Nigel Sylvester Pharrell Williams

Fan de Nigel Sylvester

Texte : Andreas Tzortzis

Tout le monde sait faire du vélo, mais combien de personnes savent en faire de manière artistique ? Lorsque Nigel Sylvester tourbillonne dans les airs avec son BMX, ça va au-delà du simple divertissement. Il repousse 
les limites du possible dans son domaine. 
Et prend toujours 
un non pour un oui.

La vraie culture BMX n’était pas populaire

« Tout a commencé avec le skate. Voir quelqu’un comme Pharrell Williams s’y mettre, ça en a fait une activité cool et acceptable. Les gamins du quartier ont commencé à faire du skate et on n’avait jamais vu cela avant. Dans le clip Provider (N.E.R.D, 2001, ndlr) que  j’ai vu très jeune, Pharrell Williams faisait du vélo. Je voyais quelqu’un qui me ressemblait faire la même chose que moi. J’ai donc continué. La vraie culture BMX n’était pas du tout populaire à l’époque. On me traitait de Blanc et on se moquait de moi. Dans mon quartier, on ne comprenait pas cette culture. J’avais sans cesse affaire à des rabat-joie et à des haters mais je me suis accroché et j’ai réussi à en faire ma carrière. »

« J’aime la liberté ! »

Pour moi, c’était le meilleur moyen de m’exprimer. Quand j’étais petit, je faisais de la musique, je jouais au basket et au football, mais il y avait quelque chose dans le vélo que j’aimais vraiment. C’est un sentiment que j’ai eu très tôt, alors je me suis entraîné, et j’étais doué. J’ai eu des résultats. Je voyais des mecs comme Dave Mirra (BMX rider pro, ndlr) qui faisaient cela à haut niveau, et je me disais : « S’il y arrive, alors c’est possible. » Mais avec mon histoire, dans mon milieu, le résultat a été différent. J’ai pris un chemin complètement opposé. La manière classique d’y arriver, c’est de travailler dur afin d’intéresser les sponsors et de participer à des contests. Ensuite, plus on en gagne, plus on devient célèbre.

Collaboration avec Pharrell Williams

J’utilisais les rues de mon quartier pour rider et m’exprimer. Comme si New York était une toile et que je peignais dessus. Je pouvais associer le BMX à mon style de vie entre musique, art et mode, et intégrer ça à mes rides. Dans les vidéos que je postais, j’incluais cet aspect pour intéresser différents types de gens. Je n’ai pas participé aux X Games. J’ai utilisé Internet et le bouche-à-oreille. Je veux donner aux enfants la possibilité d’aspirer à faire partie de ce milieu pour faire du bon boulot sur le plan industriel. J’espère qu’en collaborant avec quelqu’un comme Pharrell, nous pourrons toucher le grand public et montrer au monde ce qu’est la culture BMX. Les gens en ont une image très réductrice. Ils pensent qu’il n’y a qu’un seul type de personne qui fait du BMX.

05/2014 The Red Bulletin France

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