux !

Pour vous, en tant que femme, n’est-il pas insupportable que le personnage de James Bond soit LE représentant de la culture machiste ?

Non. Les femmes autour de lui sont toujours fortes, sublimes, intelligentes et sexy. Et Bond grandit en les cotoyant. Les Bond ladies touchent toutes un point sensible chez Bond et chez le spectateur – si ce n’était pas le cas, je ne pourrais me souvenir d’aucune d’elles. En jouant dans un film de Bond, les actrices savent qu’elles deviendront une icône.

J’ai pensé : « oh mon dieu, c’est à moi qu’il parle ! »
La réaction de Monica Bellucci aux 3 petits mots magiques

Quelles sont les Bond girls que vous avez le plus appréciées ?

Eva Green était fanstatique. Famke Janssen : j’admire la façon dont elle joue dans GoldenEye. Sophie Marceau, Halle Berry, Rosamunde Pike, toutes les trois sont d’excellentes actrices. Il est intéressant pour moi de jouer ce rôle à mon âge. C’est une chose très importante pour les femmes d’avoir la preuve qu’à 50 ans, on est encore belle. 

Question classique : quel est le secret de votre beauté ?

L’amour. Il te rend belle. Et c’est aussi le secret de mon bonheur.

Comment avez-vous vécu le fait de célébrer vos 50 ans ?

Je suis toujours en vie, merci ! (rires) Plus sérieusement, ça ne m’a rien fait. Peut-être que cela a à voir avec mon bébé que j’allaitais il y a encore 3 ans. Je ne sais pas ce qu’il m’attend. Je suis curieuse de cela. Je ne voudrais pas avoir vingt ans à nouveau aujourd’hui. À vingt ans, être belle est une malédiction. On est trop jeune pour comprendre. J’étais peu sûre de moi à cette époque. J’avais tellement peur. Ma beauté ne m’importait pas tant j’étais timide.

Et aujourd’hui ?

Je sais que la beauté n’est pas un critère inhérent à la jeunesse. Quand tu deviens adulte, tu puises de la force dans d’autres domaines. Mon âme a grandi. Je fais aujourd’hui le travail qui me correspond : je travaille avec les émotions. 

Autoriserez-vous vos filles à devenir comédiennes ?

J’espère simplement qu’elles trouveront une passion dans leur vie. Car c’est cela qui vous sauve. Qu’elles ouvrent une boulangerie  ou qu’elles fassent du cinéma – elles feront ce dont elles auront envie. Je veux qu’elles soient heureuses – c’est la seule chose qui compte. 

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11 2015 Redbulletin.com

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