Kings of Leon

Sur le trône

Entretien : Andreas Rottenschlager
Photo : Dan Winters

À l’occasion de la sortie de leur album Mechanical Bull des Kings of Leon, The Red Bulletin s’est posé avec le guitariste, Matthew, et le bassiste, Jared. Deux des quatre Followill révèlent les dessous de ce 6e opus.

Dans une suite du Ritz-Carlton de Vienne, Matthew Followill, épuisé par le vol depuis les US, s’affale sur un canapé en cuir qui lui tend les bras. Jared se cache derrière une paire de Ray-Ban noires et tire inlassablement sur sa cigarette électronique. Les Kings of Leon montent sur scène dans quelques heures. Magnéto.

THE RED BULLETIN : Que faites-vous dans les cinq minutes qui précèdent un concert ?
JARED : Nous formons un cercle et tapons dans nos mains. Superstition pure.

Quelle est la règle la plus importante concernant l’alcool ?
Jared : « Ne bois pas trop. » Mais nous sommes très tolérants.
Matthew : Je ne bois plus du tout avant un concert, depuis que j’en ai bousillé plusieurs parce que j’étais bourré.
Jared : Moi, j’ai bousillé des concerts alors que j’étais sobre (il rit).

« En tant qu’auteur, on trouve de super histoires dans la Bible »
Matthew Followill


Quand vous êtes au supermarché et que vous entendez Sex on Fire, vous vous dites « Cool, c’est nous, ça ! » ou « Mon Dieu, on passe notre musique au supermarché » ?
Jared : Moi, ça me fait plaisir. Et quand quelqu’un prend devant mon nez la dernière brique de lait, je me dis : « Tiens donc ! Ce que t’entends à la radio là, c’est moi, ducon ! »
Matthew : Moi, je me lancerais dans un solo d’air guitar pour des personnes dans le supermarché.
Jared : Entendre ses chansons à la radio est une expérience énorme. Surtout quand tu vas faire les courses avec ta femme. Tu veux l’impressionner.

Qu’est-ce qui est meilleur dans les nouveaux albums : expérimenter un nouveau son ou rester dans la même gamme ?
Matthew : J’ai envie d’expérimenter, de changer des choses. Sur Mechanical Bull, il y a des cordes et une steel guitar.
Jared : Raconte ce que tu joues sur Wait for Me (une chanson du nouvel album, ndlr).
Matthew :
Jared : Il ne veut pas le dire, il a honte !

De la flûte à bec peut être ?
Matthew : De toute façon, on ne l’entend presque pas. C’est un sitar (luth indien, ndlr).

Kings of Leon

Quatuor. Les Followill sont trois frères et un cousin : Caleb est chanteur et guitariste, Matthew, la pièce rapportée, est à la guitare, Jared à la basse  et Nathan à la batterie (de gauche à droite).

© Photo : Getty Images

Que font les Kings of Leon en cas de panne sèche d’inspiration ?
Jared : On arrête deux semaines.
Matthew : Écouter de la musique nonstop. Toute la journée. Après un mois en studio, je suis souvent un peu perdu. C’est alors que je commence à écouter mes groupes préférés, Wild Nothing ou Thin Lizzy. Le soir venu, ça va déjà mieux.

Vous avez grandi dans des familles croyantes. Quel passage de la Bible fait bouger ?
Matthew : L’Ancien Testament ! Non, je plaisante…
Jared : L’Ancien Testament est assez violent en fait. Je veux dire par là que la plupart des religions prêchent le combat du bien contre le mal. Un conseil pour être une vraie rockstar : traite bien les gens quand ta carrière est ascendante, car tu rencontreras les mêmes quand tu seras au plus bas.
Matthew : En tant qu’auteur, on trouve de super histoires dans la Bible.
Jared : Oui, c’est sûr, Sodome et Gomorrhe !

« Un conseil pour être une vraie rockstar : traite bien les gens quand ta carrière est ascendante, car tu rencontreras les mêmes quand tu seras au plus bas »
Jared Followill


Leon est le prénom de votre grandpère. Que vous a-t-il appris ?
Jared :
Des tas de blagues et le secret d’un bon mariage. Il dit que les deux mots les plus importants pour un mari sont : « Oui, chérie ». Une autre devise : « Tu veux avoir raison ou être heureux ? » Il est marié depuis longtemps…

Twitter est-il un outil pratique ou diabolique ?
Jared :
J’ai commencé à tweeter quand j’étais célibataire. Les médias sociaux sont géniaux pour les célibataires. C’était la seule raison pour s’y mettre.

Cela permet aussi de rectifier certaines rumeurs.
Jared :
Absolument. Et tu peux faire participer les fans à la planification des concerts. Lorsqu’une chanson est suggérée plusieurs centaines de fois, il ne serait pas superflu de la jouer à nouveau.

Avez-vous encore la chair de poule sur scène ?
Matthew :
Carrément. Quand tout le monde chante avec nous, je le ressens véritablement !
Jared : Quand le public commence à chanter, j’en ai des frissons dans le dos. Et quand une fille du premier rang relève son tee-shirt, c’est la grosse chair de poule !
Matthew : Quand je réussis un solo à la perfection, j’ai la chair de poule !
Jared : En fait surtout quand quelqu’un enlève son tee-shirt…

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09 2013 The Red Bulletin

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