Teresa Palmer

« … et tout devient possible ! »

Texte : Rüdiger Sturm
Photo : JUSTIN R. CAMPBELL/CONTOUR BY GETTY IMAGES

Gâce à une concentration rare, l’actrice australienne Teresa Palmer a surmonté sa peur de la mer sur le tournage du nouveau Point Break.

THE RED BULLETIN :  Votre fils, Bodhi, porte le même nom que l’un des personnages principaux du film, remake du fameux policier d’action ou une bande de surfeurs s’adonne également aux braquages. Un hasard ? 

TERESA PALMER : 
Oui, car mon fils était déjà né avant le début du tournage. Mais il y a effectivement un lien. Dans le bouddhisme, le terme « bodhi » désigne l’illumination.  

Est-ce qu’un personnage d’action est un exemple de l’illumination bouddhiste ? 

Dans Point Break (au cinéma le 3 février, ndlr), Bodhi va à son rythme. Il sait l’importance d’avoir confiance en soi et de suivre son propre chemin. Avec mon mari, c’est aussi notre philosophie, et celle de nos amis proches. 

Très jeune, vous étiez livrée à vous-même. Suite au divorce de vos parents, vous avez habité par intermittence chez votre mère maniaco-dépressive, dans un logement social.  

Oui, disons que mon enfance n’a rien de traditionnel. La peur a longtemps conditionné mes choix. Au lieu de me faire confiance, je cherchais la sécurité et la tranquillité en dehors de moi-même. 

C’est à dire ?

Dans mes relations, en particulier. C’est mon entourage qui me procurait de la stabilité et non moi-même, et ma carrière aussi en raison de toute l’attention que je reçois en tant qu’actrice.  

Nombreuses sont les personnes qui rêvent de renommée et de gloire.
Qu’y a-t-il de mal à cela ? 


Sur le fond, il n’y a rien de mal à cela mais tu ne peux rien construire dessus. Ce sont des choses fugaces et donc instables. Cela, je l’ai seulement compris grâce à mon mari qui m’a aidé à rompre avec mes anciennes habitudes. 

Qu’est-ce qui vous a permis d’arriver à ce changement ?

Je me concentre sur moi-même et j’apprends à m’aimer. Ça peut paraître banal et simple au premier abord mais c’est un exercice difficile si l’on y regarde de plus près. Cependant, c’est la seule manière pour moi de vivre sainement et consciemment. 

Que faites-vous pour cultiver cette attitude ?

Je lis des livres, médite et m’entoure de gens qui vivent sciemment et pensent comme moi. Je m’entraîne aussi à pratiquer la pleine conscience.

« Au lieu de me faire confiance, je cherchais la sécurité et la tranquillité en dehors de moi-même. »
Teresa Palmer

Qu’est-ce que c’est ? En quoi se différencie-t-elle de la conscience « classique » ? 

Les opportunités ne manquent pas. Par exemple, lors des scènes tournées sous l’eau pour le film Point Break, j’ai vécu une expérience cruciale. Moi qui ai peur de l’océan depuis mon enfance, j’étais en suspension à sept mètres de profondeur où des poids attachés à mes jambes me retenaient au fond de la mer. On me les retirait seulement lorsque nous tournions. Le reste du temps, je restais là, suspendue. Qui plus est sans bouteille d’oxygène.

Attendez, sans oxygène ? Comment est-ce possible ?

Si je m’essoufflais, je faisais signe et quelqu’un plongeait rapidement avec sa bouteille pour me donner de l’oxygène. Mentalement, cela aura été pour moi un véritable défi.  

© YouTube // AuCiné

Comment avez-vous vaincu votre peur de l’eau sous ces conditions extrêmes ?

D’abord par la méditation. J’ai compris que ma peur était liée à une expérience que j’ai vécue dans mon enfance et j’ai appris à me débarrasser de cette peur.

« JE RESTAIS SUSPENDUE AU FOND DE LA MER AVEC DES POIDS AUX JAMBES. QUI PLUS EST SANS BOUTEILLE D’OXYGÈNE. »
Teresa Palmer

Une fois la peur gérée, déjà un stade énorme il y avait un challenge physique à -relever. Comment ?

Je me suis pleinement concentrée sur notre coach de freediving. Elle est championne dans cette discipline et se déplace sous l’eau comme une sirène, calme et souveraine. J’ai alors imaginé que j’étais elle, me transformant littéralement en sirène. Puis, j’ai mobilisé mes dernières forces en pensant à la naissance de mon fils qui reste pour moi une expérience très forte.  

Ce qui vous aide c’est donc la représentation mentale.  

Oui et cela depuis mon adolescence. Avec cette approche, tout devient possible. C’est ma grand-mère qui me l’a enseignée. Et c’est précisément cela que je souhaite, moi aussi, transmettre à mes enfants.

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02 2016 The Red Bulletin

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